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Voir la version complète : Paris veut sa part du «Golfe»


zek
04/05/2006, 09h00
Bonjour, ça risque d'être dur si on tape toujours sur les mêmes dans les débats spéctacles et qu'on rend responsable une certaine communauté bien ciblé de tous les maux de la France, les stéréotypes ont la vie dure, l'immigré en France signifiera toujours maghrébin musulman, même si la plus grosse partie vient de l'Est, d'Afrique subsaharienne ou d'Amérique Latine via l'Espagne, les préjugés se sont formés du temps de la guerre d'Algérie et les psychiatres auront beaucoup de boulot à faire pour changer l'image des Arabes en France même s'ils sont chrétiens et habitent tous dans le 8e arrondissement de Paris.

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Jusqu'ici focalisée sur le Maghreb, la France veut aujourd'hui développer sa présence dans les pays du Golfe. Et s'interroge sur les moyens d'y parvenir. «La région du Golfe est importante pour la France et l'Union européenne, peut-être plus que pour les Etats-Unis. Cela en raison du pétrole et des répercussions des crises dans la région en Europe. Or, on a l'impression que les responsables français ne perçoivent pas cette importance ou n'en tirent pas toutes les conséquences. La France est souvent absente d'un point de vue économique et les entreprises françaises sont loin d'être conquérante».

Ce diagnostic réaliste de l'Etat de la présence française dans le Golfe est signé Alain Gresh, journaliste du «Monde diplomatique» et l'un des meilleurs spécialistes du monde arabe, intervenu en ouverture du colloque «La place de la France dans les pays du Golfe» : une coopération à repenser», tenu le 28 avril 2006 au Sénat à Paris, à l'initiative du «Cercle Stratégia». Cette manifestation à laquelle participait des personnalités politiques, économiques et culturelles françaises, des cinq pays du Conseil de Coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) et d'Iran, devait répondre à une question : la France peut-elle percer dans la région et comment devra-t-elle s'y prendre pour y parvenir.

Exprimant la problématique de manière plus crue, d'un point de vue français -«comment la France doit-elle faire pour contrôler des gisements pétroliers et miniers exploités pour la plupart par les Etats-Unis et des pays alliés»-, maître Ardavan Amir Aslani estime qu'il y a «une fenêtre d'opportunités» pour la France dans la région du Golfe en raison du malaise qu'y ont provoqué certaines politiques et mesures de Washington -dont le veto imposé par l'administration Bush au rachat de la société gérant les ports américains par la société émiratie DP World.

Pour que la France puisse profiter de ce «vide» consécutif aux «difficultés des Etats-Unis dans la région», l'avocat parisien suggère de mener «une guerre pour la reconquête des esprits» par le biais de la formation des élites qui «conditionne la conquête des marchés». Or, la difficulté d'obtenir un visa ne permet pas aux jeunes des pays du Golfe de «venir en France pour réaliser qu'il y a une alternative aux Etats-Unis».

La France peut également consolider sa présence dans le Golfe, explique Me Aslani, en oeuvrant à attirer les capitaux qui, depuis l'après-septembre 2001, quittent les Etats-Unis. «Si la France et l'Europe n'offrent pas un refuge à cet argent, il ira en Asie», prévient l'avocat. La France devra aussi faire des efforts dans un autre domaine si elle veut s'offrir les portes du Golfe. «Autant nous aimons la France», affirme Dr Youssef Hassan, professeur à l'Institut de Diplomatie d'Abu Dhabi, autant on lui reproche de ne rien faire pour changer «les stéréotypes à propos des Arabes, notamment dans les manuels scolaires».

Autre reproche de l'universitaire émirati : l'absence d'échanges culturels et éducatifs», à propos desquels le Professeur Hassan constate que les Français «traduisent des œuvres d'auteurs maghrébins», alors qu'«aucune maison d'édition française n'a pris l'initiative de dévoiler la région du Golfe» sur ce plan. L'universitaire salue néanmoins l'ouverture à Dubai d'une antenne de la Sorbonne «grâce à des investissements du gouvernement des Emirats».

Last but not least, le responsable émirati demande à la France, qui fait les yeux doux aux capitaux du Golfe, pour les attirer, d’accepter de leur ouvrir «les centres de recherche et les secteurs économiques stratégiques».

De notre envoyé spécial à Paris, Moncef Mahroug
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