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Voir la version complète : A la Puerta del Sol, le mouvement se renforce après les violences policières à Barcelone


LIXUS
29/05/2011, 12h33
Ils étaient plus fatigués que jamais, mais la violente expulsion des "indignés" de Barcelone les a réveillés. Vendredi 27 mai, plus de 2 000 personnes ont afflué sur la place de la Puerta del Sol, au centre de Madrid, pour crier leur colère et se montrer solidaires des manifestants de la capitale catalane, dont la police avait fait évacuer, dans un climat très tendu, le campement pour faire "place nette" avant les célébrations de la finale de la Ligue des champions.

Pendant près de deux heures, la foule a agité des fleurs et des bouquets de toutes les couleurs, les mains souvent peintes de blanc, pour signifier son refus de la violence, scandant "Barcelone n'est pas seule" ou "Nous ne sommes pas des délinquants mais des citoyens" et brandissant des pancartes indiquant "Moins de policiers et plus d'éducation". Aux abords de la place, les forces de l'ordre se tenaient immobiles, devant une dizaine de fourgons.

ÉTEINDRE LA TÉLÉVISION

"Il est inadmissible qu'une telle manifestation de violence ait eu lieu à l'encontre d'un mouvement qui n'a cessé d'être pacifique, s'offusque Eduardo, psychologue de 33 ans. Les autorités ont voulu nous faire peur. Mais nous n'avons pas peur !". "Cela ne change en rien notre mobilisation, confirme Miquel, professeur d'histoire de 56 ans. Au contraire, ces événements vont renforcer le mouvement, nous souder davantage."

Les autorités étudient une éventuelle évacuation de la place.Audrey Garric
Certains, parmi les plus indignés des "indignés", ont appelé à éteindre la télévision, ce samedi soir, au moment de la diffusion du match de football opposant le FC Barcelone à Manchester United à Londres. "Le foot, c'est la seule chose qui intéresse le gouvernement, car il draine beaucoup d'argent", déplore Santiago, l'un des porte-parole du mouvement madrilène.

A Madrid, les manifestants sentent d'autant plus solidaires que la police a déjà tenté de les déloger de la place emblématique de la ville, où campent encore plusieurs centaines de personnes. Le ministre de l'intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a aussi annoncé que les autorités "étudiaient" une éventuelle évacuation de la place, suite aux demandes insistantes du gouvernement régional et des commerçants.

"Le maintien d'une adhésion forte au mouvement du 15-Mai dépendra en grande partie du comportement des autorités, souligne Jaime Pastor Verdu, politologue espagnol. Si elles se livrent à la répression et évacuent les campements, la mobilisation gagnera en force et bénéficiera d'une solidarité accrue de la population."

Le Monde - Audrey Garric, envoyée spéciale à Madrid

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