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justeetrehumain
04/04/2006, 11h27
A vous juger l´Algerien chaumeur ou bien le journal humanitaire.
La politique humanitaire et ce qui se cache deriere!

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ALGERIE: Kamel le ch"meur rêve d’une bière en terrasse
K AMEL a trente-quatre ans. On lui en donnerait plus. Il a exercé pas mal de petits boulots, dans cette Algérie en pleine mutation, tour à tour piqueur qualifié dans la confection, puis artisan, vendeur au compte d’un petit patron, caissier... "C’est la première fois que je suis au ch"mage, enfin, ici on dit sans-emploi : le ch"mage, c’est pire, non ?" Marié, sa femme ne travaille pas, il a un petit garçon d’un an. La petite famille habite chez le père de Kamel, tandis que ce dernier "bouge à droite, à gauche" et s’en sort grâce à des amis qui, de temps en temps, lui offrent un petit travail de revendeur à la sauvette, sur les marchés. "Je vends tout ce qu’on me propose : des montres, des bas... Nous vivons avec 3.000 à 4.000 dinars par mois (300 à 400 francs Ä NDLR), alors c’est mon père qui nous soutient."

Son premier métier, pas moyen de l’exercer : "La confection, ça ne marche plus ici. Les confectionneurs que je connaissais ont presque tous fermé boutique. Beaucoup d’amis dans mon cas se sont acheté des machines d’occasion (coût : 40.000 dinars) et travaillent chez eux." Kamel n’a pas les moyens de s’en payer une. Quant à retrouver du travail chez un petit artisan : "L’artisanat ne marche plus, faute de tourisme. Depuis le début des événements... l’artisanat fonctionne l’été, avec les immigrés qui ramènent des souvenirs pour les amis." Alors Kamel, roi du système D ? "Je m’en sors, tout juste Ä lâche-t-il du bout des lèvres Ä, d’autres n’ont pas leurs parents : ils ont les charges à payer, le loyer. C’est difficile, mais jamais je n’ai vu quelqu’un avoir faim. Les gargotiers te donnent à manger, si tu n’as rien pour acheter, des gens te donnent, par charité."

Sa femme ne travaille pas, mais visiblement Kamel ne le déplore pas : "Elle est à la maison. Si j’avais de l’argent, je serais d’accord pour lui acheter un petit atelier."

P OUR l’instant, il n’envisage pas d’agrandir la famille. "Chacun fait comme il veut, mais pour l’instant, non." Les vacances ? "On les passe au bled, sinon il te faut de l’argent. On va au bled une fois tous les quatre mois. Nos maisons, là-bas, sont toutes abandonnées, ma famille est à Alger depuis 1957. On s’y rend à l’occasion de fêtes ou quand quelqu’un est malade."

Que fera-t-il quand il retrouvera du travail ? Temps d’hésitation, puis, très vite : "Vivre comme tout le monde, être bien habillé, boire une bière avec les copains, à une terrasse..."

ZOE LIN

Journal: l´humanité!