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Voir la version complète : «Si ces questions avaient été traitées, on n’aurait pas eu l’islamisme»


djet 7
26/05/2011, 08h28
Juifs d'Algérie, harkis et pieds-noirs
M. Harbi, il y a trois tabous qui sont peu abordés en évoquant les conséquences de la guerre de Libération nationale. Le premier est la question juive, le second tabou a trait à la question des harkis, et le troisième, à la place des pieds-noirs qui sont partis massivement après 1962. Vous avancez le chiffre de 10 000 juifs qui se sont retrouvés apatrides au lendemain de l’indépendance, en raison du fait, dites-vous, qu’ils n’étaient pas touchés par le décret Crémieux et aussi parce qu’ils n’ont pas eu droit à la nationalité algérienne après l’indépendance…


Absolument !


- Comment imaginez-vous le traitement de ces trois questions ?


Je pense que si ces questions avaient été traitées dès le début, on n’aurait pas eu l’islamisme.


- constate par exemple un antisémitisme primaire au sein de notre société. Le «houdi» est source de tous les maux…


C’est un phénomène nouveau dans la société algérienne. L’anti-judaïsme a toujours existé dans notre société, tout comme l’anti-islamisme a existé chez les juifs. C’est tout à fait normal, ce sont deux religions en compétition. Mais sous cette forme qui consiste à recueillir les oripeaux des poubelles de l’antisémitisme européen, c’est nouveau. On le lie généralement à la question palestinienne. C’est vrai que ça joue, mais indépendamment de cela, il y a autre chose. On a pu voir après l’indépendance que les juifs qui avaient une responsabilité importante, quand ils sont arrivés à un certain niveau, on les a envoyés paître.


- Et qu’en est-il des harkis ?


Les harkis, moi j’ai participé à pas mal d’ouvrages sur cette question. Il faut profiter de ce 50e anniversaire de l’indépendance pour l’inclure dans les phénomènes de déchirement du peuple algérien. Il ne fait pas de doute que le phénomène harki est lié à trois faits sociologiques : 1- La crise de la paysannerie. 2- Le rapport autoritaire du FLN envers des communautés rurales qui avaient des systèmes de fonctionnement et des modes de préservation de l’honneur qui ont été bafoués. 3- Le déclassement social.


- A combien évaluez-vous les supplétifs de l’armée française ?


Entre mokhaznis, harkis et goumiers, ils étaient plus d’une centaine de mille. D’ailleurs, quand on dit on en a tué 150 000, ce n’est même pas leur nombre.
Ce sont des chiffres inventés. Par exemple, dans la région entre El Harrouch et Oued Zenati, il y avait plein de tribus dont les hommes à 60% ont revêtu l’habit de goumier. C’est dû à la crise, mais aussi à la pression militaire française qui était terrible. Il faut souligner que les gens étaient aussi dans des rôles doubles. Ils n’étaient jamais pour la France ni pour l’Algérie. Leur obsession, c’était comment survivre. Il faut tenir compte de ce facteur-là. Les gens devaient survivre, sinon, ils étaient menacés de disparition. C’est pour dire que les guerres sont toujours sales, et le tout, c’est de ne pas s’y engager.


- Et concernant le départ massif des pieds-noirs, que certains comme le cinéaste Jean-Pierre Lledo décrivent comme une fracture profonde, comment le jugez-vous ?


C’est une fracture énorme, en effet, d’autant plus que l’Algérie, dans son fonctionnement quotidien, était faite pour eux. Le problème est que la question nationale doit être approchée en fonction de la prépondérance d’une majorité rurale qui n’était pas en contact avec les Français. Pour eux, ce n’était pas seulement des étrangers, c’était des ennemis. Ce n’était pas exactement le cas dans les villes où on les vivait, certes, comme des adversaires à combattre, mais on faisait la différence entre les divers groupes de Français. Il y avait des rapports humains. Mais à partir du moment où la ruralité s’est mise en marche, ça devenait un vrai problème, parce que la ruralité engageait le combat en termes de substitution pure et simple aux Français.

Mustapha Benfodil el watan

espritlibre
26/05/2011, 09h51
2- Le rapport autoritaire du FLN envers des communautés rurales qui avaient des systèmes de fonctionnement et des modes de préservation de l’honneur qui ont été bafoués.
cela est vrai ...combien d'histoires se chuchotent quand on prend la peine de faire parler les vieux de chez nous ..et de plus en plus les langues se delient ...des cas ou des hommes touchés dans leur honneur par les gens du FLN habergés chez eux et qui profitait de ca pour seduire l'epouse ou la soeur ...ces hommes je disais ...par vengeance ....par depit .....s'engageait dans l'armé francaise pour assouvir une vengeance !!!! rien que de la conduite humaine dans toute sa nudité ....

mehdi-amazigh
26/05/2011, 10h53
Juifs d'Algérie, harkis et pieds-noirsles plaies de l'Algérie d'antan!

alessandro
26/05/2011, 13h45
toujours à chercher des excuses pour ces crapules du fis moi je dis si abbassi madani était un bon musulman, tout ça ne serai jamais arrivé...

Ruicosta
26/05/2011, 18h28
je ne pense pas que l'apparition ou la montée de l'islamisme politique ou militant tel que l'on connait aujourd'hui,soit lié à des facteurs purement locaux , c'est un phénomene complexe qui touche tout les pays musulmans meme les plus laiques d'entre eux (exemple turque), on peut meme le remonter a l'apparition des premiers etats ou societes islamiques .et les exemples historiques rien que dans notre espace geographique maghrebin confirment cela!

mentalistboy
26/05/2011, 18h35
c clair c'est multi-factoriel! entre l'islam déformé (pour des fins sectaires et politiques) par les extremistes fanatiques et les plaies desshistoires coloniales non cicatrises et autres facteurs...y a du boulot!lool :mrgreen: (éducation, débat, éducation, débat...mais faut être optimiste!)

djamal 2008
26/05/2011, 18h50
Les juifs avaient Israel pour les accueillir, les Harka avaient la France a laquelle ils pretaient allegeance.

absent
27/05/2011, 01h42
Pour les harkis, je suis d'accord qu'ils ont bien fait de dégager avec leur France, car n'oublions pas que la plupart sont impliqués dans des crimes, rien que ça.

Pour les pieds noirs et les juifs, ce fut une erreur grave que de les virer ou de les persécuter, leur religion les regarde, leur amour pour la France les regarde, tant qu'ils ne l'ont pas soutenu physiquement ou matériellement, nous n'avions aucun droit de les sortir de chez eux, voir pour certains de les tuer, c'est un crime que Dieu fera payer à ceux qui l'ont commis, car l'Injustice est dégueulasse quelque soit sa couleur! Certains juifs possédaient des biens, quiconque se dit musulman se devait de les sauvegarder, et de les défendre contre toute transgression!

Et ne pas confondre juifs et sionistes, les juifs Algériens sont chez eux, les sionistes sont une pourriture, combattue pour leur idéologie criminelle, même Algériens. Les juifs ont toujours vécus au milieu des musulmans, parfois en paix, parfois avec des tensions, nous connaissons leur haine de l'Islam mais tant qu'ils observent les règles de paix, elle doit être sauvegardée. C'est là même l'essence du comportement Islamique vis à vis des autres religions..

Ceci dit, c'est un sujet totalement à part, rien avoir avec le FIS, ce parti n'est qu'une dérive de l'ignorance des gens face à la religion, depuis l'indépendance ça a commencé, et puis ça a progressé petit à petit, l'ignorance de l'Islam et son délaissement, ça a finit par provoquer dans les années 90, deux courants majoritaires, les intégristes criminels que l'Islam aurait tué, et face à eux les rebelles laïques qui ont profité de cette vague obscurantiste intégriste pour propager leur obscurantisme à eux. Tout ceci n'est qu'ignorance et délaissement de l'Islam véritable, Islam qui avant l'indépendance était dans les coeurs des gens, et les choyoukhs étaient connus et respectés, que ça soit dans les villages de kabylie, dans les kssours du mzab, ou dans les quartiers d'Alger, le rappel était présent, les gens étaient libres, mais tous respectueux. C'est cette union qui a permis l'indépendance, depuis c'est la décadence, l'Algérie ne forme plus de savants et va chercher ses discours directement d'Arabie saoudite.

Hyde
27/05/2011, 08h38
M. Harbi, il y a trois tabous qui sont peu abordés en évoquant les conséquences de la guerre de Libération nationale. Le premier est la question juive, le second tabou a trait à la question des harkis, et le troisième, à la place des pieds-noirs qui sont partis massivement après 1962.

je dirai même plus, pourquoi pas un juif pied-noir président et un gouvernement composés de ministres juifs harkis pour régler nos problèmes!

les juifs et les harkis! la solution des problèmes de l'Algérie? c'est vraiment du n'importe quoi. yakhi t'm.. yakhi.

vraiment de quoi VOMIR de bon matin.

Zakia
27/05/2011, 09h01
Si ces questions avaient été traitées, on n’aurait pas eu l’islamismeJe n'en suis pas si certaine. Mais nous aurions peut-être pu éviter le chaos et le bain de sang qui en a découlé.

Mais sur fond, je suis d'accord. Ces questions auraient dû être traitées autrement qu'avec la vision simpliste et manichéenne qui a prévalu jusque maintenant.

djamal 2008
27/05/2011, 12h08
Par exemple comment aurait-on traité le dossiers des Harka avec les moyens du bord d'alors?

On va nous éviter le dossiers des juifs en partance vers la Terre Promise. Good riddance.

noubat
27/05/2011, 20h40
«Si ces questions avaient été traitées, on n’aurait pas eu l’islamisme»

je pense qu' il faut arréter de chercher midi quatorze heures,

pour éviter tout extrémisme, il faut éradiquer les plaies chômage, misère, injustice, être à l'écoute du citoyen .............

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