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Voir la version complète : Maghreb: La Libye fait sa révolution économique libérale


zek
21/12/2010, 20h13
Depuis la levée en 2003 de l’embargo imposé par les Nations unies, la Libye est un vaste chantier. Au propre, parce qu’il s’y construit, à tout bout de champ et aux quatre coins du pays, logements, ponts, ports, aéroports, autoroutes, etc. ; et au figuré, car il n’y a presque pas de domaine qui ne soit le théâtre d’une refonte plus ou moins profonde. Dans le champ économique, c’est à une véritable révolution –contre-révolution, diront certains- qu’on voit se dérouler depuis plusieurs années et s’accélérer au fil du temps.

Jadis «temple» de la «Troisième théorie» chère à Moammar Gaddafi au temps où il voulait tenir son pays à égale distance du communisme et du capitalisme qu’il dénonçait, la Libye est-elle en train d’en sortir sans le crier sur les toits? En tout cas, certains choix, décisions, et réformes ne figurent pas dans le célèbre «Livre Vert» du leader libyen.

Comme la restauration en cours du salariat, alors que cette «Bible» du «régime des masses» (Jamahiriya) veut qu’il y ait «des associés et non des salariés». Jusque-là jugée inconcevable, puisqu’elle touche à l’un des fondements essentiels de la théorie de «la Troisième voie», cette réforme donne la mesure de la détermination des autorités libyennes à transformer très profondément le système en place.

Mais si importante et essentielle soit-elle, cette réforme n’est pas la seule à avoir été mise en œuvre ou à être en préparation. Il n’y a pratiquement aucun aspect de la vie économique et sociale, en particulier -car, pour l’instant, il n’est pas encore question de toucher à l’organisation politique du pays- n’échappe à cette dynamique réformatrice.

L’objectif clamé haut et fort par les autorités étant de donner au pays les moyens de ne plus être à la merci des ressources naturelles, et du pétrole en particulier, donc de lancer de nouvelles activités et/ou de faire en sortie que les secteurs déjà existants fassent leur mise à niveau, tout est fait pour donner aux Libyens le goût, les compétences nécessaires et l’environnement favorable requis pour cela.

Cette montée en puissance du secteur privé en Libye figure d’ailleurs en tête des priorités d’Ali Haouij, secrétaire du Comité Populaire Général (autrement dit ministère) de l’Industrie, de l’Economie et du Commerce. Coordonnant son action avec celles des chambres de commerce, cet ancien patron de la LAFICO (Libyan Arab Foreign Investment Company), fait tout pour donner à ses concitoyens l’envie de l’entrepreneuriat, faciliter la tâche de ceux qui décident de sauter le pas –comme d’accorder en huit heures l’autorisation d’exercer une activité économique-, d’essayer de trouver des solutions au problème des usines –et elles sont nombreuses- à l’arrêt, et de suivre de près la mise en œuvre du programme de développement industriel, etc.

Mais le gouvernement libyen ne semble pas reculer même devant les tâches et les décisions les plus difficiles à faire accepter par les Libyens, donc à mettre en œuvre. Comme celle de réduire le nombre de fonctionnaires.

Confronté depuis plusieurs années à une fonction publique pléthorique –qui compte près d’un million de fonctionnaires-, le gouvernement (ou Comité Populaire Général), présidé par Mahmoudi Bahgdadi, a récemment reçu l’aval des comités populaires de base pour agir en vue de dégraisser ce mammouth, mais sans recourir à des licenciements. Après avoir dans un premier proposé d’accorder 10.000 dinars libyens à tout candidat à un départ volontaire, les autorités –qui vont lancer une étude pour déterminer le nombre optimal de fonctionnaires à garder- ont amélioré leur offre.

Aujourd’hui, elles proposent de continuer à payer les salaires des fonctionnaires en excédent, d’accorder aux partants, à la place de la prime de départ, un portefeuille d’actions de sociétés bénéficiaires dans les télécoms (Libyana, Al Madar), et des emplois au sein des sociétés libyennes à l’étranger.

Par Moncef Mahroug
WMC

aborigene
22/12/2010, 22h37
Je leurs souhaite un meilleure transition que celle vécue par notre pays,

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