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Gandhi
21/07/2011, 15h49
Quand un empire s’écroule...

Le business contre le journalisme

Murdoch, un empire médiatique planétaire

Le citizen-aventurier Murdoch : ses succès, ses pratiques, ses relations..son déclin.


Tout empire, par sa puissance même, qui le conduit fatalement aux pires excès, finit un jour par se déliter..

Un scandale à plusieurs niveaux. Nous assistons à un délabrement inouï qui touche, de proche en proche, toute l'"anglosphère".


Il ébranle l'Angleterre. Le scandale des écoutes est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Des méthodes de pirate qui compromettent beaucoup de monde.
A la tête du Sun, "Rebekah Brooks aura toujours invoqué la liberté de la presse pour museler les consciences. Elle fut l'extraordinaire icône et porte-voix d'un cartel, qui a sciemment confondu le droit à l'information et la dictature de la transparence ; l'enquête et la manipulation ; les grands principes et le petit sensationnel ; le contrôle démocratique et l'enfumage aliénant. Cette étonnante Trinité – Murdoch, son fils et leur Saint-Esprit Rebekah – se réclame de ce qu'elle détruit : l'émancipation. Les grands moyens de communication sociale sont devenus, entre leurs mains, des instruments de domestication. Ils ont mené des tests sur l'être humain, réduit à rien comme dans une pièce de Beckett. À leurs yeux, le lecteur est un cobaye et le téléspectateur un sujet d'expériences politiques..." (Mediapart)


L'homme le plus puissant de l'univers des medias déclenche aussi une polémique aux USA, étant donné sa position dominante, dans une multitude de sphères, médiatiques et politiques.


Entre business et politique, l'homme a fini par devenir si compromettant que l'on taisait en haut lieu ses pratiques.


Le magnat des médias fut le suppôt des néo-conservateurs et continua à s'allier aux républicains les plus extrêmes. On sait qu'il s'engagea aux côtés de Tea party.
"...En s’emparant du Wall Street Journal et de Newsday, Murdoch a un peu plus consolidé son emprise sur les médias et sur le débat politique aux Etats-Unis.

Il possède déjà le studio hollywoodien Twentieth Century Fox, la chaîne de télévision Fox et 35 télévisions locales qui, ensemble, touchent 40% du pays. Ce à quoi il faut ajouter la chaîne National Geographic, 19 chaînes régionales consacrées au sport et la chaîne câblée d’infos Fox News. Cette dernière, véritable outil de propagande ultra-conservateur, a dépassé en 2002 les audiences de CNN et reste aujourd’hui la n°1 en nombre de téléspectateurs. Selon le magazine Business Week, « à tout moment, au moins un foyer américain sur cinq regarde une émission produite ou livrée par NewsCorp » la holding de Rupert Murdoch. Ce papivore est aussi le patron de 177 quotidiens à travers le monde, y compris en Royaume-Uni, où il possède l’hebdo au plus fort tirage du pays, The Sun. Sans oublier le Times de Londres, le Times du dimanche et le tabloïd trash News of the World. Murdoch est aussi bien implanté sur le Net depuis le xrachat en 2005 du très populaire réseau de « networking » social MySpace (108 millions d’internautes inscrits) et devrait renforcer sa présence grâce au puissant partenariat qui vient d’êtreagréé entre MySpace, Microsoft et Yahoo (Forbes du 10 avril).

Et Rupert Murdoch qui est un conservateur pur et dur n’hésite pas à instrumentaliser son empire médiatique pour tirer l’Amérique vers la droite. Sans surprise, il a apporté un soutien sans failles à George W. Bush qu’il a loué comme « un homme de grande moralité et d’humilité profonde ». Pour Murdoch, ses titres de presse sont autant d’armes destinées à servir ses points de vue ultra-conservateurs comme ses intérêts commerciaux. Aussi bien dans les colonnes de « news » que dans les éditoriaux de ses médias..."

On le pensait indéboulonnable... comme le Citizen Berlusconi. La descente aux enfers ne fait que commencer. Il va entraîner avec lui bien du monde de haut rang, qui a favorisé son ascension et ses méthodes, ses tentatives de contrôle de l'opinion. Il réveille le spectre des subprimes, mettant en évidence l'absence de régulation de la part des investisseurs qui ont contribué à sa montée en puissance. Ne disait-il pas : "Le meilleur régulateur est un régulateur mort" ?...

Enfin ! le début de la fin de la presse sous tutelle ?
On peut rêver...

Gandhi
21/07/2011, 15h56
Une presse de plus en plus sous tutelle

__Depuis des années, les médias passent peu à peu, mais inexorablement, sous le contrôle de certains groupes économiques et financiers, avec une concentration et une homogénéisation de plus en plus marquées, qui nuit évidemment à une diversité démocratiquement nécessaire, formatrice de l'opinion. Il suffit pour s'en convaincre de voir qui possède les medias.

__L'affaire du Monde est une des récentes tentatives en ce sens , sans parler de la volonté affichée ces jours-ci par Dassault de prendre le pouvoir au Parisien, avec l'intention déclarée de restaurer les "idées saines" (sic!). "
"...Quand on connaît la conception de l'information qu'a Serge Dassault -« faire œuvre de militantisme politique » - la nouvelle a de quoi inquiéter. En rachetant Le Figaro en 2004, il disait vouloir y publier « des idées saines ». Comprendre : les idées de l'UMP. Le directeur du quotidien Etienne Mougeotte, en contact régulier avec Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Brice Hortefeux, applique la recette avec zèle.Frustré après le rachat du Monde par trois millionnaires (Pigasse-Niel-Bergé) dont deux sont classés à gauche, Nicolas Sarkozy aurait encouragé le rachat de 100% du Parisien par le groupe Dassault. Voici ce qu'il aurait confié à des journalistes après le changement de mains du quotidien du soir en juin, selon L'Express :« Vous n'avez rien compris, ce n'est pas l'avenir du Monde qui est important et qui m'intéresse, mais c'est le sort du Parisien !
-«Le Parisien»: le nouveau mirage de Serge Dassault :
"...L'argent ne devrait pourtant pas être un problème pour Serge Dassault puisque l'Etat vient de valider l'achat de onze nouveaux Rafale pour 800 millions d'euros. «C'est un mélange des genres habituel dans le sarkozysme, estime Patrick Bloche, secrétaire national du Parti socialiste chargé des médias. Deux grands quotidiens nationaux d'information se trouveraient alors dans les mains d'un seul homme
dont le groupe vit des commandes de l'Etat. C'est un enjeu majeur, à cause de l'impact d'un grand journal populaire comme Le Parisien sur l'opinion. Nous craignons que la rédaction subisse quotidiennement la pression pour relayer la communication du gouvernement comme le fait Le Figaro, qui publie des sondages payés par l'Elysée, par exemple...» ___La presse (encore relativement) indépendante, critique, gène...

La presse, les medias en général sont en repli.

Le projet politique qui sous-tend cette volonté de contrôle de l'opinion apparaît évident, même s'il prend des formes masquées ou détournées. La collusion entre le monde monde des affaires et l'équipe au pouvoir apparaît avec évidence, sur ce plan comme sur d'autres, même si les intérêts communs ne sont pas publiquement explicités. La présidence suit de près le problème...
Media control, comme aux USA? Une évolution à la Murdoch?

__Le bilan est aussi inquiétant aux Etats-Unis , où la crise et le développement de la presse en ligne accélère le processus. Une presse victime de ses propres dérives. "...La cause du collapsus de l’industrie journalistique est à rechercher dans sa perte de diversité. Le modèle du monopole a dominé l’industrie vers le milieu du XXème siècle. Dans presque toutes les villes des Etats-Unis, il y avait un quotidien dominant, soutenu par une économie de plus en plus puissante qui faisait une concurrence acharnée aux autres. A la fin du siècle, il ne restait qu’un seul journal local dans environ 98 % des villes étasuniennes.Les monopoles menaçaient la démocratie, et les quotidiens sont devenus des gardiens des nouvelles régionales dont le contrôle permettait de dominer la politique locale et de s’arroger un pouvoir illimité..."

-États-Unis : l’hyper-réalité d’une presse commerciale en pleine décadence
-Mediastudies bookstore
-Le Centre de formation des journalistes saisi par l'argent-roi

Publié par Marcel Thiriet

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