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Voir la version complète : La colonie tunisienne en Arabie Saoudite - Fortunes diverses


zek
23/07/2011, 18h41
Ils sont, aujourd'hui, 40.000 Tunisiens en Arabie Saoudite. Comment y vivent-ils ? Sont-ils bien dans leur peau ? Quel sort les attend ?

Premier constat : près de 80% de la colonie tunisienne sont basés dans la capitale économique du royaume : Jeddah. Ils exercent dans plusieurs secteurs, particulièrement dans les services. Mais aussi dans le commerce privé qui, lui, ne cesse de se développer grâce à sa diversité et aux meilleures opportunités d'investissements qu'il offre.

«Rien ne vaut le secteur privé, affirme Hatem B., un vieux résident tunisien à Jeddah, spécialisé dans l'import-export, qui précise que «ce secteur assure un champ de manoeuvre plus large et génère des recettes consistantes, à condition toutefois de respecter la loi du marché où est bannie et sévèrement sanctionnée toute tentative de tricherie.

J'y suis depuis 1978 et je n'ai pas à le regretter, en dépit d'une concurrence de plus en plus agressive des filiales égyptiennes et asiatiques.» Même thèse soutenue par son compatriote Néjib A. (38 ans) qui semble se plaire dans ses navettes entre Tunis et Jeddah. «Les temps sont durs. Mais loin de moi l'intention de changer, étant donné que les bons services sont royalement récompensés». Omniprésent dans le secteur de l'artisanat, son terrain de prédilection, notre interlocuteur assure que ses économies devraient permettre d'élargir son champ d'activité sur place, car «le retour au pays n'est pas pour demain», affirme-t-il.

En revanche, des perspectives incertaines se profilent pour plusieurs émigrés tunisiens exerçant dans l'administration, les autorités saoudiennes ayant décidé récemment de mettre en route un plan de restructuration visant à privilégier les cadres nationaux au détriment du personnel de nationalité étrangère. Cette option qui touche particulièrement les spécialités de l'informatique et de l'ingénieurat coûtera leurs postes à des centaines de Tunisiens. «On nous a déjà averti que nos contrats ne seraient pas renouvelés», déplore Hassen R., informaticien dans une société saoudienne d'investissement basée à Jeddah.

«Je n'ai plus, regrette-t-il, qu'à préparer mes valises après 16 ans d'exil.» D'autres Tunisiens vivant dans le royaume ne sont pas mieux lotis. Eux qui exercent de durs métiers (transport de marchandises, ramassage des ordures ménagères, génie civil, exploration pétrolière, etc.) ne semblent plus supporter les travaux pénibles sous la canicule saoudienne. «ça y est, je n'en peux plus», déplore Hamadi. F. (52 ans), maçon dans une entreprise de bâtiment, qui invoque «la rigueur implacable du climat, la cherté de la vie et l'impitoyable concurrence égyptienne et pakistanaise».

Dans un camp militaire

Jalel B.H. (48 ans) est, lui, un cas spécial. Technicien supérieur dans un département naval relevant du ministère saoudien de la Défense, émigré depuis voilà 23 ans en Arabie Saoudite, il semble bien dans sa peau. «Dieu merci, lance-t-il, tout marche comme sur des roulettes. Je gagne bien ma vie, et le mal du pays n'en est plus un», avoue-t-il en nous faisant visiter sa résidence étatique luxueusement équipée dans... un camp militaire bien gardé et où rien ne manque (piscine, restaurant, terrains de tennis, etc.). Un camp presque coupé du monde extérieur!

N'a-t-on pas dit que nos émigrés dans le royaume connaissent des fortunes diverses ?

La Presse.tn

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