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morjane
21/04/2006, 19h59
Les pays du G7 finances se réunissent vendredi à Washington dans un climat de pétrole cher qui va alimenter leurs débats.

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Les ministres des Finances des pays les plus riches (G7) se réunissent vendredi à Washington pour discuter des grands problèmes économiques du moment, à commencer par les cours du pétrole qui volent de record en record.

Le ministre français de l'Economie et des Finances Thierry Breton a estimé vendredi matin que "la moitié de la réunion" serait probablement consacrée aux problèmes énergétiques.

Cette rencontre de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie et du Japon se tiendra à partir de 14H30 locales (18H30 GMT), avant les assemblées de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale le week-end.

Un communiqué est attendu en début de soirée. Un dîner réunira ensuite la Chine et trois gros producteurs de pétrole, la Russie, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, signe de l'importance accordée par le G7 à ce dossier.

Les cours du pétrole se sont envolés ces derniers jours, pour s'établir à des niveaux record autour de 74 dollars le baril.

L'offre a toujours du mal à faire face à la hausse de la demande. Les investisseurs s'inquiètent aussi du dossier nucléaire iranien, des interruptions de production au Nigeria et des risques d'une nouvelle saison des ouragans très active dans le Golfe du Mexique.

Le triplement des cours depuis début 2002 remplit les caisses des pays producteurs et la Russie a promis à Washington de faire bon usage de cette manne.

"Le prix du pétrole continue d'augmenter et cela influence évidemment les flux de ressources qui vont aux pays producteurs, y compris la Russie. Il faut de ce fait avoir une gestion adaptée de ces ressources", a souligné vendredi son ministre des Finances, Alexeï Koudrine.

Le pétrole est un thème récurrent au G7-Finances, qui disait déjà son inquiétude sur le sujet il y a deux ans, alors que le baril était à peine à 30 dollars.

La croissance a pour le moment bien résisté. Le FMI s'est montré serein dans ses prévisions économiques publiées mercredi, tablant sur une croissance de 4,9% pour l'ensemble du monde en 2006.

Du côté allemand, on soulignait vendredi que l'économie mondiale se portait bien et que la zone euro en profitait.

Mais les risques s'aggravent avec ce choc pétrolier rampant.

"L'impact (du pétrole cher) a été jusqu'ici modéré mais des risques sérieux demeurent", a indiqué jeudi le directeur général du FMI, Rodrigo Rato. "Nous devons nous adapter à une situation qui va sans doute durer", a-t-il ajouté.

Pour les économistes, les répercussions risquent d'être rapidement sensibles.

"Si une hausse de 10 dollars du prix du baril pendant un an retire 0,5 point à la croissance des pays du G7, alors nous nous acheminons déjà vers une croissance plus faible en 2006", estime Carl Weinberg de High Frequency Economics.

M. Breton a rappelé que selon lui, une des clés pour diminuer la spéculation née du "très faible écart entre la demande et la capacité d'offre" passe notament par des "investissements dans des capacités de raffinage".

Autre sujet abordé lors du G7, les déséquilibres mondiaux, c'est-à-dire la sous-évaluation des monnaies asiatiques et le creusement des déficits américains.

Là aussi les espoirs de percée sont minces. Le président Hu Jintao, en visite à Washington, a campé jeudi sur ses positions, sans faire de promesses concrètes.

Du côté allemand, on souligne que pour éliminer ces déséquilibres, la seule modification des taux de changes ne suffira pas et que d'autres mesures d'adaptation sont nécessaires, comme favoriser l'épargne aux USA et promouvoir la demande en Allemagne et au Japon.


Par AFP

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