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Numidio
16/03/2011, 11h25
Tout laissait à penser que le soutien de la Ligue arabe à l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne pouvait changer la donne et favoriser une intervention militaire à but "humanitaire" de la communauté internationale en Libye. Ce soutien arabe devait offrir une légitimité aux forces occidentales leur évitant ainsi les reproches d'ingérence et de vieux réflexes colonialistes. Cette initiative fut d'ailleurs rapidement saluée par les Etats-Unis, le Canada et l'Union européenne. Ce faire-valoir arabe devait être décisif. Finalement, cette hypothèse semble s'éloigner à grands pas, malgré ce qu'affirme Alain Juppé sur son blog mercredi 16 mars sur une "participation effective" de "plusieurs pays arabes" à une opération militaire en Libye. Comme les pays de l'Union européenne et les membres du Conseil de sécurité de l'Onu, la Ligue arabe discute, tergiverse, décide puis ne fait rien.

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"La Ligue arabe est une coquille vide, elle a toujours été impuissante. Elle l'a prouvé pendant les crises au Liban et en Irak", assène Vincent Geisser, chercheur à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (Iremam-CNRS). "La Ligue a pris une décision courageuse et nouvelle, même si elle sera sans effet", analyse de son côté Luis Martinez, spécialiste de la Libye et directeur scientifique au Centre de recherche sur l'Afrique et la Méditerranée (Ceram). Pourquoi alors la Ligue arabe a-t-elle soutenue les Occidentaux ? Simple pirouette diplomatique ?

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La pression populaire
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Les Etats arabes du Golfe, dominés par l'Arabie saoudite, avaient réaffirmé leur soutien au principe d'une zone d'exclusion aérienne tout en insistant sur la nécessité d'une caution de la Ligue arabe. Considérant que le régime du colonel Kadhafi était désormais "illégitime" en raison de la répression qu'il a mené, ils ont exhorté leurs pairs arabes à "prendre leurs responsabilités pour arrêter le bain de sang". Amr Moussa, secrétaire générale de la Ligue arabe avait plaidé, lui aussi, pour une telle mesure, en souhaitant que la Ligue "joue un rôle" dans la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne. Alors qu'Européens et Américains accentuaient la pression sur le régime libyen, évoquant l'utilisation de "toutes les options" possibles, la Ligue arabe, malgré les réticences de pays "amis" de Kadhafi comme l'Algérie et la Syrie, s'est finalement ralliée à la position des Occidentaux. Peu prompte à donner des signes d'allégeances aux Européens et aux Américains, la Ligue arabe s'est montrée résignée face aux événements. Les raisons sont multiples.

La pression populaire, d'abord, a joué pour beaucoup. "Il y a dans les pays arabes une très grande solidarité avec le peuple libyen", explique Luis Martinez. "Il aurait été très difficile pour ces régimes de ne pas se montrer en convergence avec la rue, alors même que les chaînes arabes comme Al-Jazeera et Al-Arabiya diffusent en boucle les combats entre les insurgés et les forces loyales à Kadhafi. Ils auraient été accusés d'abandon par leur opinion publique."

L'enjeu est encore plus fort en Egypte, où Amr Moussa s'est déclaré candidat à la prochaine présidentielle égyptienne. Sa double position lui laisse très peu de marges de manœuvre face à un peuple qui lui-même est passé par la révolte et qui pourrait lui en tenir rigueur. "Amr Moussa est un homme de compromis avec un bon CV diplomatique, mais il n'a pas non plus brillé par son soutien à la démocratie", rappelle Vincent Geisser. En se mettant ainsi dans une posture de solidarité, il espère gagner les faveurs de l'opinion publique égyptienne. Mais aussi gagner celles de la communauté internationale.

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La caution démocratique
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En effet, les révoltes des pays arabes ont attiré l'attention sur la nature des régimes autoritaires arabes. La politique de l'autruche ne fonctionne plus. Pour réhabiliter leurs images, les pays arabes n'ont pas d'autres choix que de faire preuve de bonne volonté. "La Ligue arabe joue un jeu de dupe. Sous la demande pressante de la France et de la Grande-Bretagne, la Ligue a accepté le principe d'une exclusion de la zone aérienne, tout en sachant que sauf surprise, une telle résolution ne sera pas votée au Conseil de sécurité de l'Onu en raison des réticentes traditionnelles de la Chine et de la Russie à l'ingérence. C'est une posture diplomatique", nuance Didier Billion, spécialiste du Moyen-Orient à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). "Finalement, c'est une déclaration à bon compte pour pas trop cher".

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Crainte d'une contagion
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Vincent Geisser va plus loin. Il estime qu'en proposant quelques éléments de coopération, les pays arabes, eux-mêmes menacés d'insurrection, espèrent s'attirer la bienveillance de la communauté internationale concernant leurs propres manières de réprimer. "En fait, ils sacrifient la Libye, élément de toute évidence perturbateur au sein de la Ligue arabe, en donnant des gages à l'Union européenne et aux Etats-Unis. En adoptant une attitude conciliante et modérée vis-à-vis d'eux, ils espèrent ainsi pouvoir avoir les mains libres pour réprimer chez eux". Pour le chercheur, l'entrée des chars saoudiens à Bahreïn pour aider le régime à rétablir l'ordre en est le parfait exemple. "Si des accords de coopération lient les deux pays, il n'en reste pas moins que cette action est une ingérence étrangère. Et pourtant, il n'y a eu aucune condamnation ferme de la communauté internationale ! Pour lui, l'Arabie saoudite mène clairement un double langage. "Les pays arabes forment un glacis défensif pour empêcher que la contestation ne s'étende aux pays du Golf", affirme-t-il.

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Unité de façade
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En prenant en compte toutes ces raisons qui poussent la Ligue arabe a affiché son soutien à une intervention militaire en Libye, il est difficile d'imaginer les pays arabes s'investir plus dans la résolution de la crise libyenne. Les réticences de l'Algérie et de la Syrie révèlent le faux consensus qui règne au sein de la Ligue qui n'a jamais vraiment su s'entendre. Selon Vincent Geisser "les pays de la Ligue se neutralisent entre eux avec des rôles bien définis. La Syrie apparaît comme le mauvais élève. Mais en fait tous les pays maintiennent le statu quo en interne".

Si son pouvoir est de fait limité, la Ligue arabe a surtout servi de moyen de pression inutile pour tenter de renverser le régime de Kadhafi. "La France et la Grande-Bretagne ne sortent pas grandies de cette tentative de conciliation. Ils ont fait pression sur la Ligue arabe, mais rien n'est venu", regrette Didier Billion. "La Ligue arabe est faîte pour faire des déclarations, mais dès qu'il s'agit de passer aux travaux pratiques, il n'y a plus personne. C'est qu'ils ne veulent pas eux non plus se retrouver un jour sur le banc des accusés", poursuit-il.

La position des pays arabes aura eu sans doute le mérite d'isoler le colonel Kadhafi dans la région. Mais pour Luis Martinez, il faut se méfier. "La Ligue arabe change de stratégie au gré de la conjoncture. La mémoire diplomatique et médiatique est très courte, on tourne la page rapidement."

Sarah Diffalah – Nouvelobs.com

absent
16/03/2011, 12h07
Libye: Juppé annonce que des pays arabes sont prêts à «une participation effective»

http://q.liberation.fr/photo/id/258369/r/03/02/w/459/m/1300275114

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a affirmé mercredi sur son blog (http://www.al1jup.com/?p=869) que «plusieurs pays arabes» étaient prêts à «une participation effective» à une opération militaire en Libye, ajoutant qu’il n’était «pas encore trop tard» pour intervenir.

«Seule la menace de l’emploi de la force peut arrêter Kadhafi. C’est en bombardant, avec les quelques dizaines d’avions et d’hélicoptères dont il dispose réellement, les positions de ses opposants que le dictateur libyen a renversé la balance», écrit le chef de la diplomatie française.
«Nous pouv(i)ons neutraliser ses moyens aériens par des frappes ciblées. C’est ce que la France et la Grande-Bretagne proposent depuis deux semaines», poursuit-il.

«A deux conditions: obtenir un mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, seule source de droit international en matière d’usage de la force; agir non seulement avec le soutien mais aussi la participation effective de pays arabes. Cette deuxième condition est en voie d’être remplie: plusieurs pays arabes nous ont assuré qu’ils participeraient», ajoute-t-il.

En recevant ses homologues ministres des Affaires étrangères du G8, lundi et mardi à Paris, Alain Juppé avait reconnu qu’il n’avait pas réussi à les convaincre de soutenir une intervention militaire pour stopper l’avancée des troupes fidèles à Mouammar Kadhafi vers Benghazi, fief des rebelles.
«La France, avec la Grande-Bretagne et le Liban viennent de déposer, à New York le projet de résolution qui nous donnerait le mandat attendu. Le président de la République (Nicolas Sarkozy) et le Premier ministre britannique (David Cameron) viennent d’appeler solennellement les membres du Conseil (de sécurité de l’ONU) à l’examiner et à l’adopter», précise Alain Juppé.

«Violations dangereuses»
«Il est souvent arrivé dans notre histoire contemporaine que la faiblesse des démocraties laisse le champ libre aux dictatures. Il n’est pas encore trop tard pour faire mentir cette règle», estime-t-il.
Les deux options militaires régulièrement évoquées sont les frappes ciblées pour immobiliser l’aviation du dirigeant libyen et la zone d’exclusion aérienne, c’est à dire l’interdiction de tout ou partie de l’espace aérien libyen aux avions ou hélicoptères militaires.
La Ligue arabe avait affirmé samed (http://www.liberation.fr/monde/01012325238-en-libye-la-ligue-arabe-favorable-a-une-zone-d-exclusion-aerienne)i que le régime libyen avait «perdu sa légitimité» du fait des «violations dangereuses» commises contre son peuple, et appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à autoriser la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne en Libye.

Le projet de résolution du Conseil de sécurité (http://www.liberation.fr/monde/01012324807-libye-bataille-diplomatique-entre-kadhafi-et-les-rebelles) actuellement discuté à New York comporte une partie proposée par le Liban au nom de la Ligue arabe et appelant à une zone d’exclusion aérienne pour protéger les civils. Une autre partie, rédigée par la France et la Grande-Bretagne, appelle à des sanctions renforcées contre le régime Kadhafi.

A Paris, les ministres des Affaires étrangères du G8 ont appelé le Conseil de sécurité à prendre de nouvelles sanctions contre le régime de Mouammar Kadhafi.

«Les sanctions juridiques et financières décidées par les Nations-unies et l’Union européenne sont utiles. Mais on sait qu’elles ne donnent de résultats qu’au bout de plusieurs mois. Or il y a urgence», a jugé Alain Juppé sur son blog.

(Source AFP) - Libération

TAGHITI
16/03/2011, 12h16
Libye : pourquoi les états arabes n’interviennent-ils pas ?

percqu ils veulent mettre fin á ce vent de contestations, car aider les libyens impliquerait qu ils encoureagent la démocratie ce qui est faux bein sure

magh91
16/03/2011, 12h31
pourquoi les états arabes n’interviennent-ils pas ?

allez y on vous rejoins:)

oudjda
16/03/2011, 12h40
ca devient personnel cette affaire libye / france
les europeens ne sont jamais chaud pour une guerre devant leur portes.
et puis l'emigrations, l'afrique est du coté libiens.
la france gere mal tres mal la situation, au debut si les americains qui ont chauffé "le bnedir de l'intervention militaire" jusqu'a deplacer leur navir au coté libiens, la france voulais faire mieux que l'usa reconaitres les milices.
les usa ce sont "retiré" et laisser sarko faire le clown

Scootie
16/03/2011, 13h04
Libye : pourquoi les états arabes n’interviennent-ils pas ?


Avant tout parce que ce serait le comble que sur l'instigation de scélérats qui se croient supérieurs aux autres (les occidentaux), des arabes aillent tuer d'autres arabes pour que ces mêmes scélérats puissent mettre la main sur les richesses de la lybie sans même avoir tiré un coup de feu.

Il y a donc des limites à ne pas dépasser; surtout dans l'abjection.

Bachi
16/03/2011, 15h19
ca devient personnel cette affaire libye / france

Faut comprendre qu'avec cette affaire Sarko cherche à engranger du capital politique parmi l'électorat français.
Sarko se prend pour Bush Jr: faire la guerre à un pays arabe vous remonte dams l'opinion publique.

SLOUGI
16/03/2011, 17h21
Faut comprendre qu'avec cette affaire Sarko cherche à engranger du capital politique parmi l'électorat français.
Sarko se prend pour Bush Jr: faire la guerre à un pays arabe vous remonte dams l'opinion publique.

Détrompe-toi, les Français seront les derniers à vouloir une guerre contre les Arabes. Premièrement, ils ne souhaitent pas que leur pays parte en guerre si un pays ne les a pas attaqué directement. Deuxièmement, ça coûte cher de faire une guerre et vu les finances.. Troisièmement, avec plus de 3 millions de maghrébins sur leur territoire, la dernière chose qu'ils voudraient c'est une guerre contre un pays arabe.

absent
16/03/2011, 19h08
Libye : pourquoi les états arabes n’interviennent-ils pas ?

Les français n'ont aucune vrai influence sur les pays arabes, qui sont pratiquement tous pro-américains, à part quelques pays "exclus" ou qui se sentent trop "fier" pour être dans une alliance américaine, alors la france de sarko tente de faire pression sur le Liban, la Tunisie, Djibouti voir le Maroc...

russkov
16/03/2011, 20h41
Pars-que se sont des lâches ,sa fait des décennies qu'ils papotent ,pire que des femmes ,ils son morveux ,faible ,ils font de la peine a voire...:redface:

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