PDA

Voir la version complète : Pare-feu


Iska
03/04/2011, 18h33
Pare-feu


par El-Guellil




http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gifTrente millions d'Algériens ont joué au foot sans que l'on puisse en trouver onze bons kouarjia pour construire une équipe nationale. On est obligé de les importer de chez nous là-bas à coup de millions d'euros et leur demander un maximum d'eurorisme pendant les deux mi-temps. Jusqu'au sifflet final.

En parallèle, il se crée le foot professionnel. Des SPA du foot. On leur donne de l'argent. C'est le comble ! On offre des assiettes et des terrains à des sociétés qui, par définition légale, sont privées.

Pourquoi ne pas aider donc les Spa productrices de richesse en leur octroyant des budgets annuels et des facilités les aidant au développement générateur d'emplois ? Non, on préfère mettre le fric dans des bâtisses pharaoniques au nom d'une ville capitale de tout et de rien.

Pareil pour les bureaux d'étude. On les sollicite de là-bas pour les projets d'ici. Comme ceux de là-bas savent que pour travailler ici, il faut un minimum de langue nationale, on découvre que ceux qui bossent à partir de là-bas ont été formés dans les universités d'ici. Quant à ceux qui sont restés ici étouffés par le sal air, ils font des sit-in aux abords des parvis de la décision. Ça revendique des régularisations, des augmentations, des rappels et des appels à une meilleure prise en charge de leurs problèmes sociaux. Contractuels, adjoints d'éducation. Les imams. Assatida. Fermlia, tobba, résidents, résidus marginalisés, comptables, commissaires aux comptes, laissés pour compte. Gardes communaux, patriotes, greffiers, gardiens de taule. Et… on détruit les tôles qui servent d'abris à la misère du bidonville.

On ferme l'œil sur l'informel. Les villes se clochardisent. Les sioufa et les mtarag remplacent les registres de commerce. On envoie du gaz en Europe et on laisse le majmar et le brasier préparer un feu latent qui ne trouvera même pas de pompiers pour l'éteindre…

Car eux aussi font leur sit-in au seuil du parvis du dédain. Des gages, nous voulons des gages.




Le Quotidien d'Oran

Cookies