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Voir la version complète : La Bourse d’Alger attend toujours ses valeurs phare


nassim
08/06/2011, 00h08
La réussite de l’ouverture du capital d’Alliance Assurances, réalisée à la fin de l’année dernière, avait suscité beaucoup d’espoir qui tarde à se concrétiser.Les candidats à l’introduction à la Bourse d’Alger ne se bousculent pas et les autorités du secteur, fertiles comme beaucoup de leurs consœurs nationales en production de textes juridiques, annoncent une nouvelle réforme du marché financier pour 2012.

On se souvient que le deuxième assureur privé algérien avait lancé au mois de novembre dernier une souscription pour lever auprès du public 1,4 milliard de dinars (14 millions d’euros). Au terme de cette opération clôturée avec succès au bout d’un mois, l’assureur a rejoint les deux seuls titres déjà cotés à la Bourse d’Alger : l’hôtel El-Aurassi et le groupe pharmaceutique Saidal dont le capital reste, dans les deux cas, majoritairement contrôlé par l’État algérien.

Un contexte qui a incité Mustapha Ferfara, le jeune directeur général de la Bourse d’Alger, à aller récemment à la rencontre de responsables de nombreuses entreprises privées. Il estime que plusieurs d’entre elles ont manifesté leur intérêt et mentionne notamment les cas de la conserverie NCA de Rouiba, de Socaram, une société spécialisée dans les solutions informatiques intégrées ainsi que dans le secteur financier, Maghreb leasing et Salama Assurance. De son côté, Cevital, le premier groupe privé algérien, souhaite également s’introduire à la Bourse via un certain nombre de ses filiales. L’opérateur téléphonique, Nedjma, a, enfin, par le biais de son DG, signifié clairement l’intention des propriétaires d’ouvrir une partie du capital de l’entreprise sur le marché financier algérien.

Outre ces entreprises, les secteurs des télécommunications, de l’agroalimentaire, des banques, ainsi que les concessionnaires automobiles, pourraient, selon M. Ferfara, “dégager de bons candidats à la Bourse d’Alger, un marché qui a besoin d’animation et de sociétés performantes”. En attendant, la Bourse d’Alger attend toujours les valeurs phares qui pourraient jouer un rôle de repère et d’entraînement et il est probable, désormais, que l’année 2011 s’achèvera sans nouvelle introduction à la cote.

Une trop longue attente
En dépit du succès de l’introduction en Bourse d’Alliance Assurances, une hirondelle ne fait pas le printemps et la situation actuelle du marché financier est intenable. C’est, en tout cas, le point de vue développé par le président de la Cosob, Noureddine Ismaïl, qui annonce pour 2011 une grande réforme du marché financier algérien ; la dernière en date remontant à février 2003.

Pour Noureddine Ismaïl, le marché est caractérisé par une lassitude devant la longue attente d’introduction des entreprises à la cote et la relance de la Bourse d’Alger. Le bilan qu’il dresse de l’activité de la Bourse se caractérise, depuis sa naissance, par l’émission d’une trentaine de lignes obligataires de sociétés publiques et privées, dont cinq accessibles au grand public, sont cotées en Bourse. “Cette institution financière n’est forte pour l’heure que de la cotation de 22 lignes OAT(obligations assimilables du Trésor)”, ajoute-t-il.

La frilosité des opérateurs, par manque de transparence ou par immaturité managériale, est mentionnée par le président de la Cosob comme un facteur expliquant la léthargie du marché. Mais l’État a déserté également le terrain, car le cadrage juridique et les procédures réglementaires sont inadaptées : “Les dispositions régissant le marché financier nécessitent inévitablement une révision de fond en comble”, suggère le président de la Cosob. Il regrette, sur sa lancée, le fait que des centaines d’entreprises publiques aient été privatisées entre 2003 et 2008 en dehors de la Bourse d’Alger. “C’est un mauvais choix, estime-t-il, car cette privatisation aurait pu conférer une assise financière et une transparence importante à la Bourse.”
Autres carences signalées par Noureddine Ismaïl : “Le marché secondaire est strictement illiquide, et les services d’investissements nécessaires au marché sont inexistants.”

En résumé : “L’organisation et le fonctionnement actuel du marché financier manquent de consensus et de schéma directeur”, déplore le président de la Cosob. C’est pourquoi, juge-t-il, un débat national sur le marché financier algérien s’impose. “Il s’agit d’un choix national et politique.” Il annonce une réforme pour 2011 qui s’étalera sur deux années. L’objectif premier étant de parvenir à “sculpter” un business modèle pour le marché financier algérien et le doter d’un cadre juridique approprié.

Source: Liberté

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