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Voir la version complète : Deux ans après la LFC 2009: Réduction des importations : pourquoi le gouvernement a échoué


LIXUS
31/07/2011, 13h09
Il y a deux ans, le 28 juillet 2009, la Loi de finances complémentaire (LFC 2009) entrait en application. Elle introduisait plusieurs restrictions notamment en matière d’investissements étrangers et de transferts de devises. L’objectif affiché à l’époque était de réduire fortement les importations qui venaient de dépasser les 39 milliards de dollars. Mais deux ans après l’introduction de ces mesures, le constat est sans appel : cette politique est un échec.

Les mesures ont paralysé l’économie sans pour autant réduire les importations. Les derniers chiffres le confirment. Durant les six premiers mois de l’année en cours, l’Algérie a importé pour plus de 23 milliards de dollars, contre 20 milliards de dollars durant la même période de 2010. Ce chiffre est réalisé malgré le ralentissement des investissements publics : le plan quinquennal 2009‑2014 n’a toujours pas été lancé et de nombreux projets de Sonatrach, notamment dans la pétrochimie, ont été gelés.

Les importations de la quasi‑majorité des produits ont augmenté de façon spectaculaire. La facture du blé a par exemple bondi de 128 %, celle du lait de près de 100 %. Les importations de médicaments ont augmenté de 25 % et celle de véhicules de près de 33,66 %. A ce rythme, les importations pourraient atteindre 50 milliards de dollars à la fin de l’année. Un record.

Cette envolée s’explique : après avoir passé deux ans à tenter en vain de réduire les importations, le gouvernement a pris des mesures pour les faciliter. Ce n’est pas le choix délibéré d’un gouvernement qui veut relancer la consommation des ménages. Bien au contraire. Depuis 2008, année durant laquelle la facture des importations a dépassé les 39 milliards de dollars, le gouvernement a tout fait pour réduire cette consommation. Il a introduit le crédit documentaire, supprimé le crédit à la consommation et dévalué discrètement le dinar afin de réduire le pouvoir d’achat des ménages. Mais cette stratégie s’est montrée inefficace. Pourquoi ?

L’Algérie ne produit presque rien. Elle dépend de l’étranger pour se nourrir et s’équiper. « Sans le pétrole, l’économie algérienne a la même structure que celle des pays du Sahel. Elle dépend à plus de 94 % de l’étranger pour ses besoins dans tous les domaines », explique un économiste. En cherchant à réduire les importations via des contraintes administratives, sans relancer la production nationale, le gouvernement Ouyahia a mal fait ses calculs. Il n’a pas non plus anticipé la réaction de la population en cas de pénurie ou de hausse des prix. Les émeutes contre la cherté de la vie de janvier dernier ont montré les limites d’une politique économique basée sur les restrictions.

Cette réaction a fait reculer le régime qui craint désormais pour sa survie dans un contexte arabe marqué par la chute des dictateurs tunisien et égyptien, la guerre civile en Libye et une répression sanglante en Syrie. Le gouvernement a décidé d’ouvrir les vannes des devises aux importateurs pour constituer des stocks, inonder le marché et éviter toute pénurie. En parallèle, il a décidé d’élargir la liste des produits subventionnés au sucre, à l'huile…

Mais les conséquences de cette réouverture du marché aux produits importés pourraient être désastreuses pour l’économie nationale. Au lieu de faciliter l’investissement et encourager la production locale, le pouvoir a une nouvelle fois choisi la méthode la plus facile. Tant que le prix du baril se maintient autour de 100 dollars, le gouvernement peut tenir ce rythme des dépenses. Dans le cas d’une baisse brutale des prix du pétrole, ce qui n’est pas exclu dans un contexte économique mondial morose, les choses pourraient se compliquer sérieusement. Pour le pouvoir mais aussi pour l’Algérie.

TSA
Ali Idir

Doctrinal
31/07/2011, 13h28
L’objectif affiché à l’époque était de réduire fortement les importations qui venaient de dépasser les 39 milliards de dollars

39 milliards de dollars, laissez moi rire. Ca en dit long sur la pertinence de l'article.

AARROU
31/07/2011, 14h50
L’objectif affiché à l’époque était de réduire fortement les importations qui venaient de dépasser les 39 milliards de dollars


La LFC visée beaucoup plus à réduire le nombre des importateurs ,qu'à réduire le volume des importations.

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