PDA

Voir la version complète : Des femmes harragas vers l'espagne


SIM94
17/05/2006, 03h07
Sincèrement je pensais que ce fléau ne touchait que le Maroc.
C'est vraiment incompréhensible alors que l'Algérie baigne dans les pétrodollars

Source: http://www.liberte-************/edit.php?id=57771


Actualité (Mercredi 17 Mai 2006)


[B]Elles faisaient partie d’un groupe qui a tenté de rallier l’Europe
Des femmes harragas repêchées au large d’Oran

Par : F. Boumediene

Les gardes-côtes ont porté secours à 7 personnes, dont deux jeunes femmes, à bord d’un canot pneumatique endommagé à 4 miles au large de Bouisville.

Au moment où des familles de “harragas algériens” s’étaient regroupées, hier matin, au siège du Croissant-Rouge avec le désir de créer une association et dire tout le drame qui se joue quotidiennement au large des côtes algériennes, les garde-côtes de la frange marine ouest portaient secours à 7 harragas dont deux jeunes filles. Ils se trouvent en bonne santé, puisqu’ils ont pu descendre seuls et sans aucune aide du patrouilleur qui les a ramenés au port d’Oran.
Âgés de 23 à 30 ans, originaires d’Oran et de Tlemcen pour l’un d’entre eux, ce groupe de candidats à l’immigration clandestine a pu être secouru par les garde-côtes, hier à 10h30, alors qu’ils étaient depuis plusieurs heures dans l’eau s’agrippant avec la rage du désespoir à un canot pneumatique. Selon les déclarations faites aux agents de la sécurité, ils sont partis de Bouisville, sur la Corniche oranaise, mardi dernier à 6h30 à bord d’une embarcation pneumatique, achetée à Bouzedjar et qui n’avait aucun numéro d’immatriculation. Une demi-heure à peine après avoir quitté la côte, leur embarcation aurait heurté un rocher en raison de l’épais brouillard, et très rapidement, ils ont coulé. Organisés dans leur tentative de rejoindre les côtes espagnoles, les 7 harragas disposaient d’un portable, c’est ce qui leur a permis, eux-mêmes, de lancer un appel de détresse aux garde-côtes qui ont pu les récupérer alors qu’ils se trouvaient à 4 miles au large de Bouisville. Jusqu’ici, les 7 jeunes gens, qui ne disposaient d’aucune pièce d’identité, déclarent avoir voulu se rendre aux îles Habibas, sachant pertinemment qu’ils encouraient jusqu’à 6 mois de prison
pour tentative d’immigration clandestine.
D’ailleurs, ils seront présentés, aujourd’hui, au parquet du tribunal de Aïn El-Turk territorialement compétent. Durant tout le temps qu’ils ont passé à répondre aux questions des agents de police, leur regard fuyant était celui des personnes perdues, avec ce sentiment de malaise profond qui se dégageait de tout leur corps.
L’information que des candidats à l’immigration clandestine avaient été retrouvés vivants, à tôt fait de parvenir aux familles de harragas réunies au même instant au siège du Croissant-Rouge algérien d’Oran, avec les responsables du service des rétablissements des liens familiaux (RSF). En quelques minutes, la tension montait chez les pères et les mères que nous venions juste de rencontrer. Plusieurs d’entre eux se sont précipités au port d’Oran avec nous, espérant y retrouver le fils, qu’ils recherchaient, certains, depuis des mois. Vacillants presque, ils ne purent constater, une fois de plus, que pour eux c’était une fausse alerte, une de plus, malheureusement.
En effet, ces familles de harragas qui se comptent par dizaines, rien qu’au niveau d’Oran, ont déposé des demandes auprès du service RLF du CRA pour que des recherches soient menées en Espagne notamment par le biais de la Croix-Rouge espagnole. Pour la seule journée d’hier, les bénévoles du CRA ont enregistré 24 nouvelles demandes de recherche, alors qu’ils ont déjà à leur niveau plus de 20 dossiers. Sur 34 enquêtes menées, 8 se sont avérées positives et 6 négatives.
Mais pour ces pères et ces mères de harragas que nous avons rencontrés, la détresse, la souffrance est terrible. C’est un poids incommensurable qu’ils doivent porter chaque jour. Mohamed, qui est sans nouvelles de son fils de 23 ans depuis le 17 mars, vit en suspens.
Chaque information, chaque rumeur faisant état de harragas retrouvés ou de corps repêchés le rend fou : “Ouldi h’rag le 17 mars, à chaque fois que j’entends que la mer a rejeté un corps, je cours à la morgue…, j’ai été partout à Bouzedjar, à Béni Saf, j’ai appelé les consulats algériens au Maroc, en Espagne rien… IIs me raccrochent au nez !... Pourquoi ? Pourquoi dans ce pays, les responsables ne veulent rien faire pour ces jeunes, donnez-leur du travail !…” La colère s’empare du vieil homme qui ne comprend pas pourquoi on cherche avant tout à le culpabiliser lui en tant que père et d’ajouter : “Ils ont des milliards au gouvernement, pourquoi ne donnent-ils rien à ces jeunes pour les aider au lieu de les laisser partir comme ça et mourir…” Une mère, qui elle aussi reste sans nouvelles de son fils harraga parti en février dernier avec un groupe de 11 autres jeunes, nous lâche : “Je veux que les autorités fassent le nécessaire pour ramener les corps qui ont été retrouvés sur les côtes espagnoles… ça ne fait rien, mort ou vivant mais que je sache où est mon fils !… Est-ce qu’ils sont incapables de nous les ramener…”
Certains n’ont plus ni le courage ni la force de parler, la voix cassée, la gorge nouée par les sanglots. Plusieurs ont quitté la salle n’en pouvant plus. Un jeune homme venu de Tiaret pour tenter d’avoir des nouvelles de son frère, lui aussi, embarqué à partir de Bouzedjar à destination de l’Espagne, a toutes les peines du monde à contenir sa douleur : “J’ai aidé mon frère pour qu’il paye son passage, 3 ont été retrouvés vivants, 3 autres sont morts et 6 sont portés disparus… J’ai cherché partout et personne ne m’aide ou ne nous accorde de l’importance !…”Et c’est ce qui est le plus difficile à vivre pour ces familles qui sont seules face à ce drame inhumain, ne sachant si les leurs sont morts ou vivants.
Aujourd’hui, les familles de harragas à Oran veulent s’organiser, se constituer en association pour qu’enfin les autorités cessent de se voiler la face, qu’on écoute leur souffrance et qu’enfin, en Algérie l’on reconnaisse qu’il s’agit là, non pas d’un phénomène ponctuel, mais d’un véritable fléau. L’ensemble de la société est touchée et on se retrouve en fait devant une forme de suicide social collectif. “en restant ici, ils se considèrent comme morts, c’est pour cela qu’il y a tant de harragas en Algérie, ce pays est en train de tuer sa jeunesse !…” nous lâchera un jeune qui a ainsi perdu plusieurs de ses copains une nuit en partance vers ailleurs.
Pour l’un de nos interlocuteurs qui a trois membres de sa famille disparus, des jeunes universitaires, l’association est la seule solution pour que ces jeunes “ne soient pas que des chiffres, des faits divers… que les autorités assument leurs responsabilités !…” finira-t-il par dire.

F. Boumediene

raki
17/05/2006, 09h03
sincerement vous pensez mal. Imaginez des Koweitiens sur une embarcation de la mort entre les flots dans le detroit de Gibraltar. impensable surréelle.C'est tout comme mais c'est juste du bla bla

zlabiya
17/05/2006, 13h05
C'est vraiment incompréhensible alors que l'Algérie baigne dans les pétrodollars

qui a les pétrodolars...ces femmes :rolleyes:
et si elles les avaient, elles ont d'autres raisons pour mettre en péril leur vie

amarimaa
17/05/2006, 14h11
les gens ne cherchent pas seulement l'argent, mais aussi les libertés... je connais beaucoup de clandestins ou réguliers en france qui avaient des commerces prospères, une pharmacie, et ils sont venus pensant gagner plus et être "libres", ce mode tellement à la mode... résultat: beaucoup regrettent..ils vivaient bien, avec un certain standing, et ici ils se retrouvent à faire des ménages ou travailler dans le batiment... ce sont des métiers honnêtes mais dans leur cas ils sont perdants...

Tizinissa
17/05/2006, 14h23
Sincèrement je pensais que ce fléau ne touchait que le Maroc.

Plus tristes que ses Harragas sont encore les ignorants et les malades !!!

zek
17/05/2006, 14h42
Aprés les femmes, j'espère qu'il n'y aura pas les enfants, autrement c'est l'Algérie qui foutra le camp.

Cookies