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Voir la version complète : Une nouvelle génération pour l’Eglise d’Algérie


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nacer-eddine06
23/12/2010, 19h44
Marquée par des figures de religieux qui ont consacré toute leur vie à l’Algérie, la petite Église algérienne s’est ouverte à de nouvelles réalités plus cosmopolites

« Vous cherchez Ghislaine ? Suivez-moi, je vous emmène chez elle ! » Dans le quartier algérois de Kouba, Ghislaine Vouguet, 72 ans, est connue de tout le voisinage. Née ici, elle a quitté l’Algérie en 1969, pour revenir trente ans plus tard passer sa retraite parmi ses « compagnons pétris de la même terre ».

Cette ancienne enseignante accompagne aujourd’hui bénévolement des dizaines d’étudiants algériens. « Je ne prends jamais la plume à leur place mais les aide à s’exprimer personnellement. C’est magnifique de voir émerger leur aspiration à choisir leur vie en conscience. » Immergée dans le quotidien algérien, Ghislaine est aussi engagée dans sa paroisse, qui compte quelques dizaines de fidèles.

Le curé, Marcel Bois, 85 ans, est une autre personnalité dans le paysage algérois. Ce Savoyard d’une grande simplicité, arrivé comme Père Blanc en 1961 en Algérie, est un linguiste renommé, traducteur des plus grands romanciers arabes. « Ici, nous sommes ramenés à notre vocation première, souligne-t-il. Aider un homme à prendre toute sa dimension économique, intellectuelle, spirituelle. »
«Que fait cette Église si petite en Algérie ?»

Comme Ghislaine ou Marcel, l’Église d’Algérie – quelques milliers de catholiques sur 30 millions d’habitants – porte l’empreinte humble de ces chrétiens qui ont consacré leur vie au peuple algérien, résistants des deux grandes hémorragies de l’Église algérienne : l’indépendance, puis les années noires du terrorisme dont le pays est encore très meurtri.

Cette génération est en train de vieillir et s’éteint peu à peu. Flamande de 76 ans, Trees est la dernière Sœur Blanche de Constan tine. Depuis vingt ans, elle vit seule dans un quartier périphérique. Les religieuses de la Doctrine chrétienne, première congrégation féminine d’Algérie, ont dû fermer leur maison constantinoise l’an dernier.

« Parfois, remarque Mgr Ghaleb Bader, archevêque d’Alger, on peut se demander : que fait cette Église si petite en Algérie ? Mais les funérailles la semaine dernière de Pierre Lafitte, un prêtre très discret qui travaillait dans une bibliothèque, ont révélé au grand jour le sens de ce service obscur : la cathédrale était bondée, pour les trois quarts des étudiants musulmans qui ont prié et apporté des témoignages bouleversants ! »
«Parfois je suis gêné de notre traditionnelle discrétion»

Mgr Bader s’interroge aujourd’hui sur la relève, d’autant que les visas sont de plus en plus difficiles à obtenir pour les missionnaires étrangers. Comme d’autres confrères, il est en dialogue avec plusieurs communautés nouvelles, Chemin-Neuf, Emmanuel…

Il s’agit de trouver « de nouvelles formes de service et de rencontre » du peuple algérien, appuie le P. Jean Toussaint, prêtre de la Mission de France, qui cite l’expérience des coopérants : « Plus jeunes, en couple, laïcs engagés dans la société, ils offrent une image plus courante et plus représentative de ce que sont les chrétiens. » Ainsi, à Ghardaïa, une famille envoyée pour deux ans par la Délégation catholique pour la coopération (DCC) est arrivée quelques jours avant Noël avec ses trois enfants.

À nouveaux visages, nouvelles manières de vivre son engagement chrétien. « Parfois je suis gêné de notre traditionnelle discrétion lorsqu’il faudrait dénoncer certaines situations de pauvreté avec plus de force », s’enflamme Jean-François Debargue.
La majorité des paroissiens vient d’Afrique subsaharienne.

Après avoir élevé ses quatre enfants, cet ancien fermier normand, volontaire DCC, a vécu pendant deux ans en immersion dans les camps sahraouis. Aujourd’hui secrétaire général de la Caritas à Alger, il développe de nombreux projets de promotion de la femme et de solidarité auprès des migrants.

Moins exclusivement française, de plus en plus cosmopolite, l’Église d’Algérie est aujourd’hui à un tournant. À Tizi-Ouzou en Kabylie, les Pères Blancs sont polonais, maliens, néerlandais… Plus significatif encore, la majorité des paroissiens aux quatre coins de l’Algérie vient d’Afrique subsaharienne.

«Ces étudiants sont les piliers de notre Église. Et ce sont eux aujourd’hui qui sont aux avant-postes pour témoigner de leur foi», remarque le P. Michel Guillaud, curé de Batna, qui vit en communauté avec une laïque et une religieuse. Camerounaise en quatrième année de médecine, Sarah dit avoir été attirée à la paroisse par « la chaleur d’une deuxième famille après la séparation douloureuse d’avec les parents ».
La vie de tous les jours «parle d’elle-même»

Pour cette protestante, c’est aussi « la confrontation avec les musulmans » qui a renforcé sa foi : « à mon arrivée, les autres étudiantes m’ont invitée pour me convaincre d’embrasser l’islam. Cela m’a poussée à m’interroger sur les raisons pour lesquelles je suis chrétienne et tiens à le rester. »

Aujourd’hui, elle affirme avoir de nombreuses amies musulmanes. Yolande, elle aussi en médecine, confirme : « Les musulmanes sont d’abord étonnées, car, pour elles, “chrétien” égale “pécheur”. Mais lorsqu’elles frappent à ma chambre et me voient prier, lorsqu’elles me voient droite dans mes valeurs, elles s’interrogent. » Pour Yolande, la vie de tous les jours « parle d’elle-même », plus que « les grands débats théologiques ».

Si elle a longtemps semblé hésitante face aux sollicitations des Algériens demandant à mieux connaître le christianisme, l’Église d’Algérie a aujourd’hui à cœur d’accompagner et de former ces quelques dizaines de néophytes isolés et dispersés.
«Une quête de liberté de conscience et de pluralisme»

« Nous avons à poursuivre notre vie fraternelle, gratuite au service du peuple algérien, souligne Mgr Bader, mais en même temps à ne pas fermer la porte à ceux qui demandent à connaître le Christ. Cela aussi fait partie du respect de la liberté de conscience. »

Reste que ces parcours individuels n’ont pas l’ampleur des conversions dans les rangs évangéliques, spécialement en Kabylie, et demeurent vécus de manière clandestine. Mais ils semblent bénéficier d’une fragile ouverture. La presse algérienne s’est saisie à plusieurs reprises de la question : Algérien et chrétien, pourquoi pas ?

Précaire, cette réalité s’inscrit, de fait, dans un contexte plus large. « À côté de l’emprise croissante du salafisme, analyse Mgr Paul Desfarges, évêque de Constantine, la société algérienne est travaillée par une quête de liberté de conscience et de pluralisme. »

En témoigne à ses yeux le soutien inédit reçu par les non-jeûneurs du Ramadan lors de leur récent procès. « Sans vouloir être chrétiens, de nombreux Algériens cherchent une identité plus libre dans un monde pluriel. »
Les évangéliques sont présents surtout en Kabylie

Les évangéliques sont entre 30 000 et 40 000 en Algérie. La plupart sont kabyles. « Revendiquant leurs origines berbères, ils se sentent moins marqués que les Arabes par l’islam, mais le phénomène ne se réduit pas à la Kabylie », explique le P. Dominique Motte, dominicain à Alger. Certains ont entendu parler du Christ par la télévision. D’autres ont été évangélisés par des pasteurs itinérants venus de l’étranger.

Principale difficulté pour ces communautés : trouver des lieux de culte, les autorités leur refusant les permis de construire. Un pasteur de Haute-Kabylie a ainsi été récemment condamné pour «ouverture d’un lieu de culte non musulman sans autorisation».

En Kabylie, où demeurent des poches de terrorisme, ces Églises sont aussi en butte à l’hostilité des islamistes. L’an dernier, celle du pasteur Mustapha Krirech a été vandalisée à Tizi Ouzou.

Madeleine CARTIER, à Alger, Constantine, Batna

champagne
23/12/2010, 22h20
On peut etre algérien et chrétien a la fois
On peut etre algérien et berbere a la fois

Pourquoi detestez vous les chrétiens d'algérie ? pourquoi detestez vous la liberté de consicience ? ce sont des algériens comme nous.

S'en prendre a la liberté de conscience d'un algérien, c'est s'en prendre a la liberté de tous les algériens. On vois bien que ce ne sont que les islamistes qui approuvent ces lois, ces memes islamistes qui nous ont fait traverser cette descénie noire, que nous continuons de combattre tous les jours et qui ruinent notre pays et notre image à l'étranger.

Quel message donnons nous a l'occident lorsque les musulmans emmigrés veulent y ouvrir des mosquées ?

En France, la loi garantit la liberté de pensée, de conscience et de religion. Cependant la loi francaise définit les limites du proselytisme religieux dans le cadre suivant :
-Conversion sous la contrainte ou sous une pression abusive
-Conversion en échange d'avantages sociaux et matériels
-Conversion sur des personnes en situation de detresse ou de besoin.

Le but de la loi contre le proselytisme et de protéger le libre arbitre du citoyen.

Là où le prosélytisme conduit à imposer un point de vue, le débat ouvre à la confrontation, à la pluralité des points de vue et au libre arbitre. La liberté de pensée et d’expression, le libre débat fondent la démocratie. La laïcité constitue la garantie du pluralisme de ces expressions et l’éthique du débat dans une démocratie.

Chacun est libre de développer avec conviction son opinion ou ses croyances, mais il ne peut les imposer à ceux qui ne veulent pas les partager.
La formule des républicains du début du XX° siècle reste vraie : « La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi ».

nacer-eddine06
23/12/2010, 22h34
« La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi ».:zen::zen::zen:

Nadyr
24/12/2010, 11h36
ça va solas et champagne
amusez vous , personne ne vous dérangera !


En France, la loi garantit la liberté de pensée, de conscience et de religion. Cependant la loi francaise définit les limites du proselytisme religieux dans le cadre suivant :
-Conversion sous la contrainte ou sous une pression abusive
-Conversion en échange d'avantages sociaux et matériels
-Conversion sur des personnes en situation de detresse ou de besoin.
bon si sa est appliquer en Algerie aucune personne ne se convertira au christianisme

champagne
24/12/2010, 11h54
bon si sa est appliquer en Algerie aucune personne ne se convertira au christianisme

C'est ca nadyr, comme si il y avait eu un jugement basé sur des preuves de conversions par la contrainte ... la loi algérienne n'est meme pas écrite en ce sens. qu'est ce qui ne tourne pas rond chez toi ?

Harrachi78
24/12/2010, 18h40
On peut etre algérien et chrétien a la fois
On peut etre algérien et berbere a la fois

On peut être algérien et idiot à la fois
On peut être algérien et docteur à la fois
... etc.

On peut même être algérien ET français à la fois ! Mais ce n'est pas pour autant que l'Algérie doit être une sotterie, un hôpital ou un département français !

En un mot, un algérien, qu'il soit chrétien, idiot, docteur, berbères (ou même tout cela à la fois) se doit bien d'observer et de respecter le fait (juridique et pratique) qu'il s'agisse ici d'un pays musulman, de culture et de religion.

ernestito
25/12/2010, 18h33
@harrachi
et je rajouterai
..qu'il s'agisse ici d'un pays musulman, de culture et de religion...et d'une constitution qui protège les autres religions comme il a été le cas depuis l'indépendance jusqu'à fin 80

yassdu92
25/12/2010, 19h07
Le but de la loi contre le proselytisme et de protéger le libre arbitre du citoyen.

Là où le prosélytisme conduit à imposer un point de vue, le débat ouvre à la confrontation, à la pluralité des points de vue et au libre arbitre. La liberté de pensée et d’expression, le libre débat fondent la démocratie. La laïcité constitue la garantie du pluralisme de ces expressions et l’éthique du débat dans une démocratie.

Chacun est libre de développer avec conviction son opinion ou ses croyances, mais il ne peut les imposer à ceux qui ne veulent pas les partager.
La formule des républicains du début du XX° siècle reste vraie : « La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi ».Une fois de plus je t'invite a ouvrir les guillemets quand tu cite un passsage tiré du net, ce qui est souligné viens du site: laicité-educateur (drole de nom au passage)

Harrachi78
25/12/2010, 20h12
@harrachi : ... qu'il s'agisse ici d'un pays musulman, de culture et de religion ... et d'une constitution qui protège les autres religions comme il a été le cas depuis l'indépendance jusqu'à fin 80.

Et que cette constitution précise dans ses tous premiers articles : l'Islam est la religion de l'État algérien.

Alors, autant vous semblez vous accommoder d'une France laïque, dont la constitution est sensée protéger toutes les religions depuis 1789, mais qui se permets bien d'interdire des choses à ses Musulmans, il faudra s'accommoder d'une Algérie musulmane qui régule, admets ou refuse telle ou telle chose à telle ou telle autre religion que la sienne.

ernestito
25/12/2010, 20h28
la France n'interdit rien sauf dans les établissements publics, quand tu es dans la sphère privé tu peux faire ce que tu veux
preuve en est, malgré que tout rassemblement public est interdit sauf autorisation du préfet, les rassemblement pour la prière du vendredi est toléré

Harrachi78
25/12/2010, 20h34
La France interdit ce que bon lui semble, elle interdit le niqâb, elle interdit le hidjâb, elle interdit la polygamie ... etc. Tu dis établissements publics seulement ? et bien interdiction tout de même, selon ses valeurs et ses repères.

En France, ne construit pas une mosquée qui bon lui semble que je sache non ?

champagne
26/12/2010, 14h04
En un mot, un algérien, qu'il soit chrétien, idiot, docteur, berbères (ou même tout cela à la fois) se doit bien d'observer et de respecter le fait (juridique et pratique) qu'il s'agisse ici d'un pays musulman, de culture et de religion.

l'époque de la dhimma est révolue, les gens n'ont pas a voir honte de leurs foi ou de leurs opinions. Il est temps d'entrer dans a modernité, on est au XXIeme siecle

la laicité est le systeme le plus tolérant qui existe pour toutes les religions.

champagne
26/12/2010, 14h08
Une fois de plus je t'invite a ouvrir les guillemets quand tu cite un passsage tiré du net, ce qui est souligné viens du site: laicité-educateur (drole de nom au passage)

ca n'enleve rien a la pertinence du raisonnement

champagne
26/12/2010, 14h12
Et que cette constitution précise dans ses tous premiers articles : l'Islam est la religion de l'État algérien.


Justement, au cas ou tu ne l'avais pas remarqué, c'est un article qui défend les vertus de a séparation de la religion et de la politique.

Alors, autant vous semblez vous accommoder d'une France laïque, dont la constitution est sensée protéger toutes les religions depuis 1789, mais qui se permets bien d'interdire des choses à ses Musulmans
elle interdis des choses aussi aux chretiens, un curé ne peut pas entrer dans une école publique en tenue religieuse et encore moins enseigner le catéchisme.

, il faudra s'accommoder d'une Algérie musulmane qui régule, admets ou refuse telle ou telle chose à telle ou telle autre religion que la sienne.
et pourquoi ne pas revenir au moyen age et refuser le progres et la modernité tant qu'on y est.
Coupons la main du voleur et lapidons la femme adultere. revenons a la dhimma et faisons les porter des vetements distinctifs et insitutionnalisons la discrimination des non musulmans.

Harrachi78
27/12/2010, 12h52
... l'époque de la dhimma est révolue, les gens n'ont pas a voir honte de leurs foi ou de leurs opinions ...

C'est toi qui le dis, et il te faudra convaincre plus que toi-même pour que ce que tu dis là puisse coller à la moindre réalité.

Chez-moi, se faire chrétien ou boudhiste, c'est encore la honte, et êyre musulman, c'est être adpete de la Foi de Vérité, et tous les autres sont dans le kaka.

... Il est temps d'entrer dans a modernité, on est au XXIeme siecle ...

Yâ khoya la porte fait passer un buffle ; vas-y donc toi-même dans la modernité que tu as choisi, car pour le moment on est encore trés (trop peut-être) a se sentir bien là où nous sommes.

... la laicité est le systeme le plus tolérant qui existe pour toutes les religions ...

Tant mieux ! Va ou reste donc en Champagne ! Ici, en Terre d'Islam, On voit les choses un peu différement ... disons qu'on a d'autres goûts.

... Justement, au cas ou tu ne l'avais pas remarqué, c'est un article qui défend les vertus de a séparation de la religion et de la politique ...

Euh ... Non, je t'avoue que je n'y est jamais lu ce que tu décris là ? J'ai lu simplement : Art. 2 - L'Islam [et pas les autres] est la religion de l'Etat algérien.

... elle interdis des choses aussi aux chretiens ...

Bah, c'est son problème, je n'ai pas jugé du bon ou du mauvais de la chose, je crois fermement que chacun fait ce qu'il veux chez-lui ... mais pas chez-moi, car chez-moi l'Islam est al religion officielle.

... et pourquoi ne pas revenir au moyen age et refuser le progres et la modernité tant qu'on y est ...

Je refuse le progrès. Tsâalli ? Tu veux un référendum sur la question ?

champagne
27/12/2010, 15h32
Euh ... Non, je t'avoue que je n'y est jamais lu ce que tu décris là ? J'ai lu simplement : Art. 2 - L'Islam [et pas les autres] est la religion de l'Etat algérien.

Autant pour moi, j'ai confondu avec un autre artice de Solas, que tu as lu d'ailleurs
le voici :


Pourquoi la laïcité républicaine éprouve-t-elle aujourd'hui tant de difficultés à se faire respecter dans les différents espaces publics ? Pourquoi notre République semble-t-elle désormais contrainte à garantir ce respect en multipliant les lois d'interdiction ? Pourquoi ce même respect de la laïcité doit-il être défendu par des décisions de justice, comme dans l'affaire récente de la crèche de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) ? La question de la laïcité ressemble de plus en plus à une nouvelle version de la "guerre des deux France". L'Etat républicain semble en effet entraîné malgré lui dans une logique d'affrontement avec une forme de guérilla fondamentaliste qui pratique la provocation, le harcèlement, la pression diffuse et multiforme, en testant sans relâche les défenses de la laïcité.

Ce n'est pas l'ensemble des musulmans de France qui est entré dans cette contestation ouverte de la laïcité, mais une minorité active d'entre eux pour laquelle cette laïcité n'est qu'une idéologie concurrente de la leur, et contre laquelle, à ce titre, il leur paraît légitime de faire valoir leur droit à la différence.
Or, c'est bien là que le bât blesse. Là que la responsabilité de la République doit être désignée. Comment se fait-il qu'elle laisse se développer autant sur son territoire cette conviction que la laïcité n'est qu'une idéologie parmi d'autres ? Comment donc ceux qui nous gouvernent n'ont-ils pas prévu que dans une société de plus en plus multiculturelle, où prévalent l'affirmation de soi et la revendication de sa différence, le principe laïque rencontrerait des contestations toujours plus importantes ? Il aurait fallu renforcer dans des proportions considérables le travail d'explication des fondements de cette laïcité, et expliquer aussi qu'elle seule permet justement à une société multiculturelle de ne pas se diviser en communautés séparées. Mais comment faire comprendre que la laïcité n'est pas une vieille lune idéologique française, mais un principe universel de cohésion sociale, qui permet à tous de vivre ensemble au lieu de demeurer dans une simple relation de coexistence ?
La réponse légale ne suffit pas. Il faut une pédagogie de la laïcité, parce qu'il faut former des consciences laïques. Il faut que la laïcité devienne une vertu citoyenne en plus d'un principe politique - une vertu pour que le principe ait des chances de se faire valoir autrement que par la loi. En quel sens, cependant, entendre cette vertu ou conscience laïque ?
Se souvenir de ce qu'on appelle aussi "être laïque" est l'occasion de rappeler qu'avant d'être un principe politique, la laïcité est une "position de conscience" : est laïque la conscience critique ou conscience libre, c'est-à-dire capable de prendre la distance du doute et de la remise en question vis-à-vis de toutes les convictions, vérités, visions du monde, qui la sollicitent. En ce sens, Socrate était laïque, parce qu'il disait "je ne sais qu'une seule chose, c'est que je ne sais rien". Descartes était laïque, parce que avant de dire "je pense, donc je suis", il disait "je doute, donc je suis". Averroès (philosophe musulman 1126-1198) était laïque, parce que, dans son Traité décisif, il disait que la loi religieuse devait être soumise à l'examen de la raison. Lao-tseu était laïque, parce que le tao commence par dire qu'une voie de sagesse n'est jamais la Voie par excellence. La laïcité politique ou neutralité de l'Etat est simplement l'objectivation de cette position critique de la conscience qui est valorisée dans toutes les cultures pour sa capacité à se "neutraliser" elle-même afin d'interroger librement les vérités qui circulent parmi les hommes.
Or la situation que nous avons évoquée au départ est née de ce que la République n'a pas investi assez de moyens dans la formation de telles consciences laïques, c'est-à-dire critiques et libres. C'est la raison profonde pour laquelle l'Etat en est réduit à imposer la laïcité par la force de la loi et du tribunal. Le principe de laïcité est resté trop extérieur pour un certain nombre de consciences : il est demeuré une exigence abstraite et étrangère à l'univers mental et éthique de l'individu. Par conséquent, c'est cette relation d'extériorité entre le principe laïque et les consciences que nous devons travailler maintenant à réduire. Il faut que la laïcité soit comprise et admise par les individus, au lieu de leur être seulement imposée d'en haut.
C'est la nouvelle période historique dans laquelle doit entrer notre laïcité française. La période où le principe politique ferait l'objet d'une véritable intériorisation par les citoyens. Nous devons passer de l'âge politique à l'âge éthique de la laïcité - ce qui doit s'entendre bien entendu dans une logique de complémentarité entre les deux ; il ne s'agit pas de substituer l'éthique au politique. Quel est, en effet, le privilège de cette conscience laïque ?
Elle seule peut adhérer pleinement et d'elle-même au principe politique de laïcité. Car le principe politique hors d'elle rencontre le principe éthique en elle. Une conscience laïque comprend par elle-même, grâce à ce qu'elle est elle-même, que ce principe politique est la condition nécessaire du vivre ensemble. Il y a pour elle correspondance et harmonie entre la pratique de soi - la capacité à relativiser ses propres convictions - et la pratique sociale - le vivre-ensemble fondé sur le dialogue, le compromis, la capacité de comprendre que pour être compris d'autrui on ne peut pas laisser simplement libre cours à l'expression de sa propre identité.
Si notre République ne fait pas cet effort de former des consciences laïques, elle s'expose à rencontrer encore et encore le même adversaire, auquel elle donnera sans arrêt de nouvelles forces : en l'occurrence ce fondamentalisme islamique qui précisément ne veut pas négocier ses propres convictions, et qui les revendiquera de façon toujours plus radicale dès lors qu'il ne trouvera en face de lui que la réponse répressive. Mais la loi du plus fort n'est la loi que tant qu'on reste le plus fort, disait Pascal...
Si en France un effort de pédagogie laïque n'est pas conduit à la hauteur qui est aujourd'hui nécessaire, que peut-il se passer ? La pente naturelle des sociétés multiculturelles est de voir se former des communautés distinctes qui s'éloignent les unes des autres, et des consciences qui n'ont bientôt plus d'autre souci que d'affirmer leur propre différence.
Dans une telle société, l'exigence politique de laïcité risque de se heurter de plus en plus à l'incompréhension et à l'hostilité. Des individus qui n'auraient comme conscience de soi que le "droit à la différence" ne comprendraient plus du tout la loi laïque qui impose des limites à l'expression de ce droit, la jugeant absolument contraire à leur liberté. Le divorce latent entre la société multiculturelle et l'Etat laïque serait alors consommé.
Voilà à quoi nous expose le retard que nous prenons à former des consciences laïques. Un face-à-face ou dialogue de sourds aggravé entre l'Etat et les consciences. Et si ces consciences non laïques se multiplient comme elles le font actuellement faute de pédagogie, combien de temps encore la loi et le principe de l'Etat laïque auront-ils la force de s'imposer ? Combien de consciences en nombre suffisant continueront de la défendre en comprenant sa légitimité ?
Abdennour Bidar, professeur de philosophie à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes).

PinkFloyd_
31/12/2010, 22h11
Cet article, parle-t-il de 40000 évangélistes ou plutôt de 40000 évangélisés ?

Avucic
01/01/2011, 02h20
En un mot, un algérien, qu'il soit chrétien, idiot, docteur, berbères (ou même tout cela à la fois) se doit bien d'observer et de respecter le fait (juridique et pratique) qu'il s'agisse ici d'un pays musulman, de culture et de religion.Salut Harrachi,
Je te connais intelligent à travers tes interentions, mais je relève ici une de tes déclaration que je suggère ouvre tout un débat:
Je note:le fait (juridique et pratique)[/B] qu'il s'agisse ici d'un pays musulman, de culture et de religion
Le débat ou plutot le questionnement de ta prémisse JURIQUEMENT MUSULMAN: C'est là une aberration.
Comment peut on accepter qu'un humain ici bas se permet de décider et de passer une loi qui dicte qu'un citoyen est musulman?

Mon opinion: c'est une aberration ... et personnellement je ne reconnais pas une loi pareille si elle existe, ou si elle devait exister chez.

L'État ne devrait pas avoir le droit de décider pour le citoyen de quelle religion il doit être.... et laisser ce citoyen faire son choix.

J'irai même plus loin: Qu'on ne me parle pas de la LOI de la MAJORITÉ.
La loi de la majorité concerne les réglements et comportement sociaux d'un peuple... mais comment voulez-vous qu'on légifère d'un domaine qui est celui de l'ÊTRE et sa RELATION avec SON CRÉATEUR ?

A mon humble avis, quelqu'un qui devait passer une telle loi serait anathème.
............................
Amicalement
Avucic

Harrachi78
01/01/2011, 18h02
Comment peut on accepter qu'un humain ici bas se permet de décider et de passer une loi qui dicte qu'un citoyen est musulman?

Pareille chose n'a pas été dite AVUCIC, ou en tout cas pas par moi.

Pour le fait juridique, j'invoque l'article de la Constitution algérienne qui déclare bien l'Islam comme religion officielle de l'État algérien.

Cela n'oblige nullement tous les citoyens algériens à rester ou à se faire musulmans, mais oblige ceux qui ne le sont plus ou qui ne veulent pas le devenir à accepter le caractère musulman de ce pays, avec tout ce que cela induit.

bangkok1999
01/01/2011, 18h12
tout comme en france on n oblige personne a croire en son for interieur a la validité de la religion laicarde ( quoique) mais on oblige les gens a respecter le caractere laicard de l etat francais et de la republique francaise....

belle reciprocite non???

bangkok1999
01/01/2011, 18h15
Je dirai meme plus une personne publique qui contesterait le dogme laicard sur lequel s est construit la republique francaise serait vraismeblablement cloue au pilori par l ordre mediatique..ou est la sacro sainte liberté d expression fleuron de legalitaire republique francaise???

Avucic
02/01/2011, 13h36
Je dirai meme plus une personne publique qui contesterait le dogme laicard sur lequel s est construit la republique francaise serait vraismeblablement cloue au pilori par l ordre mediatique..ou est la sacro sainte liberté d expression fleuron de legalitaire republique francaise??? J'aime bien le SERAIT car je doute que ce ne soit le cas, quoique ne vivant pas en France... je n'en sais rien.

Par contre chez nous, il suffit de voir le citoyen comment il a été poussé à adopter des accoutrement et des valeurs qui sont étrangères à ce qui est algérien.

De plus, il faut noter que chez nous on essaie de freiner sinon interdire au gens le libre choix quant à leur confession... alors que l'État est de connivence avec le chef de file de la Mosquée en France, qu'il finance des cours données aux enfants d'immigrés grâce aux enseignants formés (et peut être payés) par l'Algérie....

Et comme chacun le sait, notre cher Ministre des Houbous a récemment dépêché dit-on 150 Imams en France....

obladioblada
03/01/2011, 11h04
« Revendiquant leurs origines berbères, ils se sentent moins marqués que les Arabes par l’islam, mais le phénomène ne se réduit pas à la Kabylie »


Le plus grand nombre de musulmans dans le monde se trouve en Indonésie (200 millions), si on ajoute à cela le pakistan, l'iran, afghanistan, Bangladesh, Malaisie ,....
Arabe ne veut pas dire musulman, et la moitié des libanais sont arabes et chrétiens, sans oublier les jordaniens, palestiniens , syriens,....

Donc si certains kabyles ont choisit d'être chrétiens ce n'est pas contre les arabes, mais plus pour se démarquer des autres algériens (arabe, chaoui..),.....

Lion de mer
06/01/2011, 12h03
tout comme en france on n oblige personne a croire en son for interieur a la validité de la religion laicarde ( quoique) mais on oblige les gens a respecter le caractere laicard de l etat francais et de la republique francaise....

belle reciprocite non???

Tout et n'importe quoi ?????
La laïcité n'est pas une religion???

La laïcité est une loi fondamentale de la création de la république démocratique française après la révolution depuis 1789 et qui n'a jamais été remise en cause et dont profitent toutes les religions et en particulier l'islam - en tout cas celui qui se manifeste le plus de la façon la plus virulente -, et celui que tu dois soutenir puisque tu ressens cette loi comme une offense, c'est que tu ne l'acceptes pas.
Belle réciprocité non de ta part pour la nation qui accepte beaucoup de tes compatriotes déçus par la vie qu'on leur propose dans le pays qu'ils ont libéré de l'envahisseur et qui leur permet de vivre leur religon.
Il est vrai que si tu es intégriste, ton devoir est d'éliminer toutes les autres religions et en même temps ceux qui y croient.
Donc au passage supprimer les lois du pays dans lequel tu pourrais éventuellement choisr de vivre.
Soit rassuré personne ne t'oblige à venir coloniser la france. Fais appliquer tes lois dans ton pays, ce serait déjà une mission de la religion que tu prônes, ou dont tu es l'esclave soumis!

Harrachi78
06/01/2011, 17h16
Salut mon vieux !

Et si l'Algérie devanait un pays laïc, comme la Turquie ??? Un pays ouvert à toutes les spiritualités, à toutes les amitiés ?

Que l'Etat turc se soit proclamé laïc il y'a de cela presque un siècle, c'est une chose. Que la société turque soit devenue autre chose qu'une société musulmane, cela est discutable à mon sens.

Sinon, la laïcité turque n'est ouverte à aucune "spiritualité" que je sache, elle est juste équitablement hostile à toutes les religions ... ou presque.

Dans tous les cas, ce n'est pas un modèle que je veux pour mon pays. Le mien, je le veux musulman.

MonkeyDluffy
06/01/2011, 17h27
@Lion de mer
et celui que tu dois soutenir puisque tu ressens cette loi comme une offense, c'est que tu ne l'acceptes pas.

Cette laicité chaque musulman doit ne pas l'accepter elle est contre ce que l'islam dit dans ce domaine ;)

Il est vrai que si tu es intégriste, ton devoir est d'éliminer toutes les autres religions

Mdr il revient encore ce mot integriste hihi !

Non pas eliminer non non,mais faire en sorte que l'islam soit le plus haut par rapport au autre (meme si ces dernier ne sont que 3)

et en même temps ceux qui y croient.

La c'est le delire :mrgreen: Non on les tue pas ,si ils sont dans un pays musulman ils payent la jizya et personne n'aura le droit de les toucher meme pas un cheveux

hassa2006
06/01/2011, 19h34
Dans tous les cas, ce n'est pas un modèle que je veux pour mon pays. Le mien, je le veux musulman.


mais t'inquiètes pas tu vas l'avoir pour l'éternité après ta mort, ais confiance en cela et lâches la grappe à celles et ceux qui voit la vie sur terre en algérie comme bon leur semble

Harrachi78
06/01/2011, 20h02
Ah, je ne suis comptable que pour ce qu'il y'a de mon vivant, après ca ne sera plus mon problème.

Cela-dit, ami HASSA, il faudra aussi compter avec mes rejetons si Dieu m'en donne quelques uns ... lol

bangkok1999
06/01/2011, 23h56
integriste quezaco? JE CONNAIS PAS CE MOT! si tu evoques par la la attachement a sa religion et a sa foi eh bien je veux bien etre integriste a tes yeux lion de mer ..ca te donne de l uticaire???:mrgreen:

Lion de mer
07/01/2011, 18h58
@Lion de mer


Cette laicité chaque musulman doit ne pas l'accepter elle est contre ce que l'islam dit dans ce domaine ;)

Il y a des adeptes de l'Islam, qui vantent l'immense tolérance de leur religion ! Mais il est vrai que Le Coran autorise le mensonge dans la sourate 3:28 et 16:106, c'est ce qu'on appelle la taqqiya,

Vous ici en général vous êtes adeptes d'un Islam qui est totalement intolérant ! vous êtes donc plus honnêtes, vous appliquez le Coran à la lettre, c'est ce que je défini par intègres et vous qualifie d'intégristes.



Mdr il revient encore ce mot integriste hihi !

Pour vous l'intégriste serait seulement celui qui fait quelque chose qui ne vous plait pas quand ça ne vous arrange pas. Par exemple faire exploser des bombes ou des attentats, prés de chez vous- peut-être parce que cela vous réveille la nuit, ou peut être parce que la répression ensuite est encore plus violente et aveugle que les terroristes !

Non pas eliminer non non,mais faire en sorte que l'islam soit le plus haut par rapport au autre (meme si ces dernier ne sont que 3)

Ce qui semble dire que pour les adeptes de votre religion, il est normal que vous soyez les dominants et les autres les dominés, avec le statut honorable d'esclaves au service des descendants des arabes, quand ils sont conquérants, voire même quand ils sont immigrés dans un autre pays en conformité avec les préceptes du Coran.

La c'est le delire :mrgreen: Non on les tue pas ,si ils sont dans un pays musulman ils payent la jizya et personne n'aura le droit de les toucher meme pas un cheveux

Je crois que d'autres plus "savants" que toi pourrons te donner des références du Coran où il est même décrit, comment et pourquoi on doit les tuer ! renseignes toi !

Il est vrai aussi qu'on évoque - et cela a été évoqué déjà dans ce forum - le statut de "dhimmis" . Je ne suis pas assez savant pour savoir si c'est le même statut que tu évoques pour ceux qui peuvent payer "la Jizya" ? ça y ressemble !
A qui se paye cette taxe ? est-ce qu'il y a beaucoup de gens assujettis à cette taxe actuellement en Algérie ?
Une fois ces taxes payés ces gens , quels droits ont-ils??
Tu vas dire que je suis curieux, c'est vrai !

Quand je suis parti d'Algérie, on ne m'a pas offert cette possibilité, à l'époque ce n'était que " LA VALISE ou LE CERCUEIL", j'ai pu choisir la valise, mais à Oran j'ai beaucoup d'amis et de parents qui n'ont même pas eu accès au cercueil, ils ont été jetés au petit lac, et portés disparus !

Par contre je connais beaucoup de combattants de l'ALN qui se sont empressés de choisir la double nationalité (dont française), pour bénéficier d'une retraite paisible au milieu de ceux qu'ils avaient combattu, parce qu'ils estimaient que dans leur pays libéré la situation était invivable !!!

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