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Voir la version complète : L’insouciance dépensière du gouvernement menace l'avenir de l'Algérie


nassim
08/06/2011, 00h11
Le style rassurant du régime touche tous les secteurs en Algérie. Même ceux qui demandent un minimum de rigueur, comme les finances. Ainsi, Djoudi s’échine à expliquer que le déficit budgétaire n’en est pas un.

Le déficit, nous dit-il, s’il est de plus de 30% dans les prévisions budgétaires, n’est, en réalité, que de 10%. Et ces 10% seront compensés par les recettes fiscales, sans avoir recours au Fonds de régulation des recettes, ce fonds censé entreposer le surplus de recettes pour les jours difficiles ou pour les générations futures, si on ne bouffe pas tout avant, sous forme de réévaluation de projets, de restes à réaliser, de détournements, de caisses noires… Simple question de bon sens, pourtant, si les recettes fiscales compensent le déficit, pourquoi parler de déficit, puisque cela voudrait dire qu’il n’y en a pas, de déficit ? Ni déficit prévisionnel ni déficit réel, les deux étant fictifs.

Et qu’enfin, le budget ne rend compte d’aucune réalité : on pose les prix du pétrole qu’on veut, et donc les recettes qu’on veut. On décide donc d’un prix prévisionnel appliqué au budget extrêmement et arbitrairement sous-estimé pour se mettre à l’abri et on invoque un prix “réel” pour nous rassurer sur la couverture du déficit. En gros, tout est fictif et, donc, pas moyen de voir clair de la destinée effective de l’argent du pétrole. La question politique de l’usage des ressources naturelles est traduite en simple problématique budgétaire, en palabres techniques. La moitié du programme, prévisionnel 2009-2014, est faite de dépenses visant à compenser les retards et les réévaluations du programme 2004-2008, mais les déficits successifs ont été absorbés, soit parce que l’économie et la société n’arrivent pas à absorber les dépenses prévues, soit parce qu’on puise dans des recettes pétrolières comme on puise dans des ressources illimitées, sans compter.

À quoi sert alors un budget fait de quantités fictives, dans ses emplois comme dans ses ressources ? À remplir une formalité légale ?
La structure du budget prévisionnel étant sans conséquence sur les capacités du Trésor à le financer donne au gouvernement cette assurance qu’on observe à travers la campagne d’explications menée par Djoudi. Et une assurance qui lui permet le luxe d’ignorer le niveau de rémunération de l’argent placé auprès du Trésor américain et les péripéties d’un billet de 2 000 DA qu’on a conçu, dit-on, à l’origine, comme faux !

Il n’y a pas que la maîtrise de l’épargne publique qui pose problème. Le risque est de passer de la dépense facile au gaspillage. Les réévaluations de salaires et les subventions aux produits alimentaires, mesures politiques préventives de troubles sociaux ou politiques, sont en train d’organiser un déséquilibre structurel impossible à résorber en cas de retournement brusque du marché pétrolier.

Pour combien de temps encore l’Algérie pourra-t-elle nous maintenir dans un niveau de vie totalement déconnecté de notre réalité économique ? Continuera-t-on longtemps à faire de l’après-pétrole un creux slogan et à financer des réponses sociales à une crise de gouvernance et à préparer ainsi la bombe à retardement qui, pour peu que le marché de l’énergie connaisse une significative réorientation, explosera entre les mains des dirigeants de demain ?

Source: Liberté

zmigri
08/06/2011, 00h26
je crois qu'on est bien parti pour une nouvelle decennie de gaspillage de l'argent publique et lorsqu'on touchera le fond à cause d'une baisse du prix des hydrocarbures on se tournera à nouveau vers le FMI...

Merci Monsieur djoudi pour avoir pensé aux future generations qui vont réclamer leur part de ce trésor englouti dans le paiement des fonctionnaires.

nacer-eddine06
08/06/2011, 00h54
http://www.algerie-dz.com/forums/showthread.php?t=210942

lorsqu'on touchera le fond à cause d'une baisse du prix des hydrocarbures on se tournera à nouveau vers le FMI...

le brut va se maintenir au dessus de cent dollars et aller crescendo

mediteraneo
08/06/2011, 02h32
rejouis toi solas.. le gaz algerien est eternel..

rachid75
08/06/2011, 06h40
le brut va se maintenir au dessus de cent dollars et aller crescendo
Jusqu'à quand l'avenir de l'Algerie restera lié aux fluctuations aux des prix de pétrole ? ça fait presque 30 ans qu'ils nous rabachent les oreilles que l'Algerie aller diversifier ses exportations yallou nada , yakhi incompétents...

Neutrino
08/06/2011, 08h38
Pour combien de temps encore l’Algérie pourra-t-elle nous maintenir dans un niveau de vie totalement déconnecté de notre réalité économique ? Continuera-t-on longtemps à faire de l’après-pétrole un creux slogan et à financer des réponses sociales à une crise de gouvernance et à préparer ainsi la bombe à retardement qui, pour peu que le marché de l’énergie connaisse une significative réorientation, explosera entre les mains des dirigeants de demain ?

Les Occidentaux n'ont pas de solution pour l'après le pétrole. Ils vont tellement en baver(l'Occident a déjà commencé à se paupériser), qu'ils auront l'impression de retourner à l'âge de pierre. Nous, c'est clair, le choc sera brutal. On a rien prévu du tout. On ne prévoit pas pour le court terme. nos réserves de change placées à l'étranger risquent à tout moment d'être gelées. Quand tu vois sa photo à Djoudi, tu trouves qu'il a l'air de pouvoir penser à 'après pétrole. Je pense que c'est déjà pas mal si'il retrouve le chemin de sa maison une fois sorti de son Ministère.

Il est évident que l'Algérie est dans une stratégie court-termiste. On vit au jour le jour. On vivote. Rabbi inoube. Comme pour tous les tiers-mondistes, l'après-pétrole, ce sera pour nous l'occasion de retourner dans les grottes peindre des fresques...

Il y a qd même qq chose de positif dans tout ça. La fin du pétrole va être marquée par la dernière grande invention de la physique. le rêve de tout physicien: la machine à remonter le temps.

zek
08/06/2011, 08h58
Près de 50 milliards d'euros ($75 milliards)de déficit

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Les mesures annoncées pour répondre à la grogne sociale en Algérie provoqueront un déficit budgétaire de 33,9% du PIB, selon le budget 2011 amendé, soumis pour la première fois au parlement dimanche par le ministre des Finances Karim Djoudi.

La Loi de Finances complémentaire (LFC) n'avait jusqu'à présent jamais été débattue par les parlementaires, pourtant acquis aux autorités avec 249 sièges de la majorité, sur 389.

Celle de cette année (LFC 2011) comprend de fortes dotations pour soutenir les prix des produits de large consommation, encourager l'investissement et la création d'emplois. Et elle ne prévoit aucun nouvel impôt ou taxe, a rapporté l'agence APS. L'idée est de relancer l'emploi et les PME et préserver le pouvoir d'achat des ménages.

Près de 50 milliards d'euros de déficit

En chiffre, cela se traduit par un déficit budgétaire de 4.693 milliards DA (environ 46,93 milliards d'euros), soit 33,9% du PIB. Ce déficit a fortement été creusé sous l'effet de la dépense publique, évaluée à 8.275 mds de DA (82,75 mds EUR), selon les explications du ministère des Finances.

La dépense de fonctionnement s'accroît de 857 mds DA (8,57 mds EUR) car le gouvernement a décidé de soutenir de nouveaux produits alimentaires de base (huiles et sucre) et de renforcer la dotation budgétaire aux produits qu'il subventionnait déjà (blé et poudre de lait).

Ces dépenses comprennent aussi l'augmentation des salaires avec l'application de nouveaux statuts de la fonction publique et l'ouverture de nouveaux postes budgétaires.

Le déficit provient également des dépenses d'équipement pour le logement, avec une augmentation de 797 mds DA (7,97 mds EUR).

Grèves et manifestations

La LFC 2011 prévoit 3,9% (6% hors hydrocarbures) de croissance économique et un taux d'inflation de 4%, contre 3,5% dans la loi de finances initiale.

Le budget du fonctionnement passera ainsi de 3.434 milliards DA (34,3 mds EUR) dans la loi initiale à 4.291 milliards DA (42,9 mds EUR), soit +24,95% d'augmentation. Celui de l'équipement, de 3.184 milliards DA (30,1 mds EUR), augmentera à 3.981 milliards DA (39,8 mds EUR, soit +25,04%).

L'Algérie est secouée par des grèves et manifestations quotidiennes sociales et politiques depuis les émeutes de janvier contre la vie chère, qui ont fait 5 morts et plus de 800 blessés. Le président Abdelaziz Bouteflika a promis le 15 avril des réformes politiques, actuellement objets de consultations.

Jeune Afrique

Neutrino
08/06/2011, 12h05
Les mesures annoncées pour répondre à la grogne sociale en Algérie provoqueront un déficit budgétaire de 33,9% du PIB, selon le budget 2011 amendé, soumis pour la première fois au parlement dimanche par le ministre des Finances Karim Djoudi.

en Algérie, on ne peut pas évaluer le déficit budgétaire. Tout simplement, parce que l'essentiel de l'économie est informelle, donc non sujette à imposition. L'évasion fiscale est énorme!

L’insouciance dépensière du gouvernement menace l'avenir de l'Algérie

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