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Voir la version complète : Rien de neuf sous le soleil


nacer-eddine06
07/07/2011, 07h20
Peut-être que le volume des marchés est en connexion directe avec le nombre de nouvelles intéressantes qui tombent sur nos téléscripteurs ? oui, je sais plus personne n'a de téléscripteurs, ni de Reuters d'ailleurs, mais ça fait toujours assez « vintage » - donc on dirait que moins il y a de nouvelles intéressantes, plus le volume fond comme neige au soleil. Pour ceux qui avaient encore un doute, nous sommes vraiment rentrés dans la période des « volumes d'été », et comme il ne se passe strictement rien, mis à part Strauss-Kahn qui n'arrive pas à ouvrir sa porte d'entrée et les agences de notations qui font parler d'eux, c'est plutôt calme et tout le monde attend des nouvelles des chiffres économiques. La première ébauche arrivera ce soir avec les chiffres ADP qui devraient, je dis bien « devraient » nous donner une idée de ce qui nous attend demain pour les chiffres « de-ce-que-vous-savez »... En attendant, c'est plutôt du réchauffé et à moins d'être un pays qui à l'extrême privilège de faire partie du PIIGS, les bilans journaliers sont plutôt mollachons.

Puisque les indices ne font pas grand-chose, pendant que les européens s'effritent à cause de la dette souveraine (très original comme argument), les américains sautillent à la hausse sans grandes justifications, puisque mis à part faire le malin sur Twitter et roder son show pour sa campagne de 2012, Obama ne fait rien pour régler le problème du plafond de la dette. Dans le doute les investisseurs continuent de nurser le bull market dans lequel nous sommes depuis deux semaines en espérant que les chiffres de l'emploi ne vont pas tout remettre en question. Hier les chiffres de l'ISM Non Manufacturing étaient légèrement plus faibles qu'attendus, mais pas assez faibles pour surprendre les intervenants et déclencher un sell-off et pas assez fort pour faire croire à qui que ce soit que l'économe va mieux... Donc, dans le doute abstiens-toi.

Peu ou pas de nouvelles « micro » on ne parle que très peu des sociétés individuelles, mais ça va changer très bientôt, puisque Alcoa va lancer la saison des résultats pas plus tard que la semaine prochaine. Nous sommes rentrés dans un espèce de « no man's land » où plus grand chose ne se passe et où la volatilité ne vaut plus rien ou presque, mais parions que vacances d'été ou pas, ça pourrait tourner très vite dans les jours qui viennent.

Non, pour le moment, le thème est ailleurs et les discussions ne tournent plus autour des marchés en eux-mêmes, mais c'est vraiment les problèmes de la dette souveraine qui prennent le devant de la scène. Les discussions vont bon train autour de l'art et de la manière de restructurer la dette grecque, sans que ça ne coûte l'argent aux investisseurs de base et sans que ça coûte de l'argent aux banques non-plus. Oui, sauf que ça va bien finir pas coûter de l'argent à quelqu'un, reste juste à savoir qui, mais on peut parier que Monsieur-tout-le-monde n'aura pas forcément son mot à dire, mais en revanche qu'il se rassure, il va pouvoir subir de plein fouet les conséquences...

Autre sujet qui est lié au surendettement, c'est les annonces des organismes de notations, plus connus sous le noms de « la triplette magique » ou de « bozo LES clowns » ou du « Muppet Show ». Au cas où vous ne l'auriez pas encore remarqué, S&P, Moody's et Fitch s'en donnent à coeur joie depuis quelques temps ; et que je te downgrade par-ci et que je te downgrade par-là, vous reprendrez bien un peu de downgrade et que toi je te mette ta dette sur « pourriture » et que toi je te tape sur le coin de la figure pendant que tu es à terre....

Non, décidément pour eux cet été, tout comme ce printemps est un terrain de jeu propice à tous les délires financiers.

Sauf que depuis hier, les politiciens commencent à en avoir marre de les voir tirer sur l'ambulance et de profiter qu'un pays soit à terre pour lui remettre un coup de pieds dans le gencives alors qu'il commençait à peine à reprendre ses esprits. Le dernier downgrade en date, celui de Moody's sur le Portugal, semble avoir été la goutte d'eau qui à mis le feu aux poudre et l'étincelle qui fait déborder le vase.

Le premier ministre Portugais a commencé à crier « au viol » et soudainement tout le monde s'est ligué contre la « triplette magique », tout le monde y allant de son commentaire sur la trop forte influence des organismes de notations, sur le mal qu'ils font aux pays qui ont déjà de la peine à trouver du financement et sur Ô combien ils devraient être régulés par les états eux-mêmes, bref que c'était tous des méchants et si à partir de demain tous les Gouvernement se donnaient la main pour mettre un gigantesque coup de pied dans les parties génitales de S&P et de ses frères, ça serait plutôt bien vu par la classe politique qui semble avoir ENFIN trouvé un terrain d'entente sur au moins un sujet... Si l'osmose était pareille sur la dette américaine, cela ferait longtemps qu'on ne parlerait plus de « plafond » mais de stratosphère...

Toujours est-il que vu le peu de chose qu'il y à raconter sur les marchés financiers, on peut peut-être prendre quelques instants pour se faire la peau de Moody's et autres...

Bon, tout d'abord vous ne pourrez pas dire que je ne l'avais pas dit, ces types-là NE SERVENT A RIEN ? si ce n'est foutre le bordel. Encore, il y a quelques années, ils tentaient de faire un minimum de « prévision », mais aujourd'hui tout ça est bien fini, on se contente de balancer des notes positives ou négatives, mais surtout négatives sur des sujets réchauffés et connus de tous. Venir downgrader le Portugal quand ils sont sous bailout et que cela fait des semaines que l'on en parle, c'est inutile et ça ne fait pas avancer grand-chose, c'est frapper un homme à terre et c'est mal. Mais il faut aussi que du côté des politiques on secoue un peu la tête pour égaliser le sable, ce n'est pas la première fois que cela se produit et avant qu'ils attaquent les dettes souveraines, il ne faut tout de même pas oublier que les organismes de rating se sont plusieurs fois « fait plaisir » sur des sociétés individuelles, mais ça forcément, ça intéresse moins...

nacer-eddine06
07/07/2011, 07h21
Maintenant il faut tout de même admettre également que leurs notations, leurs downgrades à deux balles et leurs visions sur l'état de telle ou telle dette, n'ont de valeur que celle que l'on veut bien leur donner. Le jour où les financiers les ignoreront, ils pourront toujours sauter, crier, hurler, ça ne changera rien à la photo finish... Vous pouvez louer une page entière du Wall Street Journal pour annoncer que VOUS pensez que le S&P500 va à 2500 dans trois semaines, si personne ne prête attention à la page en question, ça ne changera rien à la vie des marchés. Donc si ces trois clowns ont de l'impact sur les marchés, c'est parce qu'on leur donne de l'importance, si on se met tous d'accord pour les ignorer, le problème se réglera de lui-même.

De plus on sait déjà tous qu'ils ne servent à rien et qu'ils ont systématiquement un train de retard. Donc, utilité zéro. Moi aussi je peux écrire un bouquin pour dire que l'eau ça mouille, que les oiseaux volent et qu'après avoir bu un litre de pastis on tombe par terre. Je n'ai rien inventé. Comme S&P, Moody's et Fitch. Ils enfoncent des portes ouvertes et écrivent des évidences comme le nez au milieu du visage. Oublions-les ou utilisons-les pour ce qu'ils sont : des indicateurs contrariants. Parce qu'une chose est sûre, quand S&P vient downgradé un truc, la bonne nouvelle c'est que le fonds de la tasse est proche. Je crois d'ailleurs qu'un des trois comiques à quand même réussi à downgradé GE au plus bas de tous les temps à 2 jours près... Même le meilleur des traders n'a pas réussi à choper un timing aussi parfait...

Dernier chapitre au sujet des organismes de rating ; je lisais ce matin que certains « politiques » pensaient qu'ils devraient être réglementés par les Gouvernement ? bipppppppp - mauvaise réponse. Manquerait plus que d'ajouter le fonctionnariat à l'incompétence, (no comment). Non, il y a deux solutions, soit on les accepte tels qu'ils sont et on se marre doucement quand ils viennent faire des grands effets de manche à deux balles et on les laisses se ridiculiser sans paniquer comme on le fait de temps en temps, soit on fait intervenir les Navy Seals (Team 6) et on les fout tous à la mer. Ceci dit, quand on voit la réaction des marchés au downgrade du Portugal de mardi, je crois qu'il faut envisager la solution radicale....

L'un dans l'autre, l'Europe termine légèrement plus faible, les USA légèrement plus forts et le P et le premier I de PIIGS, franchement au fond du trou. Alors que l'on connait les problèmes du Portugal, l'Italie est en train de faire une remontée fulgurante au classement des prochains pays à se faire laminer. Et puis la dernière Berlusconnerie en date n'a pas forcément aidé non plus à trouver la sérénité dans la banlieue de Milan. Le George W. Bush italien a essayé de faire sauter une amende que devait payer Finninvest (SA société) dans le plan d'austérité italien qui doit être voté fin juillet. Bref, le sketch continue et tout le monde trouve ça normal.

Les titres bancaires sont toujours aux soins intensifs, l'or remonte la pente et termine au plus haut depuis trois semaines, ce matin l'once d'or est à 1531$. Le pétrole ne faisait pas grand-chose en attendant les chiffres des inventaires prévus ce soir. Pour le moment le WTI est à 97.33$ et le Brent à 113.98$. Selon un « spécialiste » le prix du baril était dirigé par, je cite : « la hausse des taux d'intérêt en Chine qui pourraient causer un ralentissement de la demande (bien sûr) sans compter l'incertitude sur le sujet de la Grèce et du Portugal qui pourrait changer la structure elle-même de la demande sur le baril ».... Alors là, je dois dire que je m'incline. Cette phrase il a du la préparer depuis des semaines. Il veut donc nous faire croire que les traders pétrole intègrent toutes ces données avant de faire un trade et que ce soir si il y a une différence de 100'000 barils, le prix va bouger de deux pourcent dans un sens ou dans l'autre... à d'autres... Moi, je pense que le pétrole a bougé hier parce qu'il y une forte corrélation entre le nombre de Twitt's sur DSK, multipliés par le nombre de jours restant pour augmenter le plafond de la dette, divisé par 3.141116.

Le Dow Jones termine à 12626 en hausse de 0.45%, le S&P avance de 0.10% à 1339, hâte-toi lentement vers tes records, Londres reculait de 0.35%, Paris de 0.44% alors que Francfort limitait la casse avec une baisse de 0.11%, à Milan et au Portugal ce fût mémorable avec un recul de 2.44% pour le Berlusconi Stock Exchange et de 3% à Lisbonne.

Ce matin, l'Asie est en hausse, sauf le Japon qui recule de 0.2% entrainé par le secteur automobile qui s'attend à une année pourrie. En revanche Hong Kong avance de 0.63% entrainé par les banques ? une fois n'est pas coutume ? Après sa troisième hausse des taux de l'année, la Chine avance tout de même de 0.24%. Les Experts à Shanghai pensent que cette série de hausse des taux n'est pas encore finie.

Et puis la tournée mondiale de Roubini continue dans tous les plus grands stades et sur tous les plateaux de télévision. Hier il était sur CNBC pour nous abreuver de sa science. Il pense que la deuxième partie de l'année sera meilleure que la première.................attendez là, il a fait un commentaire positif !!!! ROUBINI A FAIT UN COMMENTAIRE POSITIF.........

Ouch, faut tout vendre. Le crash est pour demain.

Visiblement il s'est que dit que quand il faisait des commentaires négatifs, le marché montait, il doit essayer la technique inverse. Cependant si on va plus loin dans son discours, on se rend compte que, chassez le naturel il revient au galop. 2012 sera une année pourrie par des mesures fiscales et 2013 sera une « perfect storm », comme le film de George Clooney (what else !), En même temps comme les mayas ont annoncé la fin du monde en 2012, ce qui se passera en 2013 importe peu. Mis à part ça il prévoit également que l'emploi restera très faible et qu'il attend une correction (ça, il l'attend depuis les 666 du S&P500), en revanche pas de chute de météorites prévue, ni de retour de la peste bubonique.

Facebook va lancer un système de vidéo-calls avec Skype. Warren Buffet est intéressé par acheter la division prêt à la consommation de Citigroup. Kinetic, le fabricant de lits d'hôpitaux pourrait retourner dans le privé alors qu'ils sont en discussion avec BlackStone pour Leverage Buy Out de 5 milliards, soit 700 millions de plus que sa valeur de marché.

Cette après-midi la BCE va annoncer sa seconde hausse des taux de l'année - selon 55% des économistes ? à 13h45 la Banque Centrale annoncera sa décision, puis Trichet parlera pour nous expliquer tout cela dans la foulée, son discours sera également très attendu au sujet de la Grèce. En ce moment, son job est à peu près aussi enviable que de se couper les ongles à la tronçonneuse.

Pour le moment, maintenant que Moody's a fait son downgrade et que c'est digéré, on peut espérer que l'Europe se reprenne un poil, si S&P ne vient pas faire la même chose sur l'Italie ou l'Espagne, ce qui ne saurait tarder, à moins que ce soit Fitch. Les futures américains sont en hausse de 0.46%, c'est de bonne augure pour la journées, mais les chiffres de 14h30 ont le pouvoir de transformer la journée en quelques secondes. Les chiffres ADP, les Jobless Claims et le Monster Employment seront les articulations de la séance. Il y aura aussi les chiffres du gaz et du pétrole, mais ils n'intéresseront que les génies du NYMEX.

Voilà, je me suis un peu étalé ce matin, mais il fallait que ce soit dit. Je vous souhaite une belle journée et si vous travaillez chez un des trois de la triplette magique, une encore plus belle. A demain, si vous le voulez bien !!!

Morningbull

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