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Voir la version complète : La hernie discale, une pathologie méconnue en Algérie


morjane
13/05/2011, 15h53
La hernie discale est en même temps une pathologie très peu connue par le commun des citoyens en Algérie et en même temps susceptible d’être évitée.

La hernie discale est un motif courant de consultation, parmi les facteurs de risque on peut citer le soulèvement de charges et le surpoids, et parmi les métiers qui y exposent ceux qui les exercent, le métier de maçon et celui de manutentionnaire. Une mauvaise posture, des gestes brusques pour soulever un poids ainsi que la grossesse peuvent en être à l’origine, mais il existe aussi des prédispositions héréditaires.

Elle survient beaucoup plus chez les hommes que chez les femmes et elle est source de douleur et de souffrance due à des complications dans certains cas. Complications qui peuvent être entraînées par la négligence des malades, ceux qui prennent leur mal à la légère et ne consultent qu’une fois la douleur installée.

La hernie discale n’est pas seulement méconnue par les profanes sur le plan médical, mais aussi par les médecins généralistes eux-mêmes alors que sa prise en charge et son traitement incombent à ces derniers dont le geste est pourtant d’orienter systématiquement les patients vers les rhumatologues.

Par facilité ou par manque de formation quant à certaines pathologies qu’ils peuvent pourtant prendre en charge comme le soulignent les rhumatologues, dont la hernie discale, le résultat est le même. Les spécialistes en rhumatologie se retrouvent destinataires d’un surplus de malades qui devraient être soulagés de leur souffrance dans les cabinets des praticiens. Ceux-ci (les rhumatologues) préconisent la prise d’anti-inflammatoires et assurent que la guérison est au bout de ce type de traitement.

Mais nombreux sont les personnes atteintes de ce mal qui «boudent» la médecine et optent pour les «cabinets» de guérisseurs, à la faveur du bouche à oreille et des éloges de malades – qui en ont déjà fait l’expérience – quant à la médecine traditionnelle et à ces guérisseurs qui pratiquent des massages sur l’endroit incriminé.

Il ressort, toujours selon les rhumatologues, que la chirurgie n’est pas systématique et que seulement 5 à 10 % des cas nécessitent le recours au bistouri. Il reste toutefois que la hernie discale nécessite surtout la prévention notamment à travers des postures et des attitudes correctes, et d’être mieux connue afin qu’elle soit prise en charge de façon appropriée.

Par la Tribune

morjane
13/05/2011, 15h58
Selon le docteur El Hadi Ali, rhumatologue au CHU de Bab El Oued :
«Seulement 5 à 10% des malades souffrant d’une hernie discale nécessitent une chirurgie»

On dit souvent que le mal de dos est «le mal du siècle», une pathologie qui ne semble épargner presque personne. Ils sont de plus en plus d’Algériens à en souffrir. L’hernie discale en est l’une des causes. Cette affection des disques intervertébraux se caractérise le plus souvent par une lombalgie ou une sciatique.

Souvent à l’origine de douleurs lombaires, accompagnées ou non de sciatique, l’hernie discale serait à l’origine de 2% des maux de dos. La colonne vertébrale est composée de beaucoup d’os appelés vertèbres. Ce sont des os à peu près circulaires et entre chaque deux vertèbres il y a un «disque». Les disques sont faits de tissus solides fibreux «ressemblant à du caoutchouc» qui permet à la colonne vertébrale de rester souple. Un disque a une partie externe fibreuse solide et une partie centrale moins solide gélatineuse appelée nucleus.

En cas d’effort physique important, une fissure se produit au niveau de l’anneau fibreux périphérique. Ainsi, l’hernie discale survient quand le noyau du disque est tellement comprimé qu’il presse, déchire et traverse l’anneau fibreux qui l’entoure. Le noyau fait alors saillie dans le canal rachidien où loge la moelle épinière.

Généralement, l’hernie discale survient dans les étages inférieurs des régions cervicales ou lombaires et une névrite douloureuse peut s’ensuivre, aussi appelée sciatalgie, ou sciatique.Le docteur Ali El Hadi, rhumatologue au CHU de Bab El Oued, estime d’emblée que l’hernie discale n’est pas une pathologie grave. C’est une affection bénigne dont l’évolution naturelle se fait habituellement dans un délai variable vers la guérison. Il cite une étude récente réalisée par le New England Journal of Medicine, selon laquelle «75% des patients guérissent avant 10 semaines et 95% guérissent sans intervention chirurgicale dans un délai d’un an».

Le docteur El Hadi Ali explique que l’hernie discale touche l’adulte jeune des deux sexes, avec une prédominance masculine. «C’est une cause fréquente de consultation en médecine générale et en rhumatologie», dit-il. «Nous n’avons pas de statistiques précises sur cette pathologie en Algérie, mais elle est devenue un motif de consultation courant», précise ce spécialiste. Elle survient généralement suite au surmenage, au soulèvement d’une charge lourde ou encore après une torsion brusque du tronc. Autres facteurs de risque, la grossesse et le surpoids. Il existe aussi des métiers à risque qui exposent à l’hernie discale, comme les maçons et les manutentionnaires et tous ceux qui soulèvent des fardeaux.

D’autre part, certaines postures comme la position assise, comme c’est le cas pour les chauffeurs, favorise les hernies discales. Une prédisposition génétique peut également exister dans certaines familles. Le docteur El Hadi Ali précisera que l’hernie discale peut être asymptomatique et ne provoquer aucune gêne. Mais elle risque de se révéler par des douleurs, du simple mal de dos à la sciatique paralysante. Ces symptômes peuvent apparaître brutalement et disparaître ou bien persister de manière chronique. Certains facteurs déclenchants sont souvent observés, comme la toux ou l’éternuement. En revanche, il existe des signaux d’alarme qui renseignent sur la gravité de la situation, comme les pertes d’urine et de selles, les paresthésies, la dysfonction érectile...

Evoquant la prise en charge de l’hernie discale, notre interlocuteur dira qu’elle peut guérir de façon spontanée, précisant que «le traitement ne fait qu’accélérer la guérison». Toutefois, il met en garde contre le recours au guérisseurs traditionnels, estimant que «certains traitements qu’ils administrent au malade peuvent s’avérer nocifs et entraîner des pathologies graves». D’autre part, il explique «qu’un simple traitement et une bonne hygiène de vie suffisent à soigner une hernie discale». L’une des recommandations principales du médecin est d’éviter de porter des charges trop lourdes, de dormir sur un matelas approprié et de ménager sa colonne vertébrale pour être en bonne santé.S’agissant du traitement préconisé, sur une durée de 6 à 8 semaines, il repose notamment sur les antalgiques (paracétamol), des anti-inflammatoires, des infiltrations épidurales, des myorelaxants...

«Dans 50% des cas, le malade peut être soulagé dans les mois qui suivent», dit-il. «Une fois que la douleur est passée, il faut recourir à la kinésithérapie», ajoute-t-il. Celle-ci permet de remuscler le dos et d’éduquer le patient (gestes et positions à éviter, comment soulever une charge…). «Le repos doit être proscrit ou l’autoriser seulement lorsque l’intensité des douleurs le nécessite», indique le spécialiste, qui insiste sur la nécessité pour le malade d’avoir une vie normale et reprendre ses activités professionnelles le plus rapidement possible. Le recours à la chirurgie ne doit être envisagée qu’en dernier lieu. «5 à 10% des malades qui soufrent de hernie discale nécessitent une chirurgie», souligne notre interlocuteur.

Ainsi, «l’urgence chirurgicale est indiquée dans le cas d’une hernie discale compliquée, d’un syndrome de la queue de cheval, lorsqu’il s’agit aussi de sciatique paralysante, hyperalgique, en cas de troubles sphinctériens…», estime ce spécialiste.

Il a par ailleurs plaidé pour la formation et la sensibilisation du médecin généraliste pour la prise en charge de l’hernie discale et des malades pour leur éviter de recourir au rhumatologue. «Les rhumatologues se retrouvent submergés par de nombreux cas qui auraient pu être pris en charge par le médecin généraliste, dont le rôle est d’examiner en premier le malade et de prescrire le traitement adéquat», affirme-t-il.

A retenir, à retenir, à retenir….

Qu’est-ce qu’une hernie discale ?

Une hernie désigne généralement le fait qu’un organe sort de sa place normale. Lorsque vous avez une hernie discale, la partie interne du disque (le noyau pulpeux) sort de sa place normale à cause d’une faiblesse dans la partie externe du disque. Ce qui rend le disque bombé (herniée). La partie bombée du disque peut appuyer sur les structures de proximité comme un nerf provenant de la moelle épinière. Des zones d’inflammation se développent aussi autour de la partie herniée du disque. Parmi les facteurs de risque, le surpoids, le soulèvement de charges lourdes et toutes sortes de métiers exigeant des efforts physiques importants, sont souvent cités. Une prédisposition génétique peut également exister dans certaines familles. Une hernie discale provoque souvent des douleurs au bas du dos. Le disque hernié souvent appuie sur une racine nerveuse, ce qui provoque la douleur qui irradie vers la cuisse et le mollet. Dans l’hernie discale et dans la plupart des cas, les symptômes s’améliorent progressivement sur plusieurs semaines. Il est conseillé de pratiquer les activités quotidiennes le plus normalement possible. Les analgésiques peuvent soulager la douleur. Les traitements physiques peuvent également aider.

Quand doit-on s’inquiéter face à une hernie discale ?

Lorsqu’on n’arrive pas à calmer une sciatique. La douleur est intense et persistante et il est impossible de poser le pied par terre. A ce stade, seuls, les médicaments, antalgiques et anti-inflammatoires n’agissent pas. En cas de paralysie. Il y a perte de contrôle des mouvements des pieds ou de la jambe qui se dérobe. En cas de troubles sphinctériens, il y a incontinence (pertes d’urine, parfois de selles), mictions impérieuses (difficultés à se retenir) ou efforts de poussée pour uriner. Il s’agit d’une extrême urgence et la chirurgie est le seul traitement possible.

Quelques mesures de prévention

Certaines mesures de prévention s’imposent pour éviter une hernie discale. Il est important d’avoir une bonne posture de travail et de sommeil, de pratiquer des exercices physiques réguliers et de renforcer les muscles abdominaux et dorsaux. Eviter de soulever des charges trop lourdes. Pour porter un objet lourd, ne pas incliner le torse vers l’avant et éviter les mouvements de torsion. Privilégier les sacs à dos aux sacs à main et utiliser les deux épaules pour porter le sac à dos ; pousser les objets lourds plutôt que de les tirer ; éviter de porter des chaussures à talons hauts (plus de 5 cm) et porter plutôt des chaussures bien ajustées qui offrent un bon soutien. Un mauvais matelas et un mauvais sommier peuvent être des facteurs favorisant. Donc il est conseillé de bien choisir son matelas.

Par Amel Bouakba, La Tribune

irene
14/05/2011, 01h12
Merci Morjane pour ces précisions.
Je souffre de douleurs dorsales/sciatique depuis qq temps et je vais consulter.
Toutes mes amitiés :twark:

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