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Voir la version complète : Vers une révision du code de l'Information


morjane
02/05/2006, 17h04
Le FLN planche actuellement sur une révision du code de l'Information et de la loi sur la publicité et demande aux médias de réfléchir sur un code de déontologie.

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Le FLN procédera prochainement à l’installation d’un nouveau groupe de travail pour plancher sur le code de l’information et la loi sur la publicité en vue de leur éventuelle révision. Belkhadem appelle, en même temps, les professionnels des médias à réfléchir sur un code de déontologie.

Le secrétaire général du FLN a rencontré, hier, la presse à l’occasion de l’inauguration d’un club de la presse. Tout en rappelant que la liberté de la presse est un droit, Abdelaziz Belkhadem reconnaîtra que l’affaire des caricatures a permis d’ouvrir le débat sur la question à l’extérieur et même à l’intérieur du pays, et a montré qu’il y a amalgame entre cette liberté et la diffamation ou l’insulte. «Les limites chez certains ne sont pas nettes», a-t-il soutenu. La métaphore du SG du FLN à cet effet, l’amènera à s’appuyer sur le goût des femmes pour dire «qu’il est demandé à la presse d’être au milieu du collier, la plus belle partie. C’est-à-dire entre le gouvernant et le gouverné et ce par des analyses et des commentaires convaincants». Sa vision de cette liberté est que «les journalistes sachent faire la différence entre l’information et leur point de vue personnel». Le FLN semble tenir à prendre les devants sur ce sujet en annonçant par la voix de son SG, l’organisation, mercredi prochain, au Centre international de presse (CIP) aux Pins maritimes, d’une conférence dont le thème principal sera la presse. «Pour une presse libérée», explique Belkhadem à propos du débat qui devra regrouper journalistes et intellectuels et dont le point focal sera le code de l’information. Belkhadem prendra le soin de noter que «le code de l’information n’est pas le Coran» en prévision de sa révision qui devra s’accommoder, dira-il «des évolutions de la société». Il estime qu’il est nécessaire de situer les points forts et les points faibles de ce code pour pouvoir juger de son maintien, de sa révision ou alors de son abrogation. Il fera en même temps l’annonce de l’installation par le FLN, dans les prochains jours, d’un nouveau groupe de travail dont la mission sera de débattre du code de l’information et de la loi sur la publicité. «Si cette réflexion nous mènera vers la nécessité d’une révision du code pénal dans ses articles sur la presse et notamment dans son article 144 bis, nous sommes dans l’obligation de la faire», dit-il.

Pour soutenir que «nous, au FLN, nous sommes contre les délits d’opinion, ça veut dire que nous sommes contre l’emprisonnement des journalistes pour ce qu’ils écrivent et ce qu’ils développent».

Dans ce même chapitre, il inclura son appel aux professionnels des médias pour dit-il «engager la réflexion sur un code de déontologie». Un code qu’il estime pouvoir constituer une référence pour la profession pour évaluer les écrits.

Dans sa réponse à une question sur la fermeture par les décideurs, des médias lourds au débat contradictoire à propos de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, le SG du FLN restera dans le politiquement correct. «Il est vrai qu’il n’y a pas de vérité absolue pour certains, il y a même des gens qui peuvent douter de ça. Mais la réconciliation nationale ne peut se poser en terme de débat contradictoire pour la simple raison que le peuple a statué d’une façon souveraine sur cette charte et il l’a fait avant sur la concorde civile». Mais admet-il, «il se peut qu’il y ait des Algériens qui peuvent ne pas en être d’accord, d’ailleurs durant le référendum, il y en a eu ceux qui ont voté contre le projet. Tout débat doit pouvoir être un débat contradictoire, c’est ce à quoi nous devons arriver quand on aura tous compris que nous pouvons diverger sur un projet mais que nous n’avons pas le droit de clouer au pilori celui qui n’est pas d’accord avec nous». Pour Belkhadem, «l’espace de dialogue, même réduit, est assez vaste pour permettre à chacun de dire ce qu’il pense». A une question sur le fait qu’il trouve normal que c’est la France qui a ouvert le débat sur la guerre d’Algérie et la mémoire collective, le SG du FLN répondra ainsi: «nous avons des tonnes de journaux, il suffit de lire ce qui a été écrit, pas seulement par des Algériens mais aussi par des politiques français, pour comprendre que les Algériens ne peuvent accepter qu’on passe sous silence toute une tragédie qui n’a pas encore dévoilé tous ses secrets». Il lancera: «nous n’avons pas peur des débats, nous sommes disposés à en débattre avec ceux qui veulent savoir ce qu’a commis le colonialisme en Algérie».

Au chapitre des prochaines élections, Belkhadem soulignera que son parti pense à revoir les méthodes de collecte des candidatures «pour en présenter les plus porteuses et les plus crédibles, celles en mesure de porter le programme du FLN et de le réaliser». Ce qui exige, selon lui, «un travail organique c’est-à-dire partisan, politique et législatif qui se traduira par la révision de la loi électorale». A en croire les échos des débats du dernier conseil national du parti, la candidature de tête de liste est appelée à disparaître. «Ce qui permettra de creuser et de ne plus travailler avec des locomotives», dira son SG qui notera que «la proportionnelle pour les locales n’a pas de sens parce qu’elle pourrait atomiser l’hémicycle au niveau de l’assemblée». Belkhadem est donc pour la révision du mode d’élection aux niveaux communal et de wilaya. Le FLN est appelé, selon lui, à effectuer un travail dans ce sens pour pouvoir faire des propositions d’amendement de la loi électorale.

Situé tout près de la place El-Qods de Hydra, le club de la presse est un bien de l’APC et où le FLN a eu à mener des campagnes électorales. Espace qui, hier, a marqué un arrêt sur des événements tragiques -les assassinats des journalistes- en placardant leurs portraits sur les murs du club. «Avec la bénédiction de Dieu, nous inaugurons ce club, nous avons tenu à ce qu’il y ait un endroit où peuvent se rencontrer les femmes et les hommes de la profession pour échanger des idées sur ce qui se passe aux plans interne et externe, avec la possibilité d’en débattre avec des personnalités de différents horizons politiques», a déclaré, hier, Abdelaziz Belkhadem. Il précisera que c’est parce que le président de la République le charge de le représenter, les 3 et 4 mai, au Sommet de l’Union africaine qui se tiendra à Abuja, qu’il ne pouvait laisser cette inauguration du club de la presse se faire au cours de la journée internationale de la presse, sans lui.

Par le quotidien d'Oran

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