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Voir la version complète : Comptoirs marchands Syriens en Europe Occidentale au Haut Moyen Âge


absent
18/05/2011, 11h05
En évoquant la présence orientale en Europe occidentale, précisément au nord des Pyrénées, durant le Haut Moyen âge, seuls les images de la conquête arabe de la Septimanie, les razzias sporadiques dans la partie méridionale de la Gaule mérovingienne et les têtes de ponts précaires qui vont résister ici et là en Occitanie jusqu'au Xème siècle, nous viennent à l'esprit. Mais il est attesté que les Nord-Africains ne sont pas les seules Orientaux à avoir établi des "colonies"(sic, c'est le terme que l'Historien utilise) à cette période dans le coin. En effet, plusieurs sources attestent l'existence de colonies syriennes marchandes installé dans les grandes villes de la Gaule mérovingienne! Ces marchands assuraient la liaison commerciale entre le Levant et l'Occident en important à côté ,des marchands Juifs, huiles, épices, soies, papyrus, brocard..etc. Et si on en croit Wilhelm Heyd, dans son Histoire du commerce du Levant au moyen-âge, les Syriens se sont surtout installés dans les villes commerçantes du midi de la France, comme Marselle, Narbonne et Bordeaux et on en pista même dans les villes du Centre comme Orléans et Paris!
La continuité de ce mouvement lors du règne carolingien reste sujet à débat, mais une chose est sûre les Syriens seront peu à peu remplacé par les commerçants Vénitiens comme tête de pont commerciales entre l'Occident et le Levant.

Source: L'importation des tissus orientaux en Europe Occidentale Au Haut Moyen Âge (ICI (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1935_num_14_3_1534?_Prescripts_Search_tabs1=s tandard&))
[I]Histoire du commerce du Levant au moyen-âge, Wilhelm Heyd (ICI (http://www.archive.org/stream/histoireducomme00parigoog/histoireducomme00parigoog_djvu.txt))

Harrachi78
18/05/2011, 11h32
A vrai dire, le terme "colonie" n'est pas totalement hors-propos dans ce contexte, car il ne faut pas l'entendre dans le sens d'une grande entreprise de peuplement (ce n'est pas de la "colonisation ... lol)

Il s'agit généralement de comptoirs commerciaux très limités dans l'espace (un "quartier" plus ou moins isolé et fortifié, une petite ville tout au plus), avec l'établissement permanent d'un certain nombre de familles et de groupes de marchands, reconnus comme tels par les institutions locales mais sans pour autant se constituer en état souverain ou quelque chose du genre.

C'est comme ça sera le cas à Galata en face de l'Istanbul ottomane, une véritable colonie européenne au cœur de l'Empire, avec consentement et accord du Sultan (pour des raisons politiques et commerciales). C'est une chose fort courante à travers toute l'histoire de la Méditerranée !

absent
18/05/2011, 11h49
A vrai dire, le terme "colonie" n'est pas totalement hors-propos dans ce contexte, car il ne faut pas l'entendre dans le sens d'une grande entreprise de peuplement (ce n'est pas de la "colonisation ... lol)

Il s'agit généralement de comptoirs commerciaux très limités dans l'espace (un "quartier" plus ou moins isolé et fortifié, une petite ville tout au plus), avec l'établissement permanent d'un certain nombre de familles et de groupes de marchands, reconnus comme tels par les institutions locales mais sans pour autant se constituer en état souverain ou quelque chose du genre.

C'est comme ça sera le cas à Galata en face de l'Istanbul ottomane, une véritable colonie européenne au cœur de l'Empire, avec consentement et accord du Sultan (pour des raisons politiques et commerciales). C'est une chose fort courante à travers toute l'histoire de la Méditerranée !

En effet, j'ai hésité à employer le terme de colonie pour décrire ces comptoirs marchands ,même si je sais que ce terme ne recoupe pas la même notion que la terminologie moderne de "colonisation". Mais c'est que la présence syrienne en Gaule mérovingienne ne me semble pas aussi structuré et articulé que celle de Galata à Istanbul, dans la mesure qu'une nation mère entretient sa colonie et les correspondances diplomatiques avec les territoires concernés comme l'ont fait les thalassocraties italiennes. Après on ne sait pas si ces marchands étaient mandatés par le pouvoir centrale Omeyyade où s'ils avaient un quelconque lien avec leurs congénères de l'ouest où même s'ils évoluaient de manière autonome...le fait qu'il faisait du traffic de vin me fait pencher vers la dernière option même si les éléments pour le soutenir sont précaires...De plus le califat Omeyyade d'alors suivait plus une dynamique d'expansion territoriale terrestre qu'un déploiement de comptoirs de commerce façon républiques maritimes méditerranéennes..

Harrachi78
18/05/2011, 12h03
Pris dans un sens général, le mot colonie n'implique pas nécessairement autant de choses (mandats, liens officiels ... etc.) à mon sens, surtout qu'il s'agit d'une époque assez reculée tout de même. De plus, si l'auteur applique (à postériori) ce terme aux marchands en question cela ne les engagent pas forcément, mais sert plus pour la commodité et l’éclairage qu'autre chose.

D'ailleurs, si l'on se tenaient strictement à la terminologie là, parler de "syriens" pourrait déjà poser quelques problèmes, sauf si l'on se tenaient au sens strictement géographique du terme, ce qui est manifestement le sens voulu par l'auteur.

Bref, ça me semble plus "colonie" au sens de groupes de gens d'une même origine (et d'intérêts communs) établis à l'étranger que "colonie" au sens stricte, institutionnalisé et officiel. Du moins c'est ce que j'ai ressenti du texte que tu as posté à ma première lecture. peut-être que l'ouvrage tout entier dégage autre chose ?

absent
18/05/2011, 12h39
C'est ce qui me semble le plus plausible aussi, le choix du terme par l'auteur a été effectué plus par commodité que par souci d'exhaustivité, même si il prête un peu à confusion au vu du contexte de l'époque et du coin avec la présence de colonies sarrasines qui elles sont plus...officielles et directes disons lol. Sinon pour le sens que dégage l'ouvrage du terme "colonie", il faut passer par le deuxième texte qui met en parallèlle les destinées des communautés commerçantes syriennes avec celle des juives, communautés apolitisés, fondé sur l'intérêt commun et ne gravitant autour d'aucune structure politique spéciale.

Sinon, tu as raison de relever le problème que pose l'emploi du mot "syrien", car en plus d'être anachronique, il est flou même géographiquement parlant.

Voici un extrait intéressant tiré du deuxième ouvrage cité:
"Avant de passer à la période des croisades, il nous reste à rechercher si,
pendant les premiers siècles du Moyen Age, les Juifs qui
vivaient dispersés au milieu des peuples d'Orient et d'Occident ne
prenaient pas déjà une part active au commerce du Levant. Ils ont
joué de très bonne heure un rôle important dans le commerce. En
Occident, les grandes invasions ne furent pas l'un des moindres éléments
de leur fortune. Méprisés de toutes les nations au milieu desquelles
ils vivaient, ils ne faisaient cause commune avec aucune d'elles; aussi,
tandis que les peuples guerroyaient entre eux, pouvaient-ils, sans sus-
citer la méfiance, aller et venir et faire de grands bénéfices sans couinr
de dangers. Les rois des tribus germaines qui allaient se fixer dans
les provinces occidentales de l'empire romain les avaient pour four-
nisseurs et, dans les nouveaux royaumes, plus d'un dignitaire de l'église
ne se faisait pas scrupule de leur acheter des objets précieux. Vivant
presque uniquement du commerce, ils se concentraient à peu près ex-
clusivement dans les villes commerçantes, imités en cela par les Syriens,
que l'on trouve souvent cités à côté d'eux: Narbonne, Marseille, Arles,
Gênes , Naples, Palerme etc."

La relecture de cet extrait laisse sentir que la présence syrienne dans ces villes est plus ancienne que je ne le croyais et beaucoup plus solidement établie. Ses Syriens sont peut-être les descendants de commerçants chrétiens hellénisés exilé dans le pourtour méditerranéen, et dont l'installation dans ces contrées est antérieur à l'Islam et peut être même à la chute de l'empire Romain, mais je peux me tromper...
Si quelqu'un a plus de détail sur ces communautés syriennes expatriées, ça serait le bienvenue...

Arbefracom
18/05/2011, 15h53
C'est très intéressant ton article, je savais qu'à l'époque ottomane il y avaient des comptoirs turcs dans de grandes villes européennes chrétiennes (je précise) de l'époque. Et que le commerce était assez dense entre le Maghreb et l'Italie surtout pour le blé au Moyen Age. Mais je n'étais pas au courant de cela, une question: comment faisait-il pour pratiquer leur religion ?

Passant
18/05/2011, 19h27
Ses Syriens sont peut-être les descendants de commerçants chrétiens hellénisés exilé dans le pourtour méditerranéen, et dont l'installation dans ces contrées est antérieur à l'Islam et peut être même à la chute de l'empire Romain, mais je peux me tromper...

En fait, la présence de ces Syriens en Europe remonte à l'an 555, année qui a connu un terrible tremblement de terre qui a frappé la côte phénicienne, poussant ceux qui y ont échappé à partir à la conquête de l'Europe pour y faire du commerce et y établir plusieurs colonies, en effet. Je crois que Lammens en parle dans son "Précis historique", mais je ne l'ai pas sous les yeux.

absent
18/05/2011, 22h42
En fait, la présence de ces Syriens en Europe remonte à l'an 555, année qui a connu un terrible tremblement de terre qui a frappé la côte phénicienne, poussant ceux qui y ont échappé à partir à la conquête de l'Europe pour y faire du commerce et y établir plusieurs colonies, en effet. Je crois que Lammens en parle dans son "Précis historique", mais je ne l'ai pas sous les yeux.

Merci pour l'éclairage, apparemment il y eut un tremblement de terre juste avant ,en 494, tout aussi ravageur que celui de 555, détruisant Lattaquié, important port commerciale syrien d'alors et ex-capitale de la province romaine. On image facilement l'exil qui a résulté suite à la conjonction de ces catastrophes. Merci pour la mention de l'ouvrage de Lammens, je ne connaissais pas.

Mais je n'étais pas au courant de cela, une question: comment faisait-il pour pratiquer leur religion ?

En fait grâce aux éclairages de Passant, on peut déduire que ces "syriens" et leurs colonies n'étaient pas de la première vague comme les sarrasins du coin à ce moment là et que leur présence dans le pourtour méditerranéen est antérieur à l'Islam, ça doit donc être des chrétiens de rite orientale, maintenant pour savoir s'ils n'avaient pas de problème de pratiquer un rite autre que celui de la doxa, c'est une autre histoire, mais ils étaient sûrement plus tolérés que les sarrasins de confession musulmane...

Harrachi78
19/05/2011, 10h09
Si la présence de ces groupes de syriens remonte à 555, il s'agit donc de chrétiens et non de musulmans et ils n'avaient donc aucun lien avec le califat de Damas.

Ça change tout !

absent
19/05/2011, 10h17
En effet, ces groupes ont dû être coupés de la nouvelle réalité politique de leur contrée et devaient donc fonctionner de manière autonome. Et comme je l'ai dit à Arbefracom plus haut concernant les modalités de leurs pratiques religieuses au sein des pays européens. Le fait qu'il soit chrétiens change la donne du tout au tout, bien que leur rite orientale (je suppose) aient pu "théoriquement" leur causer quelques soucis dans ces contrées...

Harrachi78
19/05/2011, 10h21
Pour ce qui est du rite, je crois que c'était moins problématique à cette date reculée, car il n'y avait pas encore de schisme entre orientaux et occidentaux.

En un mot, s'ils se sont installés au milieu du 6e s., il y eut assez de temps pour qu'ils s’intègrent dans les communautés locales vu que tous étaient catholiques à ce moment.

absent
19/05/2011, 10h31
C'est vrai que de ce point de vue, tous les rapprochaient des populations locales et qu'il ne devait pas y avoir spécialement de clivages particulier...

Sinon dans un autre ordre d'idée, on peut dire qu'en gros ces Orientaux "vieux-modèle" se sont fait rattrapé par les évènement en voyant des colonies d'Orientaux débarquer dans le même patellin que leurs comptoirs et ce sous l'autorité de ce que fut leur province Romaine, devenu siège ,entre-temps, de tout un empire . Un truc de fou...:mrgreen:

Harrachi78
19/05/2011, 10h48
Justement, j'ai quelques doutes à croire que ceux dont parle passant aient eu de relations particulière avec ceux évoqués dans l'article.

En fait, si on prenait un parallèle, je sais que beaucoup d'africains (au sens de "maghrébins" d'avant l'Islam) ont émigrés vers les îles (Baléares, Sardaigne, Corse, Sicile) et même en Italie et en Espagne à la même période (du 5e au 7e s.) et en nombre non négligeable.

Ça n'a pourtant donné naissance à aucune communauté ou "colonie" africaine particulière. Pourquoi les syriens feraient-ils exception ?!

absent
19/05/2011, 11h13
D'abord, je serais très curieux d'en savoir plus sur les déplacements de ces populations africaines sur les côtes d'europe méridionale. Même si ces informations ne nous aiderait en rien dans le cas présent, vu que l'absence de colonies établis par ces populations africaines ne pourrait s'expliquer par les seules circonstances de leurs déplacements (fussent-ils soudains)...en sachant que les syriens se sont déplacé suite à un cas de fore majeure (si on admet que ces marchands sont les même dont passant parle), donc ils étaient sur le qui-vive et c'est ce qu'il y a de pire pour une planification mûre et à tête reposé.

À mon avis, il faut plutôt chercher les raisons dans la culture commerciale de cette région du monde, qui très tôt dans l'Histoire a été assez féconde en états maritimes et thalassocratiques (Les Phéniciens et ensuite matrice des Carthaginois), et il faut dire qu'ils avaient la position et l'arrière pays pour prétendre à de telles entreprises: route de soie, jonction entre plusieurs continents...etc. Cette culture commerciale a imprégné leurs moeurs et s'est prolongé par la suite (jusqu'à nos jours même, il suffit de voir le dynamisme commerciale des diasporas syro-libanaises par rapport aux diasporas maghrébines), contrairement aux Nords-Africains pour qui l'Afrique subsaharienne n'est pas le vivier de produits commercialisables et raffinées qu'est l'Asie.

En bref, le parallèle entre les deux communautés auraient été plus recevable s'ils évoluaient de la même matrice et dans les mêmes circonstances, mais les différences entre les deux peuples et leurs caractères sont trop marquées pour opposer l'absence des uns dans un domaine comme contre-argument sur la présence des autres.

Harrachi78
19/05/2011, 11h22
Et bien, la première "vague" si j'ose dire date du 5e s., beaucoup ayant fuis les persécutions anti-catholiques des rois ariens. Rien que pour Tipasa (Maurétanie Césarienne), je sais qu'une bonne partie de la population catholique avait pris la mer pour l'Hispanie suite à une grave emmerde avec le représentant du roi. Je sais aussi que, tout au long de ce même siècle, des dizaines d'évêques (catholiques) furent exilés en Sardaigne, et que des dizaines d'autres durent se réfugier en Italie pour les mêmes raisons.

Au siècle suivant (6e.), la reconquête byzantine à calmé les choses, sauf que la politique religieuse de Justinien 1er finit par poser de sérieux problèmes, et causa de nouveau l'exil de nombreux évêques et prêtres vers les mêmes régions et même plus loin.

Enfin, avec la conquête arabe et surtout avec la prise de Carthage à la fin du 7e s., beaucoup d'africains (les gens aisés surtout et les fonctionnaires) vont prendre le même chemin, par familles entières.

Tu vois donc que le flux fut quasi continu sur 3 siècles. Pourtant, il n'y eut nulle part constitution de colonies ou de communautés africaines identifiées comme telles ?

absent
19/05/2011, 11h38
Tu vois donc que le flux fut quasi continu sur 3 siècles. Pourtant, il n'y eut nulle part constitution de colonies ou de communautés africaines identifiées comme telles ?

Deux choses Harrachi, de un la culture des deux régions en matière commerciale n'est pas la même (voir le deuxième paragraphe de mon dernier post). Et d'ailleurs, je ne pense pas qu'il faille s'attendre à voir des évêques et autres ecclésiastiques s'occuper de choses aussi mondaines que le commerce!

De deux, les circonstances politiques que tu me cites là ne sont en rien comparables avec les circonstances qui ont poussé les syriens à s'exiler (catastrophe naturelle). Ces derniers n'ayant pas subi de menaces et de persécutions particulières dans leurs pays d'origine, pouvaient se permettre d'organiser et entretenir un lien commerciale avec ce dernier sans craindre pour leurs vies. Chose impensable dans le cas de persécutions politiques et religieuses qu'ont subi les africains que tu me cites là, et on est d'accord pour dire que les persécutions ne sont pas l'ambiance idéale pour la prospérité commerciale de ces victimes et encore moins le moment idéale pour penser à s'y lancer...

Harrachi78
19/05/2011, 11h48
D'abord, y'a pas que des évêques et des prêtres, mais des populations civiles assez nombreuses comme dans le cas de Tipasa.

Ensuite, un évêque était un potentat local en ce temps (il ne faut pas les imaginer comme les gentils clercs d'aujourd'hui ... lol), entouré de pas mal de gens et brassant surtout pas mal d'argent, comme bien même il ne faisait pas lui-même de commerce.

Enfin, du point de vue commercial justement, les échanges entre l'Afrique, l'Italie et l'Espagne ont toujours été intenses à l'époque et n'ont jamais été interrompus (parceque vitaux), même lorsque les territoires changeaient de maitre. En somme, moins d'une semaine suffisaient a relier Rome à Carthage par exemple, et il serait logiquement plus facile à des africains expatriés en masse de maintenir des liens avec leurs lieux d'origine (même sous occupation ou en période de troubles) que pour des syriens par exemple !

Comment expliquer cela ?

absent
19/05/2011, 12h06
Ensuite, un évêque était un potentat local en ce temps (il ne faut pas les imaginer comme les gentils clercs d'aujourd'hui ... lol), entouré de pas mal de gens et brassant surtout pas mal d'argent, comme bien même il ne faisait pas lui-même de commerce.

Certes, mais même s'ils y trompaient les pattes dans leur contrée d'origine, je doute fort que ces évêques aient pu garder leur statut sociale de potentat, isolés là où ils sont, ni même qu'ils soient entourés d'assez de gens pour brasser de l'argent, alors de là à dire qu'ils tapent dans le commerce internationale, ça me semble limite...:mrgreen:

Enfin, du point de vue commercial justement, les échanges entre l'Afrique, l'Italie et l'Espagne ont toujours été intenses à l'époque et n'ont jamais été interrompus (parceque vitaux), même lorsque les territoires changeaient de maitre. En somme, moins d'une semaine suffisaient a relier Rome à Carthage par exemple, et il serait logiquement plus facile à des africains expatriés en masse de maintenir des liens avec leurs lieux d'origine (même sous occupation ou en période de troubles) que pour des syriens par exemple !

Échanges vitaux pour qui? pour l'Italie et l'Espagne? j'en doute fort, qu'on se le dise l'Afrique romaine (et le mythe de grenier à blé de Rome) ne faisait pas le poids économiquement face aux deux entités cités plus haut, et les échanges avait plus des trajectoires nord-sud que l'inverse, et puis c'était l'Afrique qui était colonie de l'Italie (province Romaine) d'alors, les mettre sur le même plan serait trompeur à mon avis...

Et puis je reste toujours dubitatif quant à la création et au développement (ce qu'implique l'établissement de colonies) de relations commerciales entre persécutés et la terre où règne leurs persécuteurs...

Harrachi78
19/05/2011, 12h14
Sur le dernier point tu trompe, car il ne s'agit pas de blé nécessairement (il faut surtout compter l'huile d'olive africaine et d'autres denrées).

D'autre part, ce que tu dis sur qui est "colonie de qui" ne vaut pas trop pour la période qui nous intéresse (5e-8e s.) car à ce moment ça faisait un bail que Rome (et l'Italie avec elle) n'était plus capitale politique de l'Empire, et même que la notion d'Empire n'était plus ce qu'elle était avec des provinces presque toutes érigées en royaumes barbares (vandales, goths ... etc.) Donc, sur un plan économique, l'Afrique valait autant l'Italie que les Hispanies à cette date et les échanges étaient plus qu'intense.

Tu sais quoi, ça nous éloigne tellement du sujet d'origine que mieux vaut en dédier un pour celui-là ! ... :mrgreen:

absent
19/05/2011, 12h26
Sur le dernier point tu trompe, car il ne s'agit pas de blé nécessairement (il faut surtout compter l'huile d'olive africaine et d'autres denrées).

Je crois qu'il y a eu méprise, car en parlant du mythe de Grenier à blé de Rome, je ne niais pas qu'il y avait des produits commerciaux provenant d'Afrique, et comment le pourrais-je quand des jarres contenant des traces de zît-zitoun africain sont retrouvées un peu partout autour de la méditerranée. Mais juste que la production africaine de l'époque était trop limitée pour se positionner et faire le poids face aux productions italiennes et espagnoles. Et d'ailleurs le fait que Rome n'était plus capitale de l'empire ne change rien à mon point, vu que la nouvelle capitale n'a pas changé de provine à ce que je sache, Ravenne est toujours dans l'Italia. Et quoiqu'on en dit l'économie italienne resta toujours plus développée que l'économie africaine, ce qui est normale après tout pour la terre qui a vu naître l'Empire du pourpre...

Mais t'as raison, on s'éloigne du sujet, quoique le nouveau est tout aussi intéressant :mrgreen:.

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