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Voir la version complète : OMAN la pacifique rattrapée PAR LA REVOLTE ARABE


zek
04/04/2011, 20h36
Vanté jusqu'à présent comme un modèle de stabilité, le sultanat n'échappe pas à la vague de contestation qui balaie le Moyen-Orient. Si l'omniprésent monarque Qabous n'a pas perdu la main, les réformes qu'il a annoncées restent timides face à l'ampleur des défis.

Qui l'eût cru ? Même Oman, le pays du sage sultan Qabous, que l'on s'accordait à décrire comme un des plus stables du monde arabe, n'échappe pas au vent d'émancipation qui agite la région. Depuis deux mois, marches et sit-in se succèdent pour réclamer hausses des rémunérations et réformes politiques. Les premières manifestations avaient un caractère pacifique, voire bon enfant.

Au milieu des banderoles exprimant leurs doléances, les participants exhibaient même des panneaux qui proclamaient : « Nous aimons Sa Majesté ». Rodé aux ficelles politiques par ses quarante ans de règne, l'expérimenté potentat a d'abord cru pouvoir désamorcer la contestation en accordant hausse du salaire minimum et augmentation des bourses des étudiants. Mais ce contre-feu n'a pas suffi. L'explosion de violence qui a éclaté fin février à Sohar, un des principaux ports du pays, n'a rien eu à envier aux émeutes de Tunisie ou d'Egypte. Plusieurs bâtiments publics ont été incendiés, un supermarché pillé. L'hôpital de la ville a annoncé un bilan d'au moins 6 morts, avant que les autorités ne ramènent à une seule le nombre officiel des victimes.

Le ton des revendications s'est en outre singulièrement durci. « Le peuple a faim », scandaient les protestataires, tout en dénonçant la corruption et en réclamant le départ des travailleurs étrangers. En même temps, à Mascate, plusieurs centaines d'intellectuels et de militants associatifs campaient à proximité du siège de la Choura, exigeant des prérogatives élargies pour cette Chambre parlementaire élue au suffrage universel depuis 1992 mais dotée de simples pouvoirs consultatifs. Ils continuent de se retrouver tous le jours.

Tensions persistances

Face à la pression, le sultan a ouvert plus larges les vannes de la réforme. Il a annoncé la création de 50.000 emplois et le versement d'une allocation mensuelle de 390 dollars aux chômeurs. Les 5.000 salariés d'Oman Air, qui menaçaient d'interrompre le trafic aérien, ont obtenu une généreuse augmentation de salaire. Surtout, le souverain a entrepris un vaste remaniement gouvernemental, en changeant le tiers des ministres. Il s'est engagé sur le principe d'une réforme constitutionnelle destinée à doter la Choura de véritables compétences décisionnelles.

Il n'empêche. Malgré ces concessions, les braises continuent de couver. L'ambiance demeure tendue à Salalah. Un manifestant a été tué vendredi et une soixantaine de personnes ont été arrêtées. Une marche de protestation contre cette répression a eu lieu samedi à Mascate. Une telle situation révèle les faiblesses jusque-là inapparentes du système. Souverain éclairé qui a permis à Oman d'entrer sans secousses dans la modernité, Qabous n'en reste pas moins un monarque absolu. Les institutions ne comportent aucun contrepoids à sa prééminence.

Les partis politiques n'existent même pas. Grâce à son administration pléthorique et à son réseau d'informateurs, le sultan a barre sur les moindres détails de la vie de ses concitoyens. Ses portraits trônent partout, expression d'un culte qui confine à la dévotion : une oeuvre exposée au musée de l'Encens de Salalah, la deuxième ville du pays, retrace ainsi sa vie sous la forme d'un triptyque calqué sur le modèle des oeuvres religieuses européennes du Moyen Age.

L'omniprésence de cette figure tutélaire et l'infantilisation de la société civile qui en découle ont cependant pris un brutal coup de vieux avec l'explosion des révolutions arabes. Les idées neuves se diffusent d'autant mieux que le Web et les réseaux sociaux font florès dans un pays dont plus de la moitié des habitants a moins de 24 ans. Pour Oman, la jeunesse de sa population est un atout mais aussi un défi. Les capacités de formation ne sont pas à la hauteur des besoins. Alors que 55.000 jeunes sortent chaque année du système scolaire, l'université publique Sultan Qabous ne peut en accueillir que moins de la moitié. Surtout, qu'ils possèdent ou non des diplômes, les arrivants se heurtent à l'étroitesse du marché du travail, où sévit pour eux un taux de chômage proche de 25 %. Les emplois publics ne suffisent pas, comme jadis, à absorber les nouveaux venus.

Fractures communautaires

Une politique d'« omanisation » de la main-d'oeuvre a certes été engagée. Des métiers comme ceux de chauffeur de taxi, pêcheur ou agent immobilier sont réservés aux seuls nationaux. Mais les effets demeurent réduits. Les étrangers constituent encore 73 % de la population active et même 85 % des effectifs du privé. « Les vieilles familles marchandes, très influentes auprès du monarque et reconverties dans les secteurs en développement, ont freiné ce processus d'omanisation, car leur intérêt est de recourir aux travailleurs immigrés, beaucoup moins bien payés », analyse l'universitaire Marc Valeri, auteur d'un ouvrage intitulé « Le Sultanat d'Oman. Une révolution en trompe-l'oeil » (1).

Un autre facteur joue un rôle dans le malaise actuel. Situé à mi-chemin des côtes de l'Afrique et de celles de l'Asie, Oman, qui domina jadis un vaste empire colonial, se flatte d'être un creuset où cohabitent Arabes et populations aux origines multiples. Dans la réalité toutefois, les relations entre Dhofaris de la frontière yéménite, Baloutches, Zanzibaris originaires d'Afrique de l'Est, Luwatis d'ancienne extraction indienne et Banians hindouistes, sont moins harmonieuses que ne le vantent les dépliants touristiques. Une cloison qui n'est pas seulement de verre limite les relations entre les diverses communautés, sans même parler des Indiens, Pakistanais et autres Philippins employés aux tâches les plus pénibles dans le cadre d'une immigration temporaire. Les récents mouvements sociaux recèlent dès lors deux facettes : aspiration à l'émancipation politique des milieux intellectuels, mais aussi revendications matérielles de la part des couches moins favorisées, souvent d'origine non arabe.

Jusqu'à présent, Qabous était loué pour sa politique consistant à investir les dollars issus du pétrole, source des trois quarts des recettes budgétaires du sultanat, dans les infrastructures publiques et la diversification des sources d'activité économique. Cette stratégie n'est pas remise en cause. Les événements actuels incitent même à l'accélérer, d'autant que la flambée du brut a dégagé des marges supplémentaires. Après une décennie de recul jusqu'en 2007, le débit des puits du pays a recommencé à croître, pour atteindre 860.000 barils par jour. L au nombre des habitants, ce volume est comparable à celui extrait en Arabie saoudite, avec des coûts techniques il est vrai nettement plus élevés.

« Nous produisons autant que nous le pouvons, explique Khalifa ben Mubarak Al-Hinai, conseiller du ministre du Pétrole. Les principaux gisements ont déjà été exploités, nous faisons donc de la récupération secondaire ou tertiaire. Il y a aussi quelques nouvelles découvertes et nous ouvrons des blocs à l'exploration. L'objectif est le maintien de nos réserves à un niveau constant. Nous en avons encore pour quarante à cinquante ans. » Quant au gaz, l'extraction devrait, d'ici à 2015, passer de 25 milliards de mètres cubes à 33 milliards.

La Suite...

zek
04/04/2011, 20h37
L'image du pays écornée

Si le secteur des hydrocarbures fait travailler quelque 60.000 personnes, c'est cependant ailleurs que se trouvent les principaux gisements d'emploi. Les efforts de diversification ont commencé à porter leurs fruits. Confidentielles il y a une décennie, les ventes d'articles transformés représentent aujourd'hui 20 % des livraisons à l'étranger. « Notre objectif est d'accroître ces exportations de 15 % par an. Nous avons dressé une liste de 32 produits prioritaires, comme le polypropylène, les profilés en aluminium, les câbles électriques, les batteries auto, les jus de fruits, les produits de la mer... », énumère Aiman Hassan Ambusaidi, directeur au Centre omanais pour la promotion des investissements et le développement des exportations (Ociped). Des projets industriels de grande envergure sont en cours.

Le plus imposant est le complexe portuaire de Duqm, situé dans une région désertique à près de 500 kilomètres au sud de Mascate. Piloté conjointement par le sultanat et par le port d'Anvers, il regroupera sur 150 kilomètres carrés des unités de production, une raffinerie, des installations de manutention, un port de pêche, un chantier de réparation navale. Une ville de 100.000 habitants sera édifiée à proximité.

Le tourisme constitue lui aussi un axe privilégié. Qu'importe aux investisseurs que les quais du vieux port de Mutrah à Mascate et les anciennes cités de l'intérieur soient en train de perdre à vitesse accélérée leur authenticité sous l'afflux des visiteurs, ici aussi, les chantiers fleurissent. « Alors que nous avions accueilli 1,5 million de personnes en 2009, nous espérons en recevoir 2,2 millions en 2015. Dans l'intervalle, le nombre de chambres d'hôtel sera passé de 11.000 à 18.000. Cette saison, nous attendons à Mascate plus de 110 navires de croisière avec 230.000 passagers », se félicite Salim ben Adey Al-Mamari, directeur général de la promotion touristique.

L'éclosion des mécontentements brouille, toutefois, l'image de pacifique harmonie que le pays s'attachait à renvoyer de lui à l'étranger. Pour l'instant, l'avenir reste assez opaque. Alors que le système est sans conteste ébranlé, les mesures de libéralisation annoncées « nolens, volens » par le sultan apparaissent à peine plus qu'homéopathiques. L'équation est encore compliquée par la question de la succession du souverain. Il est septuagénaire et sans descendance. Or, prévient Eckart Woertz, chercheur à l'université de Princeton, « à la différence des autres monarques du Golfe, sa légitimité est avant tout de nature individuelle, et ceux qui viendront après lui n'en bénéficieront pas ».

Pour l'heure cependant, le pouvoir de Qabous, dont la personne même est épargnée par la contestation, apparaît toujours solide. Il reste d'autant plus au coeur du système que plusieurs de ses barons ont été exclus du jeu par la refonte du gouvernement. En outre, s'ils veulent éviter le risque de contagion à l'intérieur de leurs propres frontières, les Etats de la région ont tout intérêt à préserver l'influence du vieux dirigeant. Le Conseil de coopération du Golfe lui a d'ores et déjà promis un appui économique. Quant aux Occidentaux, ils auraient beaucoup à perdre à laisser déstabiliser un pays qui est un des gardiens du détroit d'Ormuz, par lequel transite le tiers du pétrole mondial.

JEAN-FRANCOIS POLO, Les Echos

chiffres clefs

Population (recensement 2010) : 2,7 millions d'habitants, dont 700.000 étrangers.
PIB par habitant : 20.300 dollars.
Croissance du PIB 2010 : 6 %.
Exportations vers la France 2010 : 45 millions d'euros.
Importations depuis la France : 462 millions d'euros (dont aéronautique 219 millions).

TAGHITI
04/04/2011, 20h40
selon les Cheichs des pays du Golf, c'est la main de l'Iran qui serait derriére ce tapage du bon matin pour réveiller les Gabous:)

arayzon
04/04/2011, 21h24
Hbibna TAGHITI wèch rak!

selon les Cheichs des pays du Golf, c'est la main de l'Iran qui serait derriére ce tapage du bon matin pour réveiller les Gabous

Les Iraniens n'ont aucune influence et n'ont réussi aucune infiltration à Oman car les Omanais suivent le rite d'obédience Kharidjiste qui stipule : ba3da el 3icha'a f3al ma tacha'a...(après la prière d'el icha'a fait tout ce qui te plait..vraiment tout).

A+.

TAGHITI
04/04/2011, 21h36
slt arayzon, rani bekhirr lhamdolah, merci!



ba3da el 3icha'a f3al ma tacha'a..l'hypocrisie des monarches arabes!
:D:D:D

arayzon
04/04/2011, 21h43
Hbibna TAGHITI re!

l'hypocrisie des monarches arabes!
:D:D:D

Si jamais il venait qu'un genre de rapport "wikileaks" soit mis au grand jour, sur ce qui se passe à l'interieur des palais à ces enturbannés madjoucines,ça sera tout simplement la fin de leurs jours...

Allah a Consacré tout un verset sur les hypocrites!!

A+.

Nadyr
04/04/2011, 21h56
ba3da el 3icha'a f3al ma tacha'a..
l'hypocrisie des monarches arabes!

malgré que le forum est rempli de nous ennemie

mais ce genre de stupidité tu le trouve seulement au Oman et un peut en Algérie
(on est un cocktail de tout)

faut pas coller au monarchies arabes tout les stupidités quand mm , ils ont bcp mais pas ça .

Neutrino
04/04/2011, 22h31
selon les Cheichs des pays du Golf, c'est la main de l'Iran...

moi aussi j'ai l'impression que les iraniens sont pour qq chose dans le printemps arabe. c'est possible en tout cas dans les pays du Golf. ça permet de détourner leur attention de l'Iran.
les pays arabes déstabilisés se trouvent presque tous sur "la route du pétrole" et par conséquent ça inquiète les Etats Unis qui craignent pour la sécurité de leurs approvisionnements énergétique. c'est tout à fait légitime en tant que première puissance militaire. le printemps arabe inquiète les USA donc . ça profite un peu à l'Iran en détournant l'attention US. mais est-ce que les iraniens ont vraiment les moyens de déstabiliser le monde arabe?

en tout cas les iraniens ont de quoi se défendre. le détroit d'Ormuz. si un pays les menace, les Etats Unis ou Israël, l'Iran pourrait bloquer le détroit d'Ormuz ce qui stopperait une bonne partie de l'approvisionnement en pétrole du Moyen Orient créant une véritable crise avec explosion du prix du baril. je pense que c'est pour ça que les Etats Unis ont tenté une déstabilisation politique de l'Iran. vu la situation géographique de l'Iran, ils ne peuvent pas opter pour l'option militaire.

il est possible que les peuples qui se trouvent sur "la route du pétrole" aient été manipulés mais pour le prouver il faudrait pouvoir résoudre une équation à trois paramètres (USA, pétrole, Iran). c'est pas du tout évident.

zek
05/04/2011, 13h56
moi aussi j'ai l'impression que les iraniens sont pour qq chose dans le printemps arabe

Oui, c'est ça, les Iranniens ont payé la police tunisienne pour empêcher le jeune vendeur, Mohamed Bouazizi, de vendre sa marchandise.

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