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Voir la version complète : British Petroleum renonce à vendre ses actifs en Algérie


WOMAN
07/03/2011, 21h36
Le groupe British Petroleum (BP) ne veut plus vendre ses actifs en Algérie. L’annonce a été faite déclaration faite dimanche au site Dow Jones, par le ministre algérien de l’énergie et des mines, Youcef Yousfi. Une décision qui satisfait l’Algérie mais qui risque d’envenimer les relations avec les associés russes dans TNK-BP.

BP reste en Algérie et ne cèdera pas ses actifs comme prévu, initialement, dans le cadre d’une vaste opération de cessions d’actifs à l’échelle mondiale en vue de collecter 30 milliards de dollars pour faire face aux dépenses astronomiques générées par la prise en charge des conséquences de la catastrophe de la plateforme DeepWater dans le Golfe du Mexique. L’annonce est, du point du vue algérien, une bonne nouvelle. Un signe de confiance sur la « stabilité » de l’Algérie dans une région nord-africain en plein bouleversements politiques. BP décide en effet de rester en Algérie au moment elle a suspendu plusieurs opérations en Libye et rapatrié son personnel. Si l’annonce est de nature à plaire au gouvernement algérien, elle risque de tendre la relation avec son associé russe dans la joint-venture TNK-BP qui se disant quelques jours plus tôt, toujours intéressé par l’achat des actifs de BP en Algérie. Le ministre algérien a déclaré ignorer les raisons qui ont poussé BP à renoncer à vendre ses actifs. Il a estimé que BP n’avait peut-être plus besoin d’argent pour financer les dédommagements de DeepWater. «On peut imaginer qu’ils sont conscients du potentiel de leurs actifs pétroliers et gaziers et ont décidé de rester » a-t-il indiqué sous forme d’analyse. M.Yousfi a souligné que la décision initiale de BP de vendre ses actifs n’était pas liée à la situation en Algérie. « BP a peut-être résolu le problème » a-t-il estimé. Des analystes suggèrent que la décision de BP pourrait s’expliquer par les inimitiés croissantes avec son partenaire russe dans TNK et aussi par la conviction que l’offre de Sonatrach, qui a un droit de préemption, risque de ne pas être satisfaisante. En décembre dernier, le Financial Time avait révélé, sur la foi de sources bancaires, que l’Algérie comptait exercer son droit de préemption sur la cession des actifs de British Petroleum (BP).

En crise avec les associés russes
Alger, avait-il indiqué, avait refusé de donner pas donné l’autorisation à BP de communiquer les données sur les actifs où l’entreprise est opérateur en Algérie. Une information confirmée par la multinationale britannique. Les actifs de BP en Algérie ont été estimés à 3 milliards de dollars. BP est en tête des investisseurs étrangers en Algérie. Le groupe est présent dans les champs gaziers d’In Amenas et In Salah dont les capacités de production cumulées atteignent 18 milliards de mètres cubes. C’est pratiquement le quart de la production algérienne de gaz. Des analystes minimisent néanmoins l’importance de l’évènement du point de vue de BP. Ils font valoir que BP a déjà réalisé 22 milliards de dollars dans la vente d’importants actifs en Amérique latine, aux États-Unis et au Canada. Les actifs algériens - 0,7% de la production pétrolière BP et de 1,5% de sa production de gaz en 2010 – n’étaient pas les plus significatifs dans son plan de redressement. Par contre, estiment ces analystes, en renonçant à vendre ses actifs en Algérie, BP risque de dégrader davantage ses relations avec ses associés russes dans sa filiale TNK-BP. Ces relations sont déjà mises à mal à la suite de l’annonce par BP d'un échange d'actions pour un montant de 16 milliards de $ avec la compagnie russe OAO Rosneft, 1ere compagnie pétrolière russe. Selon les associés de BP dans TNK-BP cet échange violerait les accords de partenariat signé par BP. TNK-BP espérait racheter les actifs algériens de BP même si cette dernière n'a jamais publiquement annoncé vouloir les vendre.

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