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Voir la version complète : Le Qatar, déjà riche, se prépare à engranger la manne du Mondial-2022


zek
23/12/2010, 11h58
Les investissements d'infrastructures que le Qatar va consentir pour accueillir la Coupe du monde de football en 2022 vont encore augmenter la richesse de ce petit pays du Golfe, selon des analystes.

Le Qatar a massivement investi dans l'exploitation et l'exportation de son gaz naturel, dont il détient les troisièmes réserves mondiales, ce qui lui a valu le taux de croissance économique le plus élevé de la région du Golfe.

Mais sa croissance devrait changer de locomotive avec la série de projets d'infrastructures nécessaires pour l'organisation du Mondial-2022, d'autant que Doha a annoncé avoir atteint son objectif d'une capacité de production de gaz naturel liquéfié (GNL) de 77 millions de tonnes par an.

"Le moteur de la croissance du PIB va changer", a estimé Philippe Dauba-Pantanacce, chef économiste à Standard Chartered Bank.

"Si le fort taux de croissance du PIB des dernières années était dû surtout aux projets d'infrastructure gaziers", la réalisation d'infrastructures en prévision du Mondial "devrait prendre le relais", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les prévisions de croissance du PIB du Qatar sont de 8% cette année et 5% en 2011, selon une récente étude de Standard Chartered.

Le Qatar, de loin le plus petit pays sélectionné pour accueillir un Mondial, est déjà engagé dans un ambitieux programme d'infrastructures: en premier lieu, un métro et un réseau ferroviaire rapide (25 milliards de dollars), ainsi qu'un aéroport international (10 milliards de dollars), dont la première phase sera ouverte en 2012.

Le pays prévoit aussi de construire un port en eau profonde (7 milliards de dollars), un pont pour relier le Qatar et Bahreïn (4 milliards de dollars), et une enveloppe de 20 milliards de dollars pour des projets routiers.

Sans oublier la mise sur le marché de 900.000 chambres d'hôtels additionnelles, et les 12 stades (4 milliards de dollars) de la compétition: 9 à construire et 3 à rénover, en les dotant tous d'un système de climatisation à l'énergie solaire pour combattre la chaleur du désert.

"L'organisation du Mondial va imposer des délais très serrés, créer des dépenses supplémentaires et apporter de nouvelles expertises", note la Banque nationale du Koweït dans une étude.

Mais M. Dauba-Pantanacce ne s'attend pas à un "impact rapide" de ces projets sur la croissance, dans la mesure où le Mondial n'aura lieu que dans 12 ans.

Même son de cloche à l'agence de notation Standard and Poor's, où l'analyste Luc Marchand n'anticipe "aucun changement dans la notation à ce stade, 2022 étant encore loin".

Mais "nous pensons que le Mondial aura un impact considérable sur la croissance économique, déjà prometteuse, du Qatar durant les prochaines années", précise M. Marchand. S&P évalue les dépenses d'infrastructures en prévision du Mondial à 64 milliards de dollars, soit 47% du PIB de 2010.

Le petit pays est en mesure de faire face à ces dépenses sans trembler. "Les recettes d'hydrocarbures demeurent la principale source de financement", souligne M. Dauba-Pantanacce. Le Premier ministre qatari, Hamad Ben Jassem Al-Thani, a d'ailleurs exclu toute émission de bonds pour financer les projets.

S&P ne s'attend pas non plus à une hausse significative de la dette publique du Qatar, qui devrait atteindre 103 milliards de dollars fin 2010 selon Standard Chartered bank.

De Ali KHALIL (AFP)

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