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Voir la version complète : Kateb Yacine, grand écrivain algérien, poète, romancier et dramaturge engagé


stranger011
28/04/2006, 17h35
KATEB Yacine
Né le 6 août 1929 à Constantine. Son père est oukil judiciaire, homme de double culture. Sa mère l'initie à la poésie et au théâtre. En 1936, il entre à l'école française après avoir été à l'école coranique. Mutations du père, nombreux déplacements. En 3e au lycée de Sétif, le 8 mai 1945, il participe aux manifestations. Expérience déterminante à tous points de vue. Sa mère, le croyant fusillé, devient folle et sera internée de longues années. Renvoyé du collège. En 1946, il publie à Bône (Annaba) son premier recueil de poèmes, Soliloques. Il rencontre alors à Constantine son père spirituel, Si Mohamed Tahar Ben Lounissi, qui se charge de la diffusion du recueil que les libraires n'ont pas voulu exposer. Au cours de l'année 1946-1947, Kateb milite dans les milieux du P.P.A. et donne à Bône des sortes de cours du soir pour illettrés, prenant conscience que, s'il est important de se faire lire, il faut aussi parler aux gens: conférences politico-littéraires dont le texte conservé de la conférence sur Abdelkader donne une idée. Le premier voyage à Paris date de 1947 Y. Chataigneau, alors gouverneur général de l'Algérie (trop favorable aux « indigènes ", il est mal vu des colons; il sera remplacé en 1947 par Naegelen), a eu connaissance de Soliloques et assure au jeune poète ce voyage. Kateb est à Paris en contact constant avec les émigrés et fait connaissance avec les milieux littéraires de gau*che : il publie ainsi pour la première fois, en France, un poème dans le numéro du 16 mai 1947 des Lettres françaises, Ouverte la voix, puis au Mercure de France en janvier 1948, Nedjma ou le Poème au couteau.
De 1948 à 1950, il est journaliste à Alger-Républicain (Henri Alleg, Mohammed Dib) : il publiera de nombreux articles dont un reportage vers La Mecque, suivant le pèlerinage pour le journal. Le 14 août, il part pour son premier voyage en U.R.S.S, où il retournera souvent par la suite (Redha Houhou, Tahar Ghomri, Bachir Merad). C'est en 1950 que son père meurt. Kateb emmène à Alger sa mère et ses sœurs. Il décide de partir en France (nomadisme à la recherche de petits boulots : voir les pages du Polygone étoilé du périple de Lakhdar). Il revient ensuite à Alger où, après une période de chômage, il est docker quelque temps. C'est à partir de 1952 et du nouveau départ pour la France que la vie errante de l'écrivain commence. Nous ne pouvons pas rendre compte de tous les déplacements reconstitués par J. Arnaud (voir son étude). Ils le mèneront en Italie, en Belgique, en Suède, en Yougoslavie. Notons les deux séjours qu'il fait à Tunis : premier séjour lorsque J.-M. Serreau y monte Le Cadavre encerclé, dont la première représentation a lieu le 4 août 1958, et le second séjour de novembre 1960 à septembre 1961 (publie de nombreux textes dans Afrique-Action). Début 1962, il est en Allemagne; en février 1962, il participe, en Égypte, au congrès des écrivains afro-asiatiques.
Il rentre en Algérie, peu après les fêtes de (indépendance, en juillet 1962. Il repart à Paris, en novembre, pour la mise en scène de La Femme sauvage. En 1963, nouveau voyage en U.R.S.S., pour raisons de santé. Les voyages et déplacements vont se poursuivre entre la France, l'Algérie et l'U.R.S.S. Kateb Yacine est à Alger de mars à septembre 1965; puis, à nouveau de mars à octobre 1966. Il y revient à la mi-novembre et fait une expérience à la R.T.A. d'émissions, dont « Poussières de juillet a, dont il écrit le texte et qu'illustre son ami Issiakhem. En juin 1967, après un voyage à Moscou, il pousse jusqu'à Pékin et Hanoi. Le Viêt-Nam est une expérience déterminante et lui permet de se remettre à l'écriture pendant deux années. Il ne fera alors que de brèves apparitions à Paris, Lyon, Grenoble. En juillet 1968, il fait un séjour d'un mois en Algérie. En janvier 1971, il fait partie d'une délégation invitée au Viêt-Nam.
A partir d'avril 1971, Kateb est à Alger; il ne revient en France qu'en mars 1972 pour accompagner la tournée de la troupe qui joue sa nouvelle pièce sur l'émigration. Il passe ensuite l'été à Tlemcen, puis il constitue sa troupe de théâtre qui sera prise en charge par le ministère du Travail et des Affaires Sociales (A.C.T.:Action culturelle des travailleurs). Séjour dans le Caucase pour repos de juin à août 1977. En avril 1978, il est nommé directeur du Théâtre régional de Sidi*Bel-Abbès ; en mars-avril 1980, il revient s'installer à Alger pour ne pas rester éloigné du centre de décision (sa mère meurt en octobre 1980). En 1981, il donne un cycle de conférences aux étudiants. En 1982, il revient à Bel-Abbès pour quelques mois ; il participe, à Oran, au colloque organisé en hommage à M. Feraoun, en mars 1982. Kateb, qui a peu quitté l'Algérie depuis neuf années, accepte de ressortir pour différentes activités culturelles. En septembre 1983, il est revenu résider à Alger et fait des va-et-vient avec Bel-Abbès. Le 22 mars 1985, c'est l'avant-première du film de Dominique Colonna qui lui est consacré et qui sort sur le petit écran, le 22 août. C'est véritablement un redémarrage pour l'écrivain que vient assombrir la mort de deux amis essentiels : M. Issiakhem et J. Arnaud (en 1986 et 1987). En avril 1987, le département de français de l'université d'Alger organise un hommage en l'honneur des trente ans de la publication de Nedjma, auquel l'écrivain assiste : l'enthousiasme de la salle est à la mesure de sa popularité. En janvier 1987, il a reçu le Grand Prix national des lettres, décerné par la ministère français de la Culture. Il meurt en octobre 1989.
(Nous ne pouvons ici que reprendre les publications d'ouvrages) : Nedjma (Paris, le Seuil, 1956) ; Le Cercle des représailles (Paris, le Seuil, 1959) ; Le Polygone étoilé (Paris, le Seuil,1966) ; L'Homme aux sandales de caoutchouc (Paris, le Seuil, 1970) ; L'Œuvre en fragments (Paris, Sindbad,1986).

LES FOURMIS ROUGES

Fallait pas partir. Si j'étais resté au collège, ils ne m'auraient pas arrêté. Je serais encore étudiant, pas manoeuvre, et je ne serais pas enfermé une seconde fois, pour un coup de tête. Fallait rester au collège, comme disait le chef de district.
Fallait rester au collège, au poste.
Fallait écouter le chef de district.
Mais les Européens s'étaient groupés.
Ils avaient déplacé les lits.
Ils se montraient les armes de leurs papas.
Y avait plus ni principal ni pions.
L'odeur des cuisines n'arrivait plus.
Le cuisinier et l'économe s'étaient enfuis.
Ils avaient peur de nous, de nous, de nous !
Les manifestants s'étaient volatilisés.
le suis passé à l'étude. J'ai pris les tracts.
J'ai caché la Vie d'Abdelkader .
J'ai ressenti la force des idées.
J'ai trouvé l'Algérie irascible. Sa respiration...
La respiration de l'Algérie suffisait.
Suffisait à chasser les mouches.
Puis l'Algérie elle même est devenue...
Devenue traîtreusement une mouche.
Mais les fourmis, les fourmis rouges,
Les fourmis rouges venaient à la rescousse.
Je suis parti avec les tracts.
Je les enterrés dans la rivière.
J'ai tracé sur le sable un plan...
Un plan de manifestation future.
Qu'on me donne cette rivière, et je me battrai.
je me battrai avec du sable et de l'eau.
De l'eau fraîche, du sable chaud. Je me battrai.
J'étais décidé. Je voyais donc loin. Très loin.
Je voyais un paysan arc-bouté comme une catapulte.
Je l'appelai, mais il ne vint pas. Il me fit signe.
Il me fit signe qu'il était en guerre.
En guerre avec son estomac, Tout le monde sait...
Tout le monde sait qu'un paysan n'a pas d'esprit.
Un paysan n'est qu'un estomac. Une catapulte.
Moi j'étais étudiant. J'étais une puce.
Un puce sentimentale... Les fleurs des peupliers...
Les fleurs des peupliers éclataient en bourre soyeuse.
Moi j'étais en guerre. je divertissais le paysan.
Je voulais qu'il oublie sa faim. Je faisais le fou. Je faisais le fou devant
mon père le paysan. Je bombardais la lune dans la rivière.

stranger011
29/04/2006, 14h18
Vous, les pauvres,
Dites-moi
Si la vie
N'est pas une *****!

Ah! Dire que
Vous êtes les indispensables!...

Ouvriers, gens modestes
Pourquoi les gros
Vous étouffent-ils en leur graisse
Malsaine de profiteurs?

Ouvriers,

Les premiers à la tâche,
Les premiers au combat,
Les premiers au sacrifice,
Et les premiers dans la détresse...

Ouvriers,

Mes frères au front songeur,
Je voudrais tant
Mettre un juste laurier,

A vos gloires posthumes
De sacrifiés.
- La grosse machine humaine
A beuglé sur leurs têtes,
Et vente à leurs oreilles
Le soupir gémissant des perclus !...

Au foyer ingrat
D’une infernale société,
Vous rentrez exténués,
Sans un réconfort

Pour vos cœurs de « bétail pensif »…
Et vos bras,
Vos bras sains et lourds de sueur,
Vos bras portent le calvaire
De vos existences de renoncement !

kateb yacine

stranger011
29/04/2006, 18h22
Toi, ma belle, en qui dort un parfum sacrilège
Tu vas me dire enfin le secret de tes rires.
Je sais ce que la nuit t'a prêté de noirceur,
Mais je ne t'ai pas vu le regard des étoiles.
Ouvre ta bouche où chante un monstre nouveau-né
Et parle-moi du jour où mon cœur s'est tué !…

Tu vas me ricaner
Ta soif de me connaître
Avant de tordre un pleur
En l'obscur de tes cils !
Et puis tu vas marcher
Vers la forêt des mythes

Parmi les fleurs expire une odeur de verveine :
Je devine un relent de plantes en malaises.
Et puis quoi que me dise ma Muse en tournée,
Je n'attendrai jamais l'avis des moissonneurs.

Lorsque ton pied muet, à force de réserve,
Se posera sur l'onde où boit le méhari,
Tu te relèveras de tes rêves sans suite
Moi, j'aurai le temps de boire à ta santé.

KATEB Yacine

stranger011
29/04/2006, 18h23
Bonjour ma vie
Et vous mes désespoirs.
Me revoici aux fossés
Où naquit ma misère !
Toi mon vieux guignon,
Je te rapporte un peu de cœur

Bonjour, bonjour à tous
Bonjour mes vieux copains ;
Je vous reviens avec ma gueule
De paladin solitaire,
Et je sais que ce soir
Monteront des chants infernaux…
Voici le coin de boue
Où dormait mon front fier,
Aux hurlements des vents,
Par les cris de Décembre ;
Voici ma vie à moi,
Rassemblée en poussière…

Bonjour, toutes mes choses,
J'ai suivi l'oiseau des tropiques
Aux randonnées sublimes
Et me voici sanglant
Avec des meurtrissures
Dans mon cœur en rictus !…

Bonjour mes horizons lourds,
Mes vieilles vaches de chimères :
Ainsi fleurit l'espoir
Et mon jardin pourri !
- Ridicule tortue,
J'ai ouvert le bec
Pour tomber sur des ronces

Bonjour mes poèmes sans raison…
KATEB Yacine

stranger011
01/05/2006, 13h11
Les ancêtres redoublent de férocité.

On croirait aujourd'hui, en Algérie et dans le monde, que les Algériens parlent l'arabe.
Moi-même, je le croyais, jusqu'au jour où je me suis perdu en Kabylie .
Pour retrouver mon chemin, je me suis adressé à un paysan sur la route .
Je lui ai parlé en arabe. Il m'a répondu en Tamazight. Impossible de se comprendre.
Ce dialogue de sourds m'a donné à réfléchir.
Je me suis demandé si le paysan kabyle
aurait dû parler arabe, ou si, au contraire,
j'aurais dû parler Tamazight ...

J'ai rêvé que j'étais dans mon pays
Au réveil, je me trouvé en exil
Nous, les enfants de l'Algérie
Aucun coup ne nous épargné
Nos terres sont devenues prisons
On ferme sur nous les portes
Quand nous appelons
Ils disent, s'ils répondent,
Puisque nous sommes là, taisez-vous !

Dors, dors, on a le temps, tu n'as pas la parole.

Quand un peuple se lève pour défendre sa langue, on peut vraiment parler de révolution culturelle


Kateb Yacine

confusuc
01/05/2006, 17h42
salam...


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stranger011
01/05/2006, 17h59
salam...


Quand Dieu parle le langage du monde, je peux en faire l'interprétation. Mais s'il parle le langage de ton âme, alors il n'y a que toi qui puisses comprendre.
amine maalouf
ma chère merci pour ces poemes, tu ma rendue un Grand service



il n'ya pas de quoi

mais je ne suis pas ta chere ... ;)

confusuc
01/05/2006, 18h28
salam...

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stranger011
01/05/2006, 18h31
je suis un homme ( masculin )

Léco
01/05/2006, 19h32
Je faisais justement une recherche pour savoir si le topic a déjà été traité..Et Voilà que je tombe sur ton topic...
Merci Stranger, tu rends hommage un auteur qui me tient tellement à coeur...Il a bercé mon adolescence...Je me souviens de "soliloques" un recueil de poême qui m'a tant touché et surtout inspiré...C'est cet auteur qui m'a donné goût à l'écriture...Et mon tout premier poême était vraiment inspiré de ses écrits...D'ailleurs je me permettais de lui emprunter quelques vers quii me touchaient tant...
Pourquoi "solliloques" parce que ce recueil l'avait écrit quand il avait 15 ans avant et après la manifestation du 8 mai 1945..il était interne au collège de sétif....j'était si admirative devant son jeune talent...si petit mais si grand avec sa poésie...
Tu bien cité quelques extraits de "soliloques"les trois premiers poêmes) je les ai vite reconnu car il m'ont tant touché...
Je me souviens encore de quelques vers..

Faites moi pleurer, chstes violons
Agitez sur moi vos espoir fleuris
Espoirs enjôleurs de rêves taris
faites moi pleurer, chastes violons..
Tourne ô ma douleur
Autour de mon coeur
Faites moi pleurer, chaste violons
Car s'accroche à moi le rire éperdu
du fou qui sommeille en mon coeur perdu
Faites moi pleurer chaste violons..
O pourquoi mon coeur, bats tu aux flambeaux
quand on est si bien au fond des tombeaux
Faites moi pleurer chaste violon
Mon triste symbole rêve en camisole..

J'espère ne pas m'avoir tromper...:redface:

Merci encore Stranger...

confusuc
01/05/2006, 19h36
salam...

regarde maintenant :mrgreen:

stranger011
02/05/2006, 18h31
Nedjma ou l'amour impossible
Je suis tombé amoureux de Nedjma, déclare Kateb Yacine. Nedjma n'est pas une création de l'esprit, c'est une femme qui a bel et bien existé. Il s'agissait d'un amour impossible. C'était une femme mariée. Il n'y avait pas de problème ou, plutôt, il y avait un très grand problème. Et ce problème ne pouvait pas être résolu et, par conséquent, il y a eu rupture». Nedjma, roman de Kateb Yacine, écrivain algérien de langue française, ne se lit pas aisément.
Le lecteur non averti affronte un grand nombre de difficultés : une structure discontinue, de fréquents glissements dans le temps, des renversements dans les points de vue, de fréquents retours en arrière. L'écrivain, contemplant le monde qu'il a créé, se comporte comme un observateur omniscient qui intervient souvent pour donner les détails nécessaires.
Au cours du roman, le lecteur rencontre à plusieurs reprises la même scène. Très souvent, l'événement est d'abord présenté très brièvement et de façon désordonnée, puis plus loin, il est repris et expliqué entièrement. Néanmoins, certains passages restent obscurs et le manque de détails empêche le lecteur d'en saisir toute la signification.

Richesse poétique

Le romancier laisse au lecteur le soin de découvrir par lui-même les réactions des différents personnages. Il est vrai que Kateb Yacine rejette la manière linéaire et interrompt l'ordre chronologique de son histoire. Il a d'ailleurs demandé que son roman soit apprécié à la lumière du roman européen à travers les apports de Proust, Joyce et Faulkner dans le domaine de la technique romanesque.
L'utilisation du monologue intérieur s'accompagne de l'intervention constante du romancier qui présente la scène ou ajoute des détails nécessaires. Loin de prêter à ses personnages un langage académique, Kateb Yacine laisse chacun d'eux s'exprimer selon son propre langage. Les expressions familières sont nombreuses dans l'œuvre. Certaines sont tirées du parler populaire algérien. La grammaire et la syntaxe subissent parfois une distorsion volontaire.
«Si l'ambition du roman est de traduire le cœur même de l'expérience humaine (...) il doit d'abord se libérer du style rigide du roman conventionnel.» Le lecteur rencontre dans l'œuvre beaucoup de pages d'une très grande richesse poétique. «J'ai commencé, dit Kateb Yacine, à m'intéresser à la littérature très jeune (...). A l'âge de 12 ans, tout en étant ce qu'on appelle un bon élève, j'ai commencé à me passionner uniquement pour la poésie». Il fut profondément marqué par la découverte de Rimbaud. «Mon maître spirituel, c'est Cheikh Mohamed Tahar Ben Lourissi», dit-il. André Rousseau exprime en ces termes son admiration pour l'invention poétique chez Kateb Yacine : «Je ne connais guère d'ouvrages où le langage d'un écrivain serve à rompre plus hardiment avec nos rythmes habituels». En mai 1945, on lui annonce : «Tu seras fusillé à l'aube». «C'est alors qu'on assume la plénitude tragique de ce qu'on est et qu'on découvre les êtres, dit-il. C'est à ce moment-là aussi que j'ai accumulé ma première réserve poétique. Je me souviens de certaines illuminations que j'ai eues».
Rétrospectivement, ce sont les plus beaux moments de la vie. J'ai découvert alors les deux choses qui me sont chères : «La poésie et la révolution». «Nedjma, dit Kateb Yacine (comme l'Algérie) est une femme qui se cherche, que l'on cherche. Actuellement, la recherche n'est pas encore finie»... A propos de Tamazight, Kateb Yacine déclare : «Tamazight, c'est la langue des origines, c'est seulement avec la troupe que je peux, de temps en temps, traduire des chants tamazight en langue parlée et vice versa. Seul je ne pourrais strictement rien faire, parce que je ne comprends rien à cette langue».

stranger011
04/05/2006, 17h03
Soliloques





Il est, un plaisir plus doux qu'un poème,

Et ce serait de vivre à tes genoux.
Parmi les éclats
De tes jeunes rires,
L'on entend siffler
L'oiseau des savanes,

Avec le murmure ailé du zéphyr
Et le chant plaintif des peuples d'amour...
Toi, mignonne aux yeux
Plus noirs que mon âme,
Fais ma place dans ta couche douillette,
Je te chanterai des refrains de feu!...
Au cœur de la rose on meurt de parfums,
Ma lèvre frissonne au vent des baisers...
Plus rouge que sang
Fais couler ta lèvre!

Femme obscure et dont l'œil égale la rancune,
Prends-moi, voici l'instant des mêlées furieuses.
Que se parent de sang nos chairs voluptueuses!
Regarde! Me voici plus pâle que la lune,
Agenouillé devant l'image de ton charme...
J'attends. Et mon cœur passe d'alarme en alarme.
C'est l'instant de mon malheur,
L'heure
Où Décembre, en sa pâleur,
Pleure.
Mais, quoique toute clameur
Se meure,
En moi ton rire charmeur
Demeure...