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Voir la version complète : Les banques islamiques, carrefour de la finance mondiale


zek
28/04/2006, 18h28
Bonjour, la guerre des centre financiers aux Moyen Orient n'est pas un vain mot, elles s'arrachent aujourd'hui les cadres à prix d'or.
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Les monarchies du Golfe sont engagées depuis plusieurs mois dans une course effrénée, cherchant chacune à devenir une place forte de la finance mondiale. Pour ce faire, on crée à tour de bras banques et institutions financières, et l’on «achète» au prix fort les cadres qui les dirigeront.
Bahreïn occupe dans cette course une position confortable et semble prendre sérieusement de vitesse ses concurrents du Khalij. Cette petite principauté, devenue depuis trois ans une royauté, est en train d’édifier une véritable ville flottante, émergeant des eaux du Golfe, qui sera entièrement destinée à servir de plaque tournante des grosses fortunes et à brasser des sommes fantastiques venant du monde entier. Dans cette perspective, on rafle les compétences financières partout où elles se trouvent à n’importe quel prix. Selon la presse spécialisée, le salaire d’un banquier autochtone a été multiplié par dix en l’espace d’une année; et la spirale continue de monter.

Déjà, le minuscule royaume se présente comme un carrefour régional de la haute finance. Il compte quelque 366 banques, compagnies d’assurances et sociétés de bourses, détenant ainsi le record de densité des institutions financières : une pour 2000 habitants ! Durant la seule année écoulée, 34 institutions à vocation financière ont été créées, engrangeant des bénéfices exceptionnels: 20% de progression par an, et une rentabilité moyenne des fonds propres de 25%.
Pour enfoncer le clou et faire la différence avec ses voisins du Golfe, en vue d’attirer le plus de dépôts possible, Bahreïn cultive son image de place de la finance islamique. Un «appât» de taille qui attire les argentiers du monde entier. En effet, les banques islamiques, contrairement à leurs homologues «capitalistes», n’imposent pas d’intérêt dans leurs transactions.

Et cela conformément aux prescriptions de la Chariaâ qui interdit cette pratique. Pour compenser ce manque à gagner, les banques islamiques se rabattent sur le loyer des institutions financières, qui peut atteindre des prix exorbitants, ainsi que sur d’autres aspects des transactions.
La Chariaâ interdit également la spéculation et le financement de projets contraires aux prescriptions coraniques: armement, alcool, tabac, viande d’animaux prohibés etc. Pour contourner ces difficultés, les banquiers recourent aux services d’érudits de jurisprudence coranique. S’ils sont convaincus, ces derniers émettent une «Fatwa» autorisant l’activité en question. Parmi ces érudits qui font aujourd’hui la pluie et le beau temps dans le royaume, le docteur Nizam Yakoubi, une des vedettes du pays dont la rémunération est tenue secrète.

«C’est un des rares docteurs de la Chariaâ à comprendre la finance», plaisante un banquier.
Nouvel Eldorado en cours de constitution, Bahreïn fait montre d’atouts considérables pour attirer sur son territoire les mégabanques internationales. Trois parmi les plus prestigieuses, ont déjà choisi de s’installer à Manama comme siège principal dans l’ensemble de la région du Golfe. Il s’agit de Citi Islamic Investment Bank, BNP Paribas et UBS qui a baptisé sa filiale islamique Noriba, jeu de mots anglo-arabe qui signifie «pas d’intérêt» (riba = intérêt, en arabe). Les banques islamiques ont fait leur apparition en Egypte au début des années soixante. Elles se sont développées ensuite d’abord en Arabie Saoudite puis dans le reste des pays du Golfe.

On assiste depuis quelques années à l’implantation de ce genre d’institutions en Europe. En juillet 2003, le groupe HSBC est devenu le premier réseau à proposer des services islamiques au Royaume-Uni. Une année plus tard, la première banque purement islamique est née à Londres, elle fournit, depuis, des services «halal».
http://www.tunishebdo.com.tn/article.php?rid=3&id=23489

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