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kaiser
03/04/2011, 19h22
La Knesset prive les Arabes israéliens de Nakba
Par Basile Dewez | Doctorant à l'EHESS | 03/04/2011 | (rue89)
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C'était un serpent de mer du débat public en Israël, resurgissant périodiquement, et l'un des chevaux de bataille d'Avigdor Lieberman au cours de la dernière campagne électorale : la Knesset, le Parlement israélien, a finalement adopté la semaine dernière une loi controversée portant sur la commémoration de la Nakba (renvoyant à la création d'Israël en 1948 et le début de l'exode des Palestiniens) par les citoyens arabes du pays.
La possibilité d'une telle loi avait été régulièrement évoquée ces dernières années, mais les propositions avaient toujours fini par retomber dans un silence embarrassé. Le vote de la semaine dernière, comme les débats et les atermoiements qui l'ont précédé, illustrent les difficultés entourant l'élaboration d'une citoyenneté israélienne partagée surmontant les clivages profonds de la société.

Le projet de loi faisait partie d'un train de réformes voulues par le parti nationaliste d'Avigdor Lieberman, Israel Beytenou. La proposition a été pour le moins froidement accueillie par la presse et les états-majors des partis, à telle enseigne que ses partisans l'ont mise au vote en pleine nuit, à 2h45, alors que la Knesset s'était déjà largement vidée de ses membres.

Sa formulation s'est d'ailleurs vue passablement édulcorée. Le projet initial, qui prévoyait une peine de trois ans d'emprisonnement pour quiconque se prêterait publiquement à des cérémonies commémorant la Nakba, a été retoqué.

La cible : la communauté arabe d'Israël
La formule définitive préfère parler d'amendes infligées aux autorités publiques qui financeraient l'organisation d'événements publics commémorant la Nakba en lieu et place du jour de l'Indépendance. Plus exactement, afin de contourner une probable censure de la Cour suprême pour « discrimination » à l'encontre d'une communauté particulière, le terme de « commémoration de la Nakba » a été habilement remplacé dans le texte final par celui d'« organisation d'une journée de deuil ».

Il n'en reste pas moins que la cible est claire, et que c'est bien la communauté arabe du pays, et sa mémoire particulière, que la loi vise. Il ne semble pas, en effet, que quiconque songe à mettre en place une loi semblable à l'encontre de certaines communautés juives ultra-orthodoxes, qui pourtant se détournent également des festivités du jour de l'Indépendance.

Il n'est pas rare, à Jérusalem, de voir des haredim (juifs ultra-orthodoxes) poursuivre ostensiblement, et parfois bruyamment, leurs activités quotidiennes lorsque le reste du pays se fige pour les minutes de silence du Jour de la Shoah et du Jour du souvenir (qui honore les soldats tombés pour le pays, et plus récemment les victimes d'attentats). Si elle n'est certes pas bien vue par la majorité, cette forme de contestation religieuse des commémorations nationales est toutefois tolérée.

Un certain aménagement des diverses mémoires – juive sioniste, juive religieuse et arabe – et de leur commémoration avait en effet jusqu'ici prévalu. Ainsi, par exemple, les Arabes ne s'émeuvaient pas outre mesure du caractère férié, dans tout le pays, d'un jour comme Tisha BeAv, en souvenir de la destruction du temple, bien que cette journée appartienne au récit national juif, et non au leur.

La tolérance en vigueur jusqu'à présent sur la question s'accommodait bien de manifestations pacifiques, sur lesquelles la majorité fermait les yeux avec le présupposé implicite que les ressorts de la mémoire collective sont trop complexes pour être traités avec la légèreté et l'opportunisme dont ont fait preuve les députés à l'origine de la nouvelle loi.

Le député arabe Talab El-Sana a d'ailleurs un trait d'esprit qui résume finement cette attitude :

« Ce que les Israéliens nous interdisent désormais, les Romains en leur temps ne l'interdisaient pas aux Juifs [en référence à Tisha Be-Av, ndlr], alors qu'ils n'étaient pas réputés être de grands démocrates. »

« La Knesset dresse la population contre les minorités »
La droite nationaliste semble ainsi avoir monté en épingle un problème largement secondaire, qui tient désormais le devant de la scène dans un contexte de grande apathie politique. Pour la députée Meretz (gauche sociale-démocrate) Zehava Gal-On, avec cette loi, « la Knesset dresse la population contre les minorités ».

Le contexte de son adoption d'ailleurs est révélateur de la façon dont une minorité active a pu imposer ses vues. Le vote, dans une Knesset fantôme, a été obtenu à une courte majorité de 37 voix contre 25. De nombreux députés se sont faits porter pâles lors des débats. Seulement trois députés de Kadima (premier parti en nombre de sièges) étaient présents, et les dirigeants des principaux partis avaient opportunément pris la tangente.

Ces éléments tendent à discréditer l'argument d'Alex Miller selon lequel le projet récoltait un large consensus. Mais aucune opposition parlementaire ferme et résolue ne s'est pour autant exprimée, ce qui a permis finalement au texte de passer. Il semble bien plutôt qu'instruction ait été donnée de ne pas contrarier un partenaire de la coalition gouvernementale.

Un risque de fragilisation de l'équilibre communautaire
Ce vote ne semble ainsi pas tant refléter une volonté politique forte exprimant l'état de l'opinion qu'un mélange de lâcheté, d'apathie et d'embarras quant aux relations inter-communautaires.

A terme, il risque cependant de remettre en cause les fragiles équilibres internes du pays, de porter gravement atteinte à sa stature internationale, et d'enfermer une partie des citoyens, la minorité arabe, dans un statut instable, qui n'est finalement défini que dans les marges de la majorité juive.

Les Arabes israéliens semblent ainsi condamnés à accepter le statut que l'on veut bien leur accorder au gré des majorités politiques en place, sans aucune perspective à long terme : ni autonomie communautaire, ni égalité républicaine, mais des arrangements approximatifs sur lesquels ils n'ont guère de prise, perdant jusqu'à la libre maîtrise de leur mémoire après avoir déjà perdue celle du territoire, très inégalement réparti entre les communautés.

kaiser
03/04/2011, 19h24
Les Arabes israéliens semblent ainsi condamnés à accepter le statut que l'on veut bien leur accorder au gré des majorités politiques en place, sans aucune perspective à long terme : ni autonomie communautaire, ni égalité républicaine, mais des arrangements approximatifs sur lesquels ils n'ont guère de prise, perdant jusqu'à la libre maîtrise de leur mémoire après avoir déjà perdue celle du territoire, très inégalement réparti entre les communautés.

c'est pire que l apartheid

Cell
03/04/2011, 19h30
malheur au perdant ...... on n'avait qu'à bien étudier , on ne serait pas là

absent
03/04/2011, 20h22
L'article dit que la loi interdit aux institutions publiques de commemorer la Nakba, ce qui n'est pas exactement la meme chose qu'interdire aux populations arabes ou autres de la commemorer. Si en France, le conseil general de Vendee se mettait a financer des celebrations de deuil pour le 14 Juillet ou que le conseil regional d'Alsace faisait la meme chose pour le 11 novembre, vous ne pensez pas que ca poserait un "leger" probleme?
Sinon, pour l'apartheid, c'est insultant, envers les noirs sud-africains.

kaiser
03/04/2011, 20h25
a cible : la communauté arabe d'Israël
La formule définitive préfère parler d'amendes infligées aux autorités publiques qui financeraient l'organisation d'événements publics commémorant la Nakba en lieu et place du jour de l'Indépendance. Plus exactement, afin de contourner une probable censure de la Cour suprême pour « discrimination » à l'encontre d'une communauté particulière, le terme de « commémoration de la Nakba » a été habilement remplacé dans le texte final par celui d'« organisation d'une journée de deuil ».

Il n'en reste pas moins que la cible est claire, et que c'est bien la communauté arabe du pays, et sa mémoire particulière, que la loi vise. Il ne semble pas, en effet, que quiconque songe à mettre en place une loi semblable à l'encontre de certaines communautés juives ultra-orthodoxes, qui pourtant se détournent également des festivités du jour de l'Indépendance.

Il n'est pas rare, à Jérusalem, de voir des haredim (juifs ultra-orthodoxes) poursuivre ostensiblement, et parfois bruyamment, leurs activités quotidiennes lorsque le reste du pays se fige pour les minutes de silence du Jour de la Shoah et du Jour du souvenir (qui honore les soldats tombés pour le pays, et plus récemment les victimes d'attentats). Si elle n'est certes pas bien vue par la majorité, cette forme de contestation religieuse des commémorations nationales est toutefois tolérée.

aanis fidéle à toi toujours dans la manipulation pourtant l auteur du texte explique bien la supercherie sémantique.

quand aux afrikaaneers ils etait des anges par rapport aux sionistes

absent
03/04/2011, 20h31
J'ai bien lu "autorites publiques qui financeraient le deuil". Quant aux juifs religieux anti-sionistes, ils ne demandent pas a l'etat ou aux municipalites de financer le deuil le jour de l'independance, ca s'appelle de la decence.
quand aux afrikaaneers ils etait des anges par rapport aux sionistes Et alors? Ca ne signifie pas qu'Israel est un etat d'apartheid.

kaiser
03/04/2011, 20h33
je suis la méthode loubia qui par ailleurs t as bien cerné parceque ta mauvaise foi est trop flagrante

absent
03/04/2011, 20h35
Dis moi quel serait le point faux dans ce que je dis.

kaiser
03/04/2011, 20h49
ils ne demandent pas a l'etat ou aux municipalites de financer le deuil le jour de l'independance, ca s'appelle de la decence.
tres peu de municipalités participe commemorations et puis quand bien meme ces municipalités sont a majorité arabe donc c'est leur argent.
mais ce que tu omets , sciement de dire, c'est que cette loi prevoit des poursuites et des amendes contre les associations arabes qui financent eux AVEC LEUR PROPRE ARGENT ces commémorations.


la loi est faite pour imposé une vision unique de l histoire c'est CELA LE FOND DU PROBLEME

absent
03/04/2011, 20h54
malheur au perdant ...... on n'avait qu'à bien étudier , on ne serait pas là


Oui étudier et former des ingénieurs puis quand ton pays veut importer des centrifugeuses pour faire des études sur le nucléaire on vous met sous un embargo. Vous avez rien comprer de la politique internationale. RealPolitik.

absent
03/04/2011, 20h56
Les associations ne sont pas des autorites publiques. Et que les arabes soient majoritaires ou pas dans ces municipalites, c'est des municipalites israeliennes, c'est le drapeau de l'etat d'Israel qui flotte a l'entree. C'est comme tu disais qu'en France, ce serait normal que la Seine Saint Denis decrete une journee de deul pour le 08 Mai 45 parce que les maghrebins y seraient majoritaires. Tu verras si ca ne poserait probleme en France.
Et pour la vision de l'histoire, est-ce que tu crois que dans les pays arabe, on autoriserait l'expression de la version israelienne de l'histoire?

kaiser
03/04/2011, 21h00
es associations ne sont pas des autorites publiques. Et que les arabes soient majoritaires ou pas dans ces municipalites, c'est des municipalites israeliennes, c'est le drapeau de l'etat d'Israel qui flotte a l'entree. C'est comme tu disais qu'en France, ce serait normal que la Seine Saint Denis decrete une journee de deul pour le 08 Mai 45 parce que les maghrebins y seraient majoritaires. Tu verras si ca ne poserait probleme en France.
Et pour la vision de l'histoire, est-ce que tu crois que dans les pays arabe, on autoriserait l'expression de la version israelienne de l'histoire?
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il faut te mettre dans ta tête ils sont chez eux ils ont été envahi par la vermine sioniste

absent
03/04/2011, 21h03
Qu'ils demandent la secession avec l'etat d'Israel et on verra. Pour le moment, comme je l'ai dit, c'est le drapeau israelien qui flotte sur les municipalites. Et en France, les maghrebins du 93 (sont qui ont la nationalite) sont tout aussi chez eux en France, et ce n'est pas une raison pour demander a ce que le 08 Mai 45 soit jour de deuil ou que le 1er Novembre soit fete nationale.

kaiser
03/04/2011, 21h17
Les mesures prévues par ces lois favorisent la discrimination et portent atteinte à la liberté d'expression
Mars 30, 2011
More Coverage: Page Israël (en anglais)
Page Israël (sélection en français).« Ces deux lois risquent de renforcer officiellement la discrimination à l'égard des citoyens arabes palestiniens d'Israël et d'autres personnes dans ce pays. Les députés israéliens devraient déployer tous leurs efforts pour mettre fin aux cas flagrant d'inégalité, au lieu d'adopter des lois discriminatoires qui permettent de contrôler les critères de résidence et d'entériner une vision unique de l'histoire d'Israël approuvée par le gouvernement. »
.Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch .(Jérusalem, le 30 mars 2011) - Deux nouvelles lois israéliennes affectant les résidents arabes palestiniens de ce pays encouragent la discrimination à leur encontre et portent atteinte à leur liberté d'expression, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. L'une de ces lois autorise des collectivités rurales à majorité juive à rejeter les demandes de résidence présentées par des citoyens arabes palestiniens d'Israël et par d'autres personnes dont la candidature serait jugée « inapte », tandis que l'autre loi risque de nuire à la liberté d'expression à un moment crucial de l'histoire des citoyens palestiniens de ce pays, selon Human Rights Watch.

« Ces deux lois risquent de renforcer officiellement la discrimination à l'égard des citoyens arabes palestiniens d'Israël et d'autres personnes dans ce pays », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les députés israéliens devraient déployer tous leurs efforts pour mettre fin aux cas flagrant d'inégalité, au lieu d'adopter des lois discriminatoires qui permettent de contrôler les critères de résidence et d'entériner une vision unique de l'histoire d'Israël approuvée par le gouvernement. »

Le Knesset (parlement israélien) a adopté ces deux lois le 23 mars. La première loi, adoptée peu après deux heures du matin par 35 voix contre 20, autorise officiellement des « comités d'admission » dans près de 300 communautés à majorité juive dans les régions du Néguev et de Galilée à rejeter des candidats à la résidence qui selon ces comités ne rempliraient pas de vagues critères d'« aptitude sociale ». Cette loi entérine juridiquement une pratique déjà employée dans le passé pour rejeter injustement des candidatures soumises par des citoyens arabes palestiniens d'Israël, ainsi que des membres de communautés marginalisées comme les Juifs d'origine non-européenne ou les familles monoparentales.
Des opposants israéliens à cette loi ont souligné qu'elle renforce le statut juridique et politique des comités d'admission, et leur permet de contourner un précédent arrêt de la Cour suprême israélienne visant à combattre la discrimination dans les affaires liées aux droits fonciers. L'Association pour les droits civiques en Israël, une organisation non gouvernementale, a décidé d'interjeter appel devant la Cour suprême israélienne pour annuler cette loi.

La deuxième loi, adoptée par un 37 voix contre 25, imposerait de lourdes pénalités financières aux institutions subventionnées par le gouvernement, dont les municipalités qui fournissent des soins de santé et des services éducatifs, qui commémoreraient la « Nakba » (terme arabe signifiant « catastrophe » et utilisé pour décrire la destruction de villages palestiniens et l'expulsion de leurs habitants après la déclaration d'indépendance d'Israël en 1948). Ces pénalités s'appliqueraient également aux institutions qui cautionneraient des propos considérés comme une « négation de l'existence d'Israël en tant qu'État juif et démocratique ».

Cette loi, sous forme d'amendement de la Loi des Principes budgétaires, autorise le ministre israélien des Finances à réduire la subvention accordée à une institution dont les activités seraient considérées « illégales », d'un montant équivalent à trois fois le montant consacré par l'institution à de telles activités. Les sanctions financières prévues par la « loi de la Nakba » menacent de porter atteinte aux droits des citoyens, par exemple en coupant les fonds fédéraux perçus par les municipalités pour fournir des services dans les domaines de la santé, du logement ou de l'éducation, a indiqué Human Rights Watch.

absent
03/04/2011, 21h20
Faudra quand meme m'expliquer un truc: Pourquoi est-ce qu'une association qui rejetterait l'existence d'Israel demanderait des subventions a l'etat d'Israel? Genre, on veut pas de l'etat mais on veut bien de son fric? Les orthodoxes anti sionistes, ils refusent meme de toucher a l'argent de la securite sociale.

TAGHITI
03/04/2011, 21h23
les paléstiniens de la ligne dite verte ont su comment survivre et faire revivre leur identité malgrés 60 ans d'occupation, ils sauront comment la garder et la faire vivre dans les générations á venir!
3assa Antakrahou chayAne qa howa khayron lakom: C'est peut être un grand service que les sionistes viennent de rendre aux palestiniens en les encourageants á s'accrocher encore d'avantage á leur identité: leur rappeler que malgrés la nationalité, ils sont des palestiniens et ont une cause qui ne doit pas être oubliée!

kaiser
03/04/2011, 21h27
faudra quand meme m'expliquer un truc: Pourquoi est-ce qu'une association qui rejetterait l'existence d'israel demanderait des subventions a l'etat d'israel?

ils payent des impots banane

absent
03/04/2011, 21h28
Et alors? Comme tout le monde.

oko
04/04/2011, 04h50
malheur au perdant ...... on n'avait qu'à bien étudier , on ne serait pas là
tout a fait !
moi je trouve complètement contradictoire de commémorer la Nakba est avoir la nationalité israélienne
Il faut être logique avec soit même et renoncer a la nationalité israélienne et notamment refuser de siéger a la Knesset, c'est la moindre des choses puisque la Knesset défend les intérêts d'israel pas les intérêts de la Palestine arabe

Ibn badis par exemple a refuser le décret Crémieux

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