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Voir la version complète : Une victoire stratégique de l’ALN, la bataille des frontières (de janvier à mai 1958)


zek
15/05/2006, 09h21
Bonjour, grâce à ses 20 000 sous-officiers et officiers qui ont déserté l'armée française, même si certains l'on quitté en 61, on peut dire que l'indépendance de l'Algérie était déjà acquise, victoire militaire de l'armée française dite-vous ! Oui mais victoire à la Pyrrhus.
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Dans son ouvrage L'Algérie française,. Philippe Heduy, préfacé par Jacques Soustelle, a donné le bilan des pertes, au cours de la bataille qui avait opposé l'ALN à l'armée française, sur le front de la ligne Morice, de Bir El-Ater à Bouhadjar, durant les quatre premiers mois de l’année 1958.
L’auteur relate : «Au début de 1958 commence la bataille des frontières car les bandes de l’ALN à l'échelon des katibas (compagnies) vont tenter de franchir cette «ligne Morice» pour pénétrer en Algérie. Un système de protection mobile (la Herse) et de poursuites menées par des régiments parachutistes est mis au point par le Général Vanuxem -Victoire totale- Durant les quatre mois de la bataille à la frontière algéro-tunisienne, les Fellagas perdront 4 000 hommes, tués, 588 prisonniers, 350 armes collectives, 3 000 armes individuelles (pour 279 tués et 758 blessés du côté français). »

En réalité, le bilan des pertes de l'armée française a été lourd, si l’on se réfère au général Gaget, dans l'ouvrage «La saga des Paras» et de Patrick Charles Renaud, relatif au dispositif de l’aviation dans l’importante bataille d'El-Mouadjène (Souk Ahras). Le général Vanuxem, commandant de la zone du Nord-Est constantinois, après l’achèvement de la ligne Morice, au mois de décembre 1975, avait déployé cinquante mille hommes, composés au Nord, par la 11e DI et la 2e DIM, et au Sud par la DB (Blindés). Il avait en face de lui, une force de l’ALN, évaluée à 5 000 hommes, commandée par le Comité opérationnel militaire, dont le PC était installé dans le village tunisien du Kef. L'armée française s’attendait à une offensive de l’ALN, constituée en katibas destinées à ravitailler l’intérieur du pays. Ces katibas formées en convois d’armes et d’équipement, reçurent l’ordre de franchir la ligne «Morice», en pratiquant des tranchées, sous les haies électrifiées haute tension. Appuyées par les bataillons de la Base de l’Est, les convois d'armes furent aux prises avec l'armée française positionnée en défensive. Certes, au cours de combats meurtriers, l’ALN livra des combats héroïques. Le 4e Bataillon, dirigé par le lieutenant Youssef Latrèche, réussit à capturer les soldats de la 2e et la 3e compagnie du 9e régiment des commandos parachutistes du colonel Buchoud. Cerné de toutes parts, le 4e bataillon dut achever les prisonniers à l’arme blanche, y compris le capitaine Beaumont, chef de la 3e compagnie et le capitaine Gueguene du 1e REP.

La suite...

zek
15/05/2006, 09h23
Après une reconnaissance aérienne, le colonel de Okborne, adjoint du général de la 11e division d’infanterie (PC à Souk Ahras), a failli être abattu à bord de son hélicoptère. Il fut consterné par la déconfiture du 9e régiment des commandos parachutistes qui ne put se dégager de l’encerclement sur le côté 721 (Sud-Ouest de Souk Ahras), malgré l’intervention des 2e, 4e, 9e, 14e et 18e régiments de commandos parachutistes. Même le 1e REP du colonel Jean-Pierre venu à la rescousse n’a pu rien faire, ayant perdu plusieurs officiers et soldats. Le colonel De Okborne décida de faire intervenir une flotte aérienne, d’une centaine d’avions, composée comme suit :
- Escadrilles de 44 «T.6» (Type 12/72).
- 23 Bananes (Transport de Paras).
- groupement d’hélicoptère n°2
- 14e Flottille de Corsaires de la 14F (2 abattus).
- 8 Mistral (avions à réaction) dont 2 touchés de l’escadrille de chasse 2/6 Normandie-NIemen
- 7B26 du GB 1/91 (2 touchés). Ces avions utilisèrent le napalm sur les rescapés du 4e bataillon dont faisait partie le lieutenant Youssef Latrèche.
-Pipers du PA du 11e DI et 3 broussards de l’EL-13 (observation et reconnaissance).

L’opération aérienne d’appui aux forces terrestres a eu lieu à El- Mouadjène, du 1e au 3 mai 1958. Une vingtaine de légionnaires se rendirent à l’ALN et regagnèrent le territoire tunisien. Des petites unités de l’ALN, rescapés de l’encerclement, rejoignirent l’intérieur du pays. L’une d’entre elles sera interceptée au djebel Roknia (35 km à l’ouest de Guelma), par le 1e REP (régiment étranger parachutistes). Heureusement qu’une forte katiba de l’ALN, dirigée par Dahmoune Tahar et Ben Dahmane Khelifa est venue épauler les rescapés de la bataille de Souk Ahras. Le colonel Jean-Pierre sera abattu à bord de son hélicoptère. Les légionnaires laissèrent sur le terrain une quarantaine d’hommes.

Bien avant l’importante bataille où périt presque l’ensemble du 4e bataillon, au mois de février, Sebti Boumaâraf, avec un important commando, engagea un combat près de Zarouria, tandis qu’une forte unité de la Wilaya I, entre Bir El-Ater et Negrine, infligea une cuisante défaite aux Bérets rouges (3e REP) du colonel Bigeard. L'adversaire reconnaît lui-même que durant la bataille des frontières, plus de mille soldats ont été touchés par les balles de nos moudjahidine dont le tiers fut tué. De notre côté, si nous avons eu 4 000 combattants tombés au champ d'honneur, les 588 prisonniers furent la plupart blessés avant d’être capturés, Car dès que le moudjahid est blessé , il ne peut pas être évacué vers l’ arrière. Par contre, le soldat français dispose de l'hélicoptère, de l’ambulance, du centre de soins et enfin de l’hôpital. Si l’armée française ne disposait pas de l’aviation, elle aurait perdu toute la bataille, car les combattants algériens ont été plus courageux et plus résistants que les soldats français. D'ailleurs l'armée française utilisait comme fer de lance des Légionnaires d’origine étrangère.
M. Brahim Lahrèche Chercheur en histoire

15-05-2006
M. Brahim Lahrèche
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