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Voir la version complète : Algérie -UE: Gaz et visas sous conditions


morjane
17/05/2006, 18h36
Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, M. Mohamed Bedjaoui, a affirmé, hier, que la question des visas est une priorité dans l’agenda de coopération avec l’Union européenne.

Intervenant au cours d’une conférence de presse, tenue à l’issue de la première session du Conseil d’association UE-Algérie, M. Bedjaoui a indiqué que les conditions d’attribution des visas, jugées discriminatoires et attentatoires à la dignité des Algériens, est une question prioritaire dans l’agenda de la coopération UE-Algérie. Le ministre des Affaires étrangères a souligné que cette question a été abordée avec la délégation de l’UE et est considérée par l’Algérie comme prioritaire. M. Bedjaoui a évoqué à l’occasion les nombreuses difficultés rencontrées par les ressortissants algériens pour l’obtention d’un visa, notamment les délais trop longs, comparés à d’autres pays voisins, avant de recevoir la réponse, et l’assujettissement de l’accord à l’avis de tous les pays de l’espace Schengen.

L’Union européenne par le biais de la commissaire européenne aux relations extérieures et à la politique européenne de voisinage, Mme Benita Ferrero-Waldner, s’est dite prête à discuter de la question des facilitations d’octroi de visa, sous certaines conditions. M. Benita Ferrero qui intervenait lors de cette même conférence, a admis implicitement le bien-fondé de l’exigence algérienne en affirmant qu’elle était prête à en discuter, mais dans le cadre d’un package incluant des pourparlers sur la réadmission des immigrés illégaux. «L’accord d’association fournit à l’UE une assise juridique pour soutenir cette revendication insistante d’un accord sur la réadmission, et ouvre la possibilité à l’Algérie de demander un accord sur la facilitation d’octroi de visas», a souligné M. Benita. En juin prochain, l’UE devrait adopter un code européen des visas qui regroupera toutes les mesures partielles prises ces derniers mois en matière d’accès au territoire de l’UE.

Les positions de l’Algérie en matière d’octroi de visa à ses ressortissants avaient déjà été exprimées clairement par le chef du gouvernement, lors de sa visite en février dernier à Bruxelles. Cette visite a permis d’affirmer les priorités algériennes en matière de coopération avec l’UE dans tous les domaines que couvre l’accord d’association. Ouyahia avait plaidé pour la facilitation de la circulation des personnes entre les deux rives de la Méditerranée dans la dignité, aspect théoriquement prévu dans les accords d’association avec l’UE. Le chef du gouvernement avait fait part de son aversion pour les facilités d’attribution des visas projetées par l’UE en faveur des seuls étrangers utiles, à l’instar des étudiants, des universitaires ou les hommes d’affaires. Ouyahia a affirmé à l’occasion que ces entraves à l’accès à l’UE influent négativement sur le reste des échanges.

S’exprimant sur la question énergétique, le chef de la diplomatie algérienne a souligné que l’Algérie est sensible aux besoins croissants en gaz de l’UE, mais veut dépasser son rôle de fournisseur en renforçant sa présence en Europe, notamment dans les infrastructures. M. Bedjaoui a indiqué à ce titre que le marché de l’énergie est sujet à de fortes tensions et l’Union européenne a une demande croissante, notamment en gaz, ce qui constitue une préoccupation pour les responsables algériens. Rappelant que l’UE est le principal partenaire de l’Algérie en matière énergétique, M. Bedjaoui a souligné que les autorités algériennes sont disposées à pousser cette relation encore plus en avant. Le chef de la diplomatie algérienne a indiqué que l’Algérie aspire aujourd’hui à suivre son gaz naturel en Europe et même participer aux travaux d’infrastructures.

Face à une dépendance croissante à l’égard de ses importations de gaz et pétrole, l’UE tente de développer une politique énergétique commune avec ses principaux partenaires. Dans ce dialogue avec les pays tiers, les 25 sont de plus en plus confrontés à cette demande d’ouverture de leurs marchés nationaux. Sur les résultats de cette première session du Conseil d’association, M. Bedjaoui s’est déclaré satisfait. Les discussions ont révélé, selon le ministre, un niveau de confiance et de coopération réel. Cette session, affirme M. Bedjaoui, a permis d’établir un agenda de travail constructif et réaliste.

Dans ce contexte, le chef de la diplomatie algérienne a relevé l’appui de l’Union européenne aux réformes économiques et à la mise à niveau dans plusieurs domaines notamment l’éducation, la justice, les services, la recherche, les infrastructures et les secteurs de la justice. L’UE a par ailleurs convenu d’établir un dialogue d’un haut niveau dans le domaine énergétique et un protocole d’accord est prévu à la fin du mois. L’Union européenne a renouvelé en outre son soutien à l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, engagement qu’elle a pris depuis 2002.

La première session du Conseil d’association UE-Algérie s’est tenue hier à Bruxelles avec la rencontre entre la délégation algérienne conduite par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, M. Mohamed Bedjaoui, et celle de l’Union européenne (UE) présidée par son homologue autrichienne, Mme Ursula Plassnik, dont le pays assure la présidence de l’UE. Cinq groupes de travail thématiques ont été installés officiellement à cette occasion (agriculture pêche, industrie commerce service, environnement transport énergie, justice affaires intérieures et technologies). Le Conseil présidé par Mme Plassnik a «endossé politiquement» la décision de constituer et mettre en place les groupes chargés, à titre transitoire, de la mise en oeuvre des différents volets de l’accord d’association.

Par ailleurs, les deux parties ont échangé, lors d’un petit déjeuner, des points de vue sur des questions de politique internationale, dont la situation au Maghreb et la question du Sahara Occidental, pour laquelle l’UE soutient les efforts des Nations unies. Dans une déclaration rendue publique à l’issue des travaux de cette première session, l’Union européenne a relevé les progrès réalisés en Algérie depuis la fin des années 90 en matière de droits de l’homme, en particulier la création de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme. L’UE note par ailleurs que la situation sécuritaire connaît à présent une amélioration et rappelle à cet égard sa position sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale en se félicitant de la participation populaire au référendum. Sur un autre plan, la déclaration de l’UE se félicite de la vivacité de la société civile en Algérie et souhaite qu’elle puisse s’épanouir librement.

Par ailleurs, l’UE relève avec satisfaction la promotion des femmes en Algérie dans tous les secteurs et salue les réformes qui ont eu au cours des deux dernières années, en particulier la révision du code de la famille et celui de la nationalité. Enfin, l’UE s’est félicitée, de nouveau, des mesures de grâce prises par l’Algérie à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse.

Par Le quotidien d'Oran

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