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Voir la version complète : L'économie égyptienne asphyxiée par l'explosion démographique


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31/01/2011, 01h34
Le plus peuplé des pays arabes est aujourd'hui confronté à des manifestations contre le régime d'Hosni Moubarak. L'Egypte est dans l'impasse : pouvoir déliquescent et situation socio-économique précaire. "Pain, liberté, dignité', c'est le slogan des manifestants, qui résonne désormais comme le cri de ralliement des peuples arabes et maghrébins. La colère des Egyptiens n'est pas nouvelle. Le chômage, la pauvreté, la censure... ne font qu'accroître le ressentiment. La révolution tunisienne pourrait servir de détonateur.

Une démographie galopante

L'Egypte, avec 80 millions d'habitants, est le pays le plus peuplé de la région. La population a été multipliée par 3,5 en 50 ans. Malgré un net ralentissement depuis le début des années 90, l'Egypte connaît une croissance démographique de 2,03% par an. C'est-à-dire plus d'1,6 million d'habitant supplémentaires chaque année. La moitié de la population a moins de 24 ans.

Cette explosion démographique a des conséquences lourdes pour l'économie du pays. 94,5% du territoire est recouvert par le désert. Dès lors, la population se concentre dans la vallée du Nil, dont la densité moyenne est de 1500 habitants/km², sur 1000 kilomètres de long.

Crise du développement...

La surpopulation constitue la source de la plupart des problèmes de l'Egypte. Avec 4% de croissance par an en moyenne, l'économie égyptienne ne peut subvenir aux besoins de ses habitants. Le chômage, 9% officiellement, est très fort chez les jeunes. Le revenu moyen ne dépasse pas 100 dollars par mois et 30% des richesses sont captées par les 10% plus riches. L'inflation, 12,8% en 2010, affecte largement les conditions de vie des Egyptiens.

L'envolée des prix des matières premières est donc une cause majeure de mécontentement. Déjà, en 2008, le pays avait été frappé par des "émeutes de la faim". Depuis le mois de novembre 2010, des manifestations sporadiques contre le prix de la farine, notamment, ont eu lieu. L'Egypte, dont la surface agricole est faible, doit importer 50% de ses céréales. Face à la contestation, le gouvernement a indiqué qu'il allait accentuer la subvention de ces importations, sans toutefois calmer la colère. "Le pain" est toujours une des revendications des manifestants.

Dans le même temps, la population souffre d'un manque d'infrastructures. Les transports sont obsolètes et dépassés, malgré quelques grands projets récents comme le métro du Caire ou le port de Nuweiba, sur la mer Rouge. Le secteur de la santé est frappé pour le sous-investissement alors que l'éducation ne parvient plus à faire évoluer positivement l'alphabétisation des habitants ruraux

L'expansion

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