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Voir la version complète : La Tunisie souhaite devenir un centre financier islamique


zek
27/07/2011, 15h41
Les autorités tunisiennes espèrent que le pays pourra devenir une plateforme régionale de l'activité bancaire islamique, créant des milliers d'emplois pour les citoyens.

Dans un climat politique libéré et un marché ouvert en plein développement, la Tunisie cherche à devenir un centre de la finance islamique au Maghreb.

La banque islamique a été l'objet d'un récent forum organisé à Gammarth, où experts, banquiers et responsables politiques ont parlé des moyens de faire de la Tunisie le leader régional en matière d'opportunités économiques. Cette conférence des 15 et 16 juillet, organisée par le Conseil général des banques islamique et des institutions financières (CIBAFI), a également abordé les sujets de l'innovation et de la formation dans ce secteur émergent.

Le ministre tunisien des Finances, Jelloul Ayed, a déclaré aux participants qu'actuellement, 96 pour cent des ressources financières provenant des activités bancaires islamiques sont investis en-dehors des Etats musulmans, ce qu'il considère comme autant d'occasions manquées.

Il a également indiqué que la Tunisie pouvait faire de la finance islamique une source de financement de ses besoins immédiats, estimés entre 30 et 40 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Il a fait savoir que les prêts actuels de la Tunisie, provenant de la Banque islamique pour le développement, se montent à 500 millions de dinars répartis sur différents secteurs.

A cet égard, le ministre a annoncé que les autorités tunisiennes cherchaient à développer un cadre légal pour réguler ce secteur. Il a également parlé de projets de création d'un fonds de richesse souverain baptisé "Fonds pour les générations futures".

Au niveau du Maghreb, Ayed a souligné que les efforts des pays du Maghreb en faveur de l'intégration devaient se poursuivre et s'intensifier, pour couvrir en fin de compte l'ensemble des domaines financiers et économiques. Il a ajouté que l'intégration à laquelle aspirent les peuples du Maghreb fournirait de plus grandes opportunités de croissance pour l'ensemble de la région, qui compte près de 85 millions d'habitants et affiche un PIB approchant les 400 milliards de dollars. Certaines études estiment que ce manque d'intégration coûte au Maghreb 2 pour cent de la croissance de son PIB annuel.

"Si nous savons, par exemple, qu'un point de croissance en Tunisie peut apporter des emplois à quelque 20 000 personnes en moyenne sur l'année, alors ce pays a perdu près de 400 000 emplois au cours des dix dernières années", a indiqué le ministre. La finance islamique représente une occasion importante de contribuer aux besoins de financement du Maghreb et de l'aider à mettre en place des projets conjoints, selon Hussein Mohamed Al Meeza, vice-président de la banque Al Salam en Algérie. Il a également souligné la résilience des banques islamiques lors des chocs économiques et des crises fiinancières.

Mais la réalité de l'activité bancaire islamique ne semble pas correspondre à cette image d'Epinal, dans la mesure où elle se trouve confrontée à de nombreux défis, selon le secrétaire général du CIBAFI, le Dr Ezzedine Khoja, qui a précisé que la finance islamique doit répondre aux différentes écoles de la loi islamique, ainsi qu'à l'absence de normes internationales applicables à ce type d'institutions bancaires, comme la norme "Bâle", malgré l'existence d'une instance de comptabilité et d'audit dans ces institutions.

La plupart des banques islamiques s'attachent à la finance plutôt qu'à l'investissement direct, et 75 pour cent des avoirs des banques commerciales islamiques sont investis dans des produits à court terme, avec une proportion d'investissement direct à long terme qui ne dépasse pas 2 pour cent, selon Khoja.

La mondialisation constitue également un défi du fait d'une concurrence de plus en plus intense, alors que les banques traditonnelles arabes et étrangères font leur entrée sur le marché islamique de l'investissement, en plus des enjeux en termes de rythme soutenu grâce aux nouvelles technologies.

La faible capacité de certaines banques islamiques à innover, couplée au manque de ressources humaines suffisamment formées, entraîne d'une part une incapacité à gérer des liquidités avec l'efficacité requise, et à rassurer et à attirer les clients, de l'autre, explique Mohamed Habib Kchaou, directeur général du Centre pour l'investissement et la formation en finance islamique (CAFI) en Tunisie. Il a ajouté que le CAFI envisage de proposer un diplôme en banque islamique à compter de septembre prochain.

Par Mohamed El Hedef pour Magharebia à Tunis – 26/07/11

maB2rOc
27/07/2011, 16h43
inchallah on vous souhaite un bon developpement

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