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Voir la version complète : la pire sécheresse en 60 ans


illumination
19/07/2011, 17h12
Une crise humanitaire
« Crise sans précédent », « tragédie humaine inimaginable », situation au « coût humain catastrophique » : la pire sécheresse qu'ait connue la Corne de l'Afrique en 60 ans menace la survie de centaines de milliers de personnes, une situation qui alarme les organisations humanitaires.

La sécheresse entraîne dans son sillage un cortège de maux préoccupants : épuisement des réserves de nourriture, hausse du prix des denrées de base, mort du bétail, malnutrition, déplacés et réfugiés qui se comptent par centaines de milliers, viols, morts qui se dénombrent par centaines.

La situation est particulièrement critique en Somalie, où la sécheresse vient s'ajouter à la guerre civile, forçant un grand nombre de paysans à fuir les régions rurales du sud et les plaines avoisinantes.

J'estime que la Somalie est le théâtre de l'une des pires tragédies humanitaires au monde.

— Antonio Guterres, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés

La famine a également atteint Djibouti, l'Éthiopie, le Kenya et l'est de l'Ouganda, principalement la région de Karamoja. Dans ces pays, l'arrivée des réfugiés somaliens vient aggraver le problème.



Quelque 10 millions de personnes auront besoin d'une assistance alimentaire dans la région au cours des prochaines semaines, a estimé le Programme alimentaire mondial (PAM) le 8 juillet dernier. L'agence onusienne précise que le nombre de personnes nécessitant une aide d'urgence pour survivre est de 40 % plus élevé qu'au début de l'année 2011. Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables.

Plusieurs organismes onusiens, dont le PAM et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), ont tiré la sonnette d'alarme. L'ONU a même convoqué une réunion d'urgence avec les responsables des différentes agences de l'ONU. De nombreux organismes non gouvernementaux, dont une coalition canadienne, appellent eux aussi à l'aide.




Deux mauvaises saisons de pluie consécutives ont causé la pire sécheresse depuis 1950, engendrant notamment une baisse alarmante de la production de grain. On constate par conséquent une hausse du prix des denrées de base, dont les céréales, certains aliments coûtant jusqu'à 300 % de plus qu'il y a un an.

Autre effet : des taux de mortalité importants dans les populations de bétail. Même les chameaux succombent à la chaleur. La mauvaise santé des bêtes restantes fait en sorte qu'elles ne donnent plus de lait.

Le nombre de personnes souffrant d'une insécurité alimentaire grave a ainsi dramatiquement augmenté sur une courte période de temps. Au 28 juin 2011, le nombre de Somaliens en situation de crise alimentaire a été estimé à 2,85 millions, soit 19 % de plus qu'en janvier (2,4 millions).

Selon la Food Security and Nutrition Analysis Unit-Somalia (FSNAU), la crise pourrait même s'aggraver au mois d'août.

En Somalie, une malnutrition aiguë affecte un enfant sur quatre. Il s'agit d'un taux parmi les plus élevés au monde. L'UNICEF estime par ailleurs que plus de 2 millions d'enfants souffrent de malnutrition dans toute la corne de l'Afrique.

L'organisme estime que 500 000 enfants sont en danger de mort.

Radio Canada

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