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conan
27/06/2011, 19h15
La langue berbère en campagne au festival Timitar

LEMONDE | 27.06.11 | 15h05

Envoyé spécial au Maroc - Kool & The Gang, formation de référence du funk américain, fondée en 1969 par le bassiste Robert Kool Bell, était le 24 juin à la 8e édition du festival Timitar d'Agadir, l'un des festivals marocains à forte identité, avec ceux d'Essaouira, de Fès ou de Marrakech, le plus ancien, dont la 46e édition est organisée du 29 juin au 3 juillet (Marrakechfestival.com).

Très populaire, Timitar a rassemblé environ 450 000 spectateurs du 22 au 25 juin. Il est doté d'un budget de 1,2 million d'euros, fourni à 60 % par des sponsors privés et 30 % par la région, dont l'ancien président est l'actuel ministre de l'agriculture et des pêches maritimes, Aziz Akhannouch. Il est encore présent, physiquement, et apporte une aide concrète, sur le festival.

Place Al Amal, devant la grande scène, il y a ceux qui connaissent Kool & The Gang, fiers de recevoir dans leur ville ce groupe historique du funk-disco, d'autres plutôt dubitatifs devant un show et une musique jugés "has been". Quand les Américains montent sur scène, la majorité des spectateurs ne montre en fait guère d'enthousiasme, indifférente à l'"événement". La fièvre viendra, immédiate, avec le groupe suivant, Oudaden, l'une des fiertés locales.

La formation historique (vingt-cinq ans d'existence), menée par Abdellah El-Foua (chanteur lead et banjo), chante en tachelhit, la langue berbère du Souss Massa Drâ, la région administrative dont Agadir est la capitale. Cette langue amazigh (berbère) qui parle à tout un chacun ici est la première star sur les scènes de Timitar, la plus choyée, la plus adulée. Pendant les concerts, des drapeaux flottent au-dessus des têtes et des cris fusent des rangs les plus jeunes du public, clamant la fierté d'être amazigh.

Cette langue, cette culture constituent le fil rouge de Timitar, festival de musiques du monde soucieux de valoriser le patrimoine de la culture amazighe, mais aussi de faire découvrir à la population d'autres sons, d'autres manières de jouer, chanter et vivre la musique ailleurs (avec cette année, entre autres, Goran Bregovic, Hindi Zahra, Amadou & Mariam, Sophia Charaï et la septuagénaire Calypso Rose, de Trinidad et Tobago, qui a fait un tabac).

Dans cette région du Grand Sud marocain, où la population berbérophone est majoritaire, et à quelques jours du référendum, le vendredi 1er juillet, sur la réforme de la Constitution, cette édition prend un sens particulier.

Le projet de Constitution reconnaît la langue berbère comme seconde langue officielle du Maroc. "C'est un acquis, commente Brahim El-Mazned, directeur artistique de Timitar, mais il y a maintenant un long travail à faire de mise en application, et qu'effectivement la langue berbère soit aussi présente que l'arabe, qu'elle soit utilisée dans l'administration, les tribunaux, enseignée dans toutes les écoles."

Dans les rues, autour de la place Al-Amal, on fait campagne. Des jeunes distribuent des tracts appelant à voter oui. Samedi 25 juin, sur la grande scène, la chanteuse amazigh Fatima Tabaamrant redit avec force son engagement et la nécessité du devoir de vigilance. En attendant de déguster un tajine fumant et parfumé, elle confie dans sa loge sa joie de voir reconnue enfin l'amazigh. Mais le plus important, nuance-t-elle, "ce sont les lois, les décrets qui vont organiser l'exécution de cette reconnaissance d'une langue, d'une culture marginalisées pendant des siècles".

Patrick Labesse Article paru dans l'édition du 28.06.11

LIXUS
27/06/2011, 19h53
Dans les rues, autour de la place Al-Amal, on fait campagne. Des jeunes distribuent des tracts appelant à voter oui.

Des makhzenistes, des baltajias ?:mrgreen::mrgreen:

yanis1963
27/06/2011, 20h12
salam

fonde par azoule :mrgreen:

yanis1963
27/06/2011, 20h17
Franchement un bon festival s ete a voir sa calme l est esprie la musique conan

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