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Voir la version complète : RCI Pourquoi la France est intervenue


gdesmon
06/04/2011, 09h53
Source Afrik.com par Victor Guilbert 5/4/2011

1 - « Protéger les civils » aux cotés de l’ONUCI

Les troupes françaises de la Licorne présentes sur place ont été autorisées lundi à participer aux actions armées de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) à Abidjan, comme le prévoit la résolution 1975 déposée conjointement par la France et le Liberia et adoptée par le Conseil de sécurité le 30 mars dernier. Depuis le début de l’implication de la France en Libye, l’Élysée est accusé de faire une politique de deux poids deux mesures en Côte d’Ivoire. En répondant favorablement au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, qui demandait à Nicolas Sarkozy par courrier le soutien de la force Licorne pour « lancer les opérations militaires nécessaires (afin de) mettre hors d’état de nuire les armes lourdes qui sont utilisées contre les populations civiles », la France affiche une politique étrangère cohérente, sans pour autant prendre la responsabilité des opérations. « Nous n’intervenons que dans le cadre de l’ONU (...) Nous n’avons pas vocation à être l’ordre public en Côte d’Ivoire (...) Nous ne pouvons plus nous comporter comme si nous étions le parrain ou le père spirituel de ce pays », s’est défendu le ministre français de de la Défense Gérard Longuet, dimanche soir sur RTL.

2 - L’ONUCI, seule, manquerait de légitimité

Au début de la crise post-électorale, ce sont d’abord les diplomates de l’Union africaine qui ont œuvré pour éviter le conflit armé, via un panel de chefs d’État. L’ONU et la France s’étaient eux contentés de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara comme la plus grande partie des chefs d’État étrangers. L’implication des Nations unies intervient alors que l’ONUCI est sujette à de nombreuses critiques de la part de plusieurs ONG dont Human Rights Watch, la Fédération internationale des ligues des Droits de l’Homme et l’Open Society Institute for West Africa, pour sa « passivité » depuis le début de la crise ivoirienne. De plus, le bilan de l’ONUCI n’est pas bon. Depuis son déploiement en 2004, elle a assisté impuissante aux reports successifs, pendant cinq ans, de l’élection présidentielle prévue en 2005 pour parvenir au scrutin de décembre 2010, source du conflit actuel. La découverte du massacre de Duékoué dans l’ouest du pays n’a fait qu’augmenter les critiques puisque 700 casques bleus étaient censés être déployés dans le secteur au moment des faits.

En agissant aux côtés de l’ONUCI, les forces de l’opération Licorne apportent à l’intervention une légitimité supplémentaire puisque la France avait choisi d’intervenir en Côte d’Ivoire dès 2002, à la demande de Laurent Gbagbo, indépendamment des Nations unies. Cette force d’interposition entre l’armée loyaliste et les rebelles aurait permis d’éviter une guerre civile et de nombreux massacres, selon les autorités françaises. De plus, cette semaine, l’ONUCI n’était pas prête militairement à intervenir seule. Elle attendait pour la mi-avril un contingent supplémentaire de 2000 casques bleus et les hélicoptères ukrainiens n’étaient pas tous en état de fonctionner, alors que la force Licorne dispose de véhicules blindés et d’un détachement d’hélicoptères composé de cinq Puma et trois Gazelle.

3 - Défendre les ressortissants français

Près de 12 000 ressortissants français sont actuellement installés sur le territoire ivoirien. Ils constituent ainsi la plus grosse communauté étrangère du pays. La deuxième mission de la force Licorne après le soutien de l’ONUCI est de les protéger. Plusieurs d’entre eux ont été pris pour cible par les forces pro-Gbagbo ces derniers jours. Nous sommes toujours sans nouvelles des deux ressortissants français qui ont été kidnappés hier au Novotel d’Abidjan. Ainsi, la France craint qu’en cas d’embrasement du conflit, elle soit contrainte de rapatrier ses 12 000 ressortissants, une opération périlleuse, compliquée et coûteuse. Pour l’instant, la France a rassemblé près de 2 100 ressortissants dans sa base militaire de Port-Bouët pour éviter qu’ils soient la cible de nouvelles exactions. Ce nombre a notamment augmenté après l’appel au regroupement des Français lancé dimanche soir par le président Nicolas Sarkozy.

4 - Pérenniser ses intérêts économiques

Une guerre civile longue et meurtrière mettrait en péril les nombreux intérêts français en Côte d’Ivoire. 50 % des investissements étrangers du pays sont français, selon la mission économique de l’ambassade de France à Abidjan. Une place renforcée ces dernières années par une politique de privatisation et de grands travaux dont ont profité tous les grands groupes français. Ainsi Bouygues est l’actionnaire de référence de la Compagnie ivoirienne d’Electricité (CIE) et de la Société des eaux de Côte d’Ivoire (SODECI) ; la Société Générale, le Crédit lyonnais et la BNP dominent le marché bancaire via leur filiale locale ; France Télécom possède 51 % de Côte d’Ivoire Télécom et est devenu le principal opérateur des télécommunications en créant la Société Ivoirienne de Mobiles (SIM) ; Total et Bolloré ont eux aussi pris part à l’eldorado ivoirien. Autant d’intérêts économiques et financiers qui sont dans la balance depuis le début du conflit post-électorale. Le camp Gbagbo a développé un puissant sentiment anti-français, estimant que Paris agirait depuis le départ de l’offensive main dans la main avec les forces républicaines pro-Ouattara. Ces imputations ont sans doute encouragé davantage les autorités françaises à participer à l’opération militaire pour assoir Alassane Ouattara au pouvoir, qui leur garantirait un marché fleurissant.

mehdi-amazigh
06/04/2011, 10h55
Ces imputations ont sans doute encouragé davantage les autorités françaises à participer à l’opération militaire pour assoir Alassane Ouattara au pouvoir, qui leur garantirait un marché fleurissant. Il n'y a que les colonisés pour ne pas comprendre les tenants et aboutissants de cette guerre coloniale...........

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