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biskra
17/03/2011, 15h42
L’opposition réprimée au Bahreïn



A son tour, le Bahreïn a fait le choix de la force en jetant sa police contre des manifestations, jusqu’ici pacifiques, faisant couler le sang de Bahreïnis.
A Bahreïn, les choses vont de mal en pis. Après un mois de manifestations pacifiques appelant à des changements et des réformes politiques et sociales dans ce royaume, deux faits, et pas des moindres, viennent de changer la donne. D’une part, la proclamation de l’état d’urgence et l’instauration d’un couvre-feu, d’autre part l’intervention étrangère, directe ou non, que constitue l’envoi de forces militaires et policières saoudiennes et émiraties au Bahreïn. Hier, le pouvoir royale a décrété le couvre-feu annoncé par un porte-parole de l’armée, qui a précisé que la mesure serait appliquée à partir de mercredi (hier) et jusqu’à nouvel ordre.

Entre 16h et 04h, les gens sont appelés à ne pas circuler. Il a ajouté que les rassemblements, marches et sit-in étaient interdits à travers le pays. Deuxième fait donc, intervenu dans la crise bahreïnie réside dans l’envoi de forces militaires et de police par le Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le 10 mars dernier, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a décidé de créer un fonds de développement pour aider Bahreïn et Oman et promet de faire face «avec fermeté» à toute menace contre la sécurité de l’un de ses membres, comme l’envoi de troupes armées afin d’aider la monarchie à contenir les opposants. Sur le terrain, la situation s’est gravement détériorée hier par l’assaut sanglant donné par la police bahreïnie contre les manifestants qui occupent depuis un mois la place de la Perle à Manama, assaut qui s’est soldé par la mort de trois manifestants et deux policiers.

Le ministère de l’Intérieur bahreïni a indiqué de son côté que deux policiers avaient été tués lors de l’assaut, renversés par des véhicules de manifestants, ce qui porte à quatre le nombre de policiers tués de cette manière en deux jours. Notons que, depuis le début de la contestation, il y a un mois, quinze personnes sont mortes, dont quatre policiers et onze manifestants, selon un bilan estimé par l’AFP. Hier, les forces de l’ordre bahreïnies contrôlaient le centre de la capitale Manama, investi par l’opposition depuis le début des manifestations. Une démonstration de force de la coalition contre les milliers de manifestants, a vidé la place de la Perle de ses occupants. «Il n’y avait aucun moyen de résister», a déclaré l’un des manifestants de la place, épicentre des manifestations depuis la mi-février. Le chef de l’opposition chiite du Wefaq, cheikh Ali Salmane, a dénoncé sur la télévision Al-Jazeera, l’assaut et affirmé que «la solution ne viendra pas des canons».

La France a, quant-à-elle «déploré» les violences. Le dialogue «constitue la meilleure voie possible pour restaurer la confiance et répondre aux attentes qui se sont exprimées», a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bertrand Valero. Un millier de soldats saoudiens est arrivé à Bahreïn lundi, de même que 500 policiers émiratis. Mais aucune indication n’a été donnée quant à la manière dont Manama compte utiliser ce renfort envoyé par le CCG. Par ailleurs, les autorités du royaume ont annoncé la fermeture de la Bourse, des écoles et des universités dans le pays où le roi a proclamé la loi martiale pour contenir la contestation populaire.

La proclamation de l’état d’urgence signifie de facto l’interdiction de tout rassemblement. Washington, proche allié de Bahreïn et de l’Arabie saoudite, a dépêché le vice-secrétaire d’etat Feltman pour convaincre Manama de trouver une issue politique à la crise. Manama s’est vidée après cette opération de police. Les protestataires occupaient cette place depuis le 19 février pour exiger des réformes politiques, voire, pour certains, le départ de la dynastie sunnite gouvernant ce pays dont la population autochtone est en majorité chiite.

Les dignitaires chiites bahreïnis avaient appelé dans la nuit de mardi à mercredi la communauté internationale et le monde musulman à intervenir pour éviter un «massacre».

Nardjes FLICI

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