morjane
25/04/2006, 17h58
Iouri Bandajevsky est un homme courageux, compétent et honnête. Il est contraint à l'exil et à fuir régime soviétique de Minsk pour pouvoir témoigner et poursuivre normalement et surtout librement ces recherches sur les pathologies des enfants dans les territoires contaminés par la catastrophe.
Demain ce sera le 20ème anniversaire de Tchernobyl et lui ne peut pas oublier une seule seconde cela. Le gouvernement de Loukachenko avait commandé un rapport sur la catastrophe à Iouri Bandajevsky, c'est un éminent spécialiste des problèmes nucléaires et a donc étudié les pathologies résultant de tchernobyl. seulement il a eu l'honneté de souligner l'incurie des autorités dans la gestion de la crise. Résultat en juin 2001, il est accusé d'avoir touché un pot-de-vin d'une étudiante et condamné à huit ans de prison par un tribunal biélorusse.
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C'est un symbole fort pour ce vingtième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Le Pr Iouri Bandajevsky, médecin spécialiste des conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire, incarcéré pendant près de six ans en Biélorussie, vient d'arriver en France. Discrètement, le savant biélorusse et sa femme Galina ont rejoint Clermont-Ferrand, vendredi dernier, où il doit donner aujourd'hui une conférence de presse.
La capitale auvergnate est jumelée avec Gomel, ville de Biélorussie contaminée par Tchernobyl, où Iouri Bandajevsky a fondé et dirigé un institut de recherches dans les années 1990. La Région Auvergne a financé une bourse afin que le chercheur puisse travailler pendant un an à l'Université.
Une grande force intérieure
Arrêté en 1999 pour avoir prétendument reçu des pots-de-vin d'étudiants, le recteur de l'Institut de médecine de Gomel fut condamné en 2001 à huit ans de prison. «Nous considérons qu'il a été victime d'une machination car les travaux qu'il réalisait sur Tchernobyl étaient inquiétants notamment pour le gouvernement», avait déclaré au Figaro en 2004 Stéphane Chmelewsky, l'ambassadeur de France à Minsk, soutien actif de Bandajevsky. En liberté conditionnelle depuis août 2005, le «prisonnier politique» s'est donc finalement exilé.
Des «interlocuteurs compréhensifs» au ministère biélorusse des Affaires étrangères, selon un diplomate français, ont accepté de lever les sanctions contre le médecin, au moment de l'anniversaire de Tchernobyl et d'une conférence internationale à Minsk.
Le Figaro avait été le premier média occidental à rencontrer Iouri Bandajevsky après sa condamnation. En septembre 2004, alors «relégué» dans un kolkhoze de l'ouest du pays, le prisonnier avait bénéficié d'une permission à Minsk pour raison de santé. L'homme était apparu brisé, physiquement et psychologiquement, tout en étant habité d'une grande force intérieure. Comme il le raconte dans son livre qui vient de paraître en France (1), sa foi nouvelle l'a soutenu pendant son calvaire, ainsi que sa passion dévorante pour la science.
Grâce aux milliers de lettres de soutien et à la littérature scientifique reçues du monde entier, le savant a continué à écrire sur les expériences qu'il avait menées avant son arrestation. Il disséquait alors des milliers de hamsters élevés dans son appartement, et recoupait les observations de sa femme Galina, cardiologue, sur ses jeunes patients.
Il affirme que même à petite dose, le césium 137 radioactif ingéré affecte durablement l'équilibre énergétique des cellules et provoque – entre autres – des pathologies cardiaques. Critiqué par la communauté scientifique qui lui reprochait de n'avoir pas publié dans des revues internationales, le chercheur semble aujourd'hui moins isolé. Les résultats préliminaires d'un programme de recherches mené en Biélorussie par les Français de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et des travaux récents portant sur les victimes d'Hiroshima semblent se rapprocher de ses conclusions. Obsédé par la poursuite de ses travaux, Iouri Bandajevsky estimait ne pas pouvoir les mener en Biélorussie dont il disait : «Ce pays est une cage.»
(1) La Philosophie de ma vie, journal de prison, Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2006.
Par le Figaro
Demain ce sera le 20ème anniversaire de Tchernobyl et lui ne peut pas oublier une seule seconde cela. Le gouvernement de Loukachenko avait commandé un rapport sur la catastrophe à Iouri Bandajevsky, c'est un éminent spécialiste des problèmes nucléaires et a donc étudié les pathologies résultant de tchernobyl. seulement il a eu l'honneté de souligner l'incurie des autorités dans la gestion de la crise. Résultat en juin 2001, il est accusé d'avoir touché un pot-de-vin d'une étudiante et condamné à huit ans de prison par un tribunal biélorusse.
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C'est un symbole fort pour ce vingtième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Le Pr Iouri Bandajevsky, médecin spécialiste des conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire, incarcéré pendant près de six ans en Biélorussie, vient d'arriver en France. Discrètement, le savant biélorusse et sa femme Galina ont rejoint Clermont-Ferrand, vendredi dernier, où il doit donner aujourd'hui une conférence de presse.
La capitale auvergnate est jumelée avec Gomel, ville de Biélorussie contaminée par Tchernobyl, où Iouri Bandajevsky a fondé et dirigé un institut de recherches dans les années 1990. La Région Auvergne a financé une bourse afin que le chercheur puisse travailler pendant un an à l'Université.
Une grande force intérieure
Arrêté en 1999 pour avoir prétendument reçu des pots-de-vin d'étudiants, le recteur de l'Institut de médecine de Gomel fut condamné en 2001 à huit ans de prison. «Nous considérons qu'il a été victime d'une machination car les travaux qu'il réalisait sur Tchernobyl étaient inquiétants notamment pour le gouvernement», avait déclaré au Figaro en 2004 Stéphane Chmelewsky, l'ambassadeur de France à Minsk, soutien actif de Bandajevsky. En liberté conditionnelle depuis août 2005, le «prisonnier politique» s'est donc finalement exilé.
Des «interlocuteurs compréhensifs» au ministère biélorusse des Affaires étrangères, selon un diplomate français, ont accepté de lever les sanctions contre le médecin, au moment de l'anniversaire de Tchernobyl et d'une conférence internationale à Minsk.
Le Figaro avait été le premier média occidental à rencontrer Iouri Bandajevsky après sa condamnation. En septembre 2004, alors «relégué» dans un kolkhoze de l'ouest du pays, le prisonnier avait bénéficié d'une permission à Minsk pour raison de santé. L'homme était apparu brisé, physiquement et psychologiquement, tout en étant habité d'une grande force intérieure. Comme il le raconte dans son livre qui vient de paraître en France (1), sa foi nouvelle l'a soutenu pendant son calvaire, ainsi que sa passion dévorante pour la science.
Grâce aux milliers de lettres de soutien et à la littérature scientifique reçues du monde entier, le savant a continué à écrire sur les expériences qu'il avait menées avant son arrestation. Il disséquait alors des milliers de hamsters élevés dans son appartement, et recoupait les observations de sa femme Galina, cardiologue, sur ses jeunes patients.
Il affirme que même à petite dose, le césium 137 radioactif ingéré affecte durablement l'équilibre énergétique des cellules et provoque – entre autres – des pathologies cardiaques. Critiqué par la communauté scientifique qui lui reprochait de n'avoir pas publié dans des revues internationales, le chercheur semble aujourd'hui moins isolé. Les résultats préliminaires d'un programme de recherches mené en Biélorussie par les Français de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et des travaux récents portant sur les victimes d'Hiroshima semblent se rapprocher de ses conclusions. Obsédé par la poursuite de ses travaux, Iouri Bandajevsky estimait ne pas pouvoir les mener en Biélorussie dont il disait : «Ce pays est une cage.»
(1) La Philosophie de ma vie, journal de prison, Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2006.
Par le Figaro