morjane
20/04/2006, 18h57
Cesare Battisti était un ancien activiste italien qui aurait dus couler des jours paisibles en france ( car il a bénéficié de ce que l'on a appelé la jurisprudence mitterand qui accordait le droit d'asile aux extrémistes de gauche si ils renonçaient à toute violence) si ce n'est qu'un beau jour L'Italie qui exigeait son extradition a finit par l'obtenir de la France en 2004. Depuis ce jour, Cesare Battisti est en cavale. Il revient sur le devant de la scène car il a publié un livre 3ma cavale" paru chez Grasset pour raconter sa vérité .
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Ma cavale de Cesare Battisti réunit tous les ingrédients du best-seller. Une pincée de mystère, un brin de polémique et un zest de provocation. Un activiste italien réfugié en France, reconverti en gardien d’immeuble et écrivain jusqu’au jour où, pour échapper à la justice de son pays, il s’évapore : pas besoin de romancer, la vie de Cesare Battisti est plus palpitante qu’une fiction. Pas étonnant qu’un éditeur (Grasset) lui offre la possibilité de publier un livre témoignage. Le succès est quasiment assuré. D’autant que la préface et la postface de l’ouvrage sont rédigées par deux auteurs en vue, Bernard-Henri Lévy et Fred Vargas. Des écrivains «engagés» qui prennent fait et cause pour Battisti.
Et pourtant, celui-ci est accusé d’être le meurtrier de deux personnes et d’avoir participé à la préparation de deux autres assassinats en 1978 et 1979. Il était alors membre des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), un des groupes terroristes d’extrême-gauche qui a émergé dans les «années de plomb» en Italie. Arrêté en 1979, un commando le délivre deux ans après. Il réussit à passer en France, puis part au Mexique. Il bénéficie ensuite de ce que l’on a appelé la «jurisprudence Mitterrand». Après son arrivée à l’Elysée, le socialiste François Mitterrand a offert aux anciens activistes d’extrême-gauche italiens la possibilité de séjourner en France s’ils renonçaient à la violence et à la politique. C’est ce qu’a fait Cesare Battisti en 1990, date à partir de laquelle sa deuxième vie a commencé.
La «jurisprudence Mitterrand»
Gardien d’immeuble et romancier (il a écrit plus d’une dizaine de livres), il s’est marié et a eu deux petites filles. Il a pu vivre à visage découvert, fort de la promesse de protection mitterrandienne. Son jugement par contumace et sa condamnation à la prison à perpétuité en 1993, en Italie, n’y ont rien changé. Il a coulé des jours paisibles pendant une douzaine d’années. Mais en 2003, Rome a déposé une nouvelle demande d’extradition. Et Paris a commencé à se demander s’il ne fallait pas y donner suite, la donne politique et judiciaire, française, italienne mais aussi européenne ayant beaucoup évolué. Pour finalement répondre favorablement en 2004.
Depuis Battisti est clandestin. Après avoir clamé son innocence, il a pris le parti de disparaître. Alors que l’on se demande depuis deux ans ce qu’il est devenu, s’il se trouve toujours en France ou s’il a quitté le pays, le voilà pourtant qui pointe le bout de sa plume. Amorce-t-il un retour à la lumière, entame-t-il un travail de réhabilitation médiatique ou a-t-il besoin de renflouer les caisses pour financer sa cavale ? Peut-être un peu les trois. En tout cas, il présente, semble-t-il d’après Le Figaro et Libération qui ont eu l’ouvrage avant sa parution, une version de son histoire dans laquelle il n’occupe pas le rôle du méchant -on s’en doutait- mais est la victime d’un complot. Il nie avoir tué lui-même. Il affirme même avoir essayé de dissuader les membres de son groupe qui l’ont fait. Il estime avoir été victime du système judiciaire italien qui, en offrant des diminutions de peine aux repentis, les incite à charger leur camarade quitte à mentir. Pour Battisti, c’est Pietro Mutti, qui faisait lui aussi partie des PAC, qui est responsable de ses ennuis.
Cette réapparition médiatique est certainement mûrement pensée. Battisti sait qu’il a des soutiens dans l’Hexagone qui ne manqueront pas de se manifester. Lorsque la France a autorisé son extradition, de nombreux intellectuels et hommes politiques de gauche avaient dénoncé cette décision au nom du respect de la parole donnée. Beaucoup estiment que son procès n’a pas été équitable, qu’on ne tient pas compte de sa réinsertion dans la vie normale, qu’il est victime des arrangements politiques franco-italiens… Comme si tout cela n’était qu’un roman qui finit mal et que l’on pouvait trouver une autre chute à l’histoire. Reste qu’il y a tout de même des faits et une décision de justice qui a été rendue. On voit mal comment la parution d’un livre, même s’il déclenche un nouveau mouvement de soutien, pourrait effacer cette trace et le passé qui va avec.
Par RFI
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Ma cavale de Cesare Battisti réunit tous les ingrédients du best-seller. Une pincée de mystère, un brin de polémique et un zest de provocation. Un activiste italien réfugié en France, reconverti en gardien d’immeuble et écrivain jusqu’au jour où, pour échapper à la justice de son pays, il s’évapore : pas besoin de romancer, la vie de Cesare Battisti est plus palpitante qu’une fiction. Pas étonnant qu’un éditeur (Grasset) lui offre la possibilité de publier un livre témoignage. Le succès est quasiment assuré. D’autant que la préface et la postface de l’ouvrage sont rédigées par deux auteurs en vue, Bernard-Henri Lévy et Fred Vargas. Des écrivains «engagés» qui prennent fait et cause pour Battisti.
Et pourtant, celui-ci est accusé d’être le meurtrier de deux personnes et d’avoir participé à la préparation de deux autres assassinats en 1978 et 1979. Il était alors membre des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), un des groupes terroristes d’extrême-gauche qui a émergé dans les «années de plomb» en Italie. Arrêté en 1979, un commando le délivre deux ans après. Il réussit à passer en France, puis part au Mexique. Il bénéficie ensuite de ce que l’on a appelé la «jurisprudence Mitterrand». Après son arrivée à l’Elysée, le socialiste François Mitterrand a offert aux anciens activistes d’extrême-gauche italiens la possibilité de séjourner en France s’ils renonçaient à la violence et à la politique. C’est ce qu’a fait Cesare Battisti en 1990, date à partir de laquelle sa deuxième vie a commencé.
La «jurisprudence Mitterrand»
Gardien d’immeuble et romancier (il a écrit plus d’une dizaine de livres), il s’est marié et a eu deux petites filles. Il a pu vivre à visage découvert, fort de la promesse de protection mitterrandienne. Son jugement par contumace et sa condamnation à la prison à perpétuité en 1993, en Italie, n’y ont rien changé. Il a coulé des jours paisibles pendant une douzaine d’années. Mais en 2003, Rome a déposé une nouvelle demande d’extradition. Et Paris a commencé à se demander s’il ne fallait pas y donner suite, la donne politique et judiciaire, française, italienne mais aussi européenne ayant beaucoup évolué. Pour finalement répondre favorablement en 2004.
Depuis Battisti est clandestin. Après avoir clamé son innocence, il a pris le parti de disparaître. Alors que l’on se demande depuis deux ans ce qu’il est devenu, s’il se trouve toujours en France ou s’il a quitté le pays, le voilà pourtant qui pointe le bout de sa plume. Amorce-t-il un retour à la lumière, entame-t-il un travail de réhabilitation médiatique ou a-t-il besoin de renflouer les caisses pour financer sa cavale ? Peut-être un peu les trois. En tout cas, il présente, semble-t-il d’après Le Figaro et Libération qui ont eu l’ouvrage avant sa parution, une version de son histoire dans laquelle il n’occupe pas le rôle du méchant -on s’en doutait- mais est la victime d’un complot. Il nie avoir tué lui-même. Il affirme même avoir essayé de dissuader les membres de son groupe qui l’ont fait. Il estime avoir été victime du système judiciaire italien qui, en offrant des diminutions de peine aux repentis, les incite à charger leur camarade quitte à mentir. Pour Battisti, c’est Pietro Mutti, qui faisait lui aussi partie des PAC, qui est responsable de ses ennuis.
Cette réapparition médiatique est certainement mûrement pensée. Battisti sait qu’il a des soutiens dans l’Hexagone qui ne manqueront pas de se manifester. Lorsque la France a autorisé son extradition, de nombreux intellectuels et hommes politiques de gauche avaient dénoncé cette décision au nom du respect de la parole donnée. Beaucoup estiment que son procès n’a pas été équitable, qu’on ne tient pas compte de sa réinsertion dans la vie normale, qu’il est victime des arrangements politiques franco-italiens… Comme si tout cela n’était qu’un roman qui finit mal et que l’on pouvait trouver une autre chute à l’histoire. Reste qu’il y a tout de même des faits et une décision de justice qui a été rendue. On voit mal comment la parution d’un livre, même s’il déclenche un nouveau mouvement de soutien, pourrait effacer cette trace et le passé qui va avec.
Par RFI