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nacer-eddine06
10/01/2011, 21h40
Enquête sur WikiLeaks: l'ambassadeur américain en Islande convoqué

REYKJAVIK - L'ambassadeur américain à Reykjavik a été convoqué lundi au ministère islandais des Affaires étrangères au sujet de la demande de Washington d'obtenir les détails du compte Twitter d'une députée islandaise sympathisante de WikiLeaks.

Le ministère islandais des Affaires étrangères a exprimé à l'ambassadeur américain, Luis Arreaga, sa "sérieuse inquiétude qu'une députée islandaise fasse l'objet d'une enquête criminelle", selon un communiqué ministériel.

Un tribunal américain a adressé le 14 décembre une injonction au site de micro-blogging Twitter pour réclamer les messages privés, les contacts, les adresses IP et des détails personnels concernant les comptes Twitter de la députée Birgitta Jonsdottir, du fondateur de WikiLeaks Julian Assange et de deux autres sympathisants du site "pour la période allant du 1er novembre 2009 à aujourd'hui".

Pour Reykjavik, une telle enquête pourrait considérablement gêner le travail de la parlementaire, "y compris sa liberté de déplacement et ses possibilités de participer au débat politique à l'échelle internationale".

La députée indique d'ailleurs lundi sur Twitter avoir modifié son trajet entre l'Islande et le Canada, où elle doit présenter son programme pour la liberté de la presse en Islande, afin d'éviter une escale aux Etats-Unis.

"Je pars pour l'aéroport: je dois me rendre au Canada depuis l'Islande via Londres au lieu des Etats-Unis", écrit-elle.

A Washington, le département d'Etat a assuré lundi que le diplomate avait "saisi l'opportunité de souligner à quel point les Etats-Unis prennent au sérieux la diffusion non autorisée d'informations secrètes, et le tort causé".

L'ambassadeur a également insisté sur le fait que l'enquête américaine était "conduite dans le respect des lois américaines".

Dans un autre message lundi, Mme Jonsdottir accuse le gouvernement américain de vouloir "criminaliser" la publication de certaines informations, mettant ainsi "les journalistes en danger à l'avenir".

Mme Jonsdottir, qui a pris ses distances avec WikiLeaks ces derniers mois, est une militante active de la liberté de la presse. Elle est également membre du comité parlementaire pour les Affaires étrangères.

Elle a rendu publique l'injonction du tribunal américain samedi sur son compte Twitter.

"Je viens de recevoir ça: Twitter a reçu une injonction légale réclamant des informations sur votre compte Twitter en liaison (avec WikiLeaks)", a-t-elle posté.

(©AFP / 10 janvier 2011 21h22)

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