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Voir la version complète : La Lune vient me surprendre


morjane
16/05/2003, 07h26
La lune vient me surprendre
Au détour d’une pensée
Je n’ai pas sus comprendre
Ce qu’elle me cachait

Soleil de mes nuits
Tristesse de ma vie
Tout ça s’est enfui
sans un bruit

Une porte qui claque
Un chien qui aboie
Une odeur de jasmin
et puis de pétrole
Un train qui m’emporte
une mer qui me jette
Et ainsi s’achève le festin

Une aube un matin
me prend par la main
Eperdu transie je la suis
J’avance à tâtons
j’ai peur de bouger
J’ai peur de tomber
Où vais-je donc aller?

Une route sans fin ,
un tunnel un matin
Une vie qui s’enfuis
dans la nuit

Vers qui vais-je aller
Confier mes chagrins?
Est-ce que l’amour aimera
Ma faim?

Un geste de l’ombre
M’emporte et je tombe
Quel est donc ce marais
où je vais m’engluer?

Une voix au loin me dit
« viens j’ai faim »
Je m’approche et soudain
tout reviens

Le matin s’installe
ma peur qui s’en va
La chaleur d’une main
Je n’ose trop y croire
Instant illusoire
Où me mènera cette histoire?

Une route sans fin,
un tunnel un matin
Serais ce mon destin ?

Morjane
16 Mai 2003

moms
20/09/2005, 16h51
:5: Je ne peux qu'applaudir!

morjane
20/09/2005, 17h42
Bonsoir moms,

En ressortant ce poème, c'est moi qui ai été surprise et merci de l'avoir apprécié.

Très belle soirée :4:

moms
21/09/2005, 01h26
La lune a rendez-vous ces jours-ci,
Dans sa robe blanche resplandissante de brillance.
Son compagnon est plus discret dans sa présence:
Il revêt un long pardessus comme par modestie.

Les étoiles de ces nuits sont toutes au balcon
Et parient sur son apparition imminente.
Elles sont comme affolées et se lamentent
Car celui-ci est accompagné d'un vent de guérison.

Au fur et à mesure qu'il recouvre de sa cape
La lueur de sa destinée, ceci par étape,
Le doute gagne du terrain sur les éclairés.
L'univers tout entier est là à s'impatienter.

Lorsqu'il aura totalement embrassé l'illuminée
Pour ne lui laisser paraître qu'un dernier sourire,
Alors le souffle de sa bénédiction et ses bienfaits
Règnera pour ceux et celles qui veulent guérir.

morjane
21/09/2005, 14h07
Bonjour moms,

C'est magnifique. En lisant ton poème c'est une onde de quiétude qui se pose dans la Rue.

Beaucoup de douceur, de sensation douce et intense. Une houle magique de poésie.

Merci de ce cadeau

moms
21/09/2005, 14h33
Quand l'inspiration est dictée par une maîtresse de ton niveau, tout va crescendo! Merci à toi, Morjane ;)

morjane
21/09/2005, 16h42
Merci Moms, mais la réciproque existe aussi et c'est celà qui est beau c'est l'apport de chacun et l'inspiration que peut susciter le bonheur de lire un poème ou un écrit qui va droit dans le coeur.
C'est pour ça que j'aime La Rue, parce qu'elle est riche grace à nous tous. Elle fleure bon ainsi et merci d'apporter tes effluves à ce jardin.

cassini
24/09/2005, 11h55
C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
Dans l'ombre,
Ta face et ton profil ?

Es-tu l'oeil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?

N'es-tu rien qu'une boule,
Qu'un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras ?

Es-tu, je t'en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L'heure aux damnés d'enfer ?

Sur ton front qui voyage.
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité ?

Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S'allonge
En croissant rétréci ?

Qui t'avait éborgnée,
L'autre nuit ? T'étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu ?

Car tu vins, pâle et morne
Coller sur mes carreaux
Ta corne
À travers les barreaux.

Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phébé
La blonde
Dans la mer est tombé.

Tu n'en es que la face
Et déjà, tout ridé,
S'efface
Ton front dépossédé.

Rends-nous la chasseresse,
Blanche, au sein virginal,
Qui presse
Quelque cerf matinal !

Oh ! sous le vert platane
Sous les frais coudriers,
Diane,
Et ses grands lévriers !

Le chevreau noir qui doute,
Pendu sur un rocher,
L'écoute,
L'écoute s'approcher.

Et, suivant leurs curées,
Par les vaux, par les blés,
Les prées,
Ses chiens s'en sont allés.

Oh ! le soir, dans la brise,
Phoebé, soeur d'Apollo,
Surprise
A l'ombre, un pied dans l'eau !

Phoebé qui, la nuit close,
Aux lèvres d'un berger
Se pose,
Comme un oiseau léger.

Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
L'histoire
T'embellira toujours.

Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.

T'aimera le vieux pâtre,
Seul, tandis qu'à ton front
D'albâtre
Ses dogues aboieront.

T'aimera le pilote
Dans son grand bâtiment,
Qui flotte,
Sous le clair firmament !

Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
Pied leste,
En chantant sa chanson.

Comme un ours à la chaîne,
Toujours sous tes yeux bleus
Se traîne
L'océan montueux.

Et qu'il vente ou qu'il neige
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m'asseoir ?

Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Peut-être quand déchante
Quelque pauvre mari,
Méchante,
De loin tu lui souris.

Dans sa douleur amère,
Quand au gendre béni
La mère
Livre la clef du nid,

Le pied dans sa pantoufle,
Voilà l'époux tout prêt
Qui souffle
Le bougeoir indiscret.

Au pudique hyménée
La vierge qui se croit
Menée,
Grelotte en son lit froid,

Mais monsieur tout en flamme
Commence à rudoyer
Madame,
Qui commence à crier.

" Ouf ! dit-il, je travaille,
Ma bonne, et ne fais rien
Qui vaille;
Tu ne te tiens pas bien. "

Et vite il se dépêche.
Mais quel démon caché
L'empêche
De commettre un péché ?

" Ah ! dit-il, prenons garde.
Quel témoin curieux
Regarde
Avec ces deux grands yeux ? "

Et c'est, dans la nuit brune,
Sur son clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Alfred de Musset