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Voir la version complète : Visite de Chavez en Algérie


morjane
16/05/2006, 15h16
Dans le cadre de sa tournée euro-Africaine, le président du Vénézuela Hugo Chavez est en viste en Algérie aujourd'hui.

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Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Hugo Rafael Chavez Frias, effectue aujourd’hui une visite en Algérie. Son arrivée, prévue pour hier soir dans la capitale algérienne, permet aux deux parties d’évoquer, notamment lors des entretiens au programme de Hugo Chavez avec son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, nombre de dossiers bilatéraux et des questions internationales d’intérêt commun.

Cette visite, rapporte l’APS, est la troisième qu’effectue Hugo Chavez en Algérie, après celles d’août 2000 et d’octobre 2001 qui ont permis la relance de la coopération bilatérale. Sur ce plan, il est attendu, lors de cette troisième visite, à ce que les questions énergétiques occupent une place de choix lors des discussions entre les représentants des deux pays. Du fait donc que les deux pays soient membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) d’où les économies algérienne et vénézuélienne tirent l’essentiel de leurs revenus, la question énergétique figure parmi les thèmes axiaux qu’aborderont les responsables des deux pays. Le 1er juin prochain, l’OPEP tiendra sa réunion à Caracas, capitale du cinquième plus grand producteur mondial dans ce domaine. Grâce à la manne financière importante générée par la production pétrolière, le pays de Chavez a réalisé un taux de croissance avoisinant les 9% en 2005 après l’exceptionnel 17% de 2004 (taux négatifs les années précédentes).

Par ailleurs, les situations et les perspectives concernant l’Iran, la Palestine, le Sahara occidental et, plus récemment, encore la nationalisation annoncée des hydrocarbures en Bolivie, pays voisin du Venezuela sous la conduite de son nouveau leader, Evo Morales, et le sommet des non alignés prévu en septembre prochain à Cuba, sont autant de dossiers qui seront sans nul doute passés en revue lors de cette visite de Chavez en Algérie.

Prolongeant sa récente tournée européenne amorcée jeudi dernier par le Vatican, Hugo Chavez compte visiter, dans la foulée et outre l’Algérie, un autre pays africain, la Libye en l’occurrence. Hier, une source officielle libyenne citée par l’AFP soulignait que Chavez est attendu aujourd’hui à Tripoli pour une visite de deux jours.

Au pouvoir depuis près de huit ans, le chef de file de la gauche vénézuélienne semble avoir ouvert la voie à la réémergence de la gauche dans le sous-continent sud-américain : Lula au Brésil, Morales en Bolivie, Vazquez en Uruguay, Michelle Bachellet au Chili et la liste reste ouverte avec les probables succès en juin prochain au Pérou de Humala Ollanta (en tête au premier tour du scrutin présidentiel), et du candidat de la gauche au Mexique qui talonne celui de droite pour la présidentielle du 2 juillet prochain. Cependant, cette gauche est divisée. Chavez, avec le duo générationnel Castro (Cuba)- Morales (Bolivie) est une gauche à part.

Aux pauvres d’Europe, Chavez promet de fournir du fuel dès l’hiver prochain comme il l’avait fait l’hiver dernier pour des centaines de milliers de démunis aux… Etats-Unis. Ce même pays que le président vénézuélien met en garde ces jours-ci contre une éventuelle action militaire contre l’Iran, au prix, estime-t-il, d’un triplement des prix du pétrole.

Bref, le locataire du palais présidentiel de Caracas ne s’en est jamais caché : il combat la politique américaine, accusée d’être hégémonique, à commencer par la zone d’influence des Amériques. «Je ne peux subordonner les intérêts de mon peuple et la Constitution du Venezuela à la prétention hégémonique des faucons du Pentagone sur tout un continent», résume-t-il à ce propos. Le président des Etats-Unis ? Chavez l’appelle «M. Danger» !
L’escale viennoise a permis à Chavez de réitérer sa dénonciation du capitalisme en tant que système «destructeur» concentrant la richesse du monde entre les mains d’une minoritaire élite dirigeante. «Ce dont nous avons besoin, c’est d’un nouveau projet socialiste», a-t-il martelé à ce sujet.
Après sa participation au sommet Union européenne-Amérique latine, Hugo Chavez a effectué une visite de 2 jours à Londres (Grande-Bretagne) où il a notamment rencontré le maire de la ville, Ken Livingstone, et des représentants de la gauche britannique. Comme à Vienne où il s’est fait remarquer en applaudissant l’apparition inattendue d’une femme membre de Greenpeace, au moment de la «photo de famille» des présents européens et latino-américains, ou alors à travers sa participation avec le Bolivien Morales à des manifestations altermondialistes, la visite de Chavez à Londres a été marquée par la décision de Chavez de… ne pas rencontrer le Premier Ministre, Tony Blair, qu’il critique pour l’étroitesse de ses liens avec Bush et Washington. Le Downing Street, de son côté, considère que la présence de Chavez à Londres entre dans le cadre d’une «visite privée» !

Avant de se rendre à Vienne (Autriche, pays qui assure actuellement la présidence de l’UE), le président du Venezuela avait fait escale au Vatican pour y recevoir la bénédiction du pape Benoît XVI. A ce dernier, Chavez a remis un portrait de Simon Bolivar, le libérateur du pays.
Réunissant admiration et méfiance, c’est selon, Hugo Chavez, aujourd’hui âgé de 52 ans, est à la tête du Venezuela depuis la fin de la décennie écoulée (1998) dans un pays encore instable, puisque durant son premier mandat, précisément en 2002, une tentative de putsch a failli l’écarter du pouvoir. L’intermède n’aura finalement duré que quelques jours. Et, depuis, l’ère Chavez se poursuit…

A présent, Chavez parle, comme il l’a fait dimanche lors d’un meeting à Londres, du début d’une «nouvelle ère» en Amérique latine en précisant que «cela a été rendu possible par la formation d’un bloc fort de la gauche comprenant Cuba, le Brésil, la Bolivie et l’Argentine». La fameuse troisième voie, entre le communisme «irréel» et le capitalisme «sauvage», permet à Chavez de continuer à croire en un monde autre que celui d’aujourd’hui. L’annonce récente -le mois dernier- du retrait de son pays de la communauté andine des nations pour adhérer au MERCOSUR en est l’exemple.

Par La tribune

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