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biskra
12/04/2011, 18h46
Libye : Divisions européennes, impasse africaine, enlisement militaire, désastre humanitaire


Depuis le début des frappes occidentales contre la Libye, le 19 mars, officiellement pour « sauver la population civile des massacres », le sang continue à couler. Loin de provoquer l’effondrement du régime Kadhafi, ce dernier a réussi à regagner quelques villes. L’insurrection peine à se réorganiser et à faire face aux nouveaux défis de la gestion des « zones libérées » ou tout manque. Comme d’ailleurs dans le reste de la Libye. Pratiquement, le pays est divisé en deux.

Parallèlement à cette impasse militaire, doublée d’un désastre humanitaire, notamment dans la ville de Misrata, ceux qui ont pris l’initiative de cette guerre, qu’ils croyaient « rapide », revoient leurs calculs. De plus en plus de voix plaident désormais pour une sortie politique du conflit. Certes, les chancelleries occidentales continuent à poser comme préalable à toute solution le départ de Kadhafi et de ses enfants, non seulement de la Libye, mais vers l’exil (Hillary Clinton).

C’est également la position du Conseil national de transition de Benghazi, qui a rejeté l’initiative de l’Union africaine pourtant acceptée la veille par Tripoli. « L’initiative qui a été présentée aujourd’hui est dépassée. Le peuple réclame le départ de Mouammar Kadhafi et de ses fils », a déclaré le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil après une rencontre à Benghazi (est), fief des rebelles avec la délégation de l’UA.

L’UA proposait la cessation immédiate des hostilités, un acheminement de l’aide humanitaire et le lancement d’un dialogue en vue d’une transition, mais pas le départ immédiat du colonel au pouvoir depuis plus de quarante ans et confronté depuis mi-février à une rébellion.
Au lendemain de son échec à Benghazi, l’UA a lancé "un appel pressant au CNT à coopérer pleinement, dans l’intérêt supérieur de la Libye".
Ces déclarations surviennent alors que la crainte d’un enlisement du conflit en Libye grandit et à la veille de la première réunion du Groupe de contact sur la Libye au Qatar qui sera dominée par les critiques de Paris, de Londres et du…CNT contre l’inefficacité de l’Otan.

Notamment concernant la situation humanitaire désastreuse de Misrata, ville contrôlée par les insurgés, mais assiégée par les forces loyalistes. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton avait assuré vendredi que l’UE était "disposée à agir" par tous les moyens, "y compris militaires", pour soutenir les 300.000 habitants de Misrata sur le plan humanitaire. Cet ultimatum a sans doute été entendu par Tripoli qui a depuis autorisé l’approvisionnement de la ville assiégée à partir de la mer.

La grande surprise est venue de Londres qui a autorisé l’ancien patron des services libyens et l’ancien ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa à quitter son exil londonien pour se rendre à Doha (Qatar) pour y assister aux réunions du Groupe de contact. Sortant de son mutisme, il a prévenu « que la Libye pourrait devenir une nouvelle Somalie » si le conflit se prolongeait, soulignant que « l’unité de la Libye est essentielle à toute solution et à tout règlement » du conflit.

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