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Voir la version complète : Bourse de Madrid : Comment Sonatrach a frôlé le pire.


RoboCop
14/08/2011, 16h27
Les actions de Sonatrach, détenues dans le capital de Gas Natural, ont frôlé le pire au cours de la semaine passée. Coté deux mois durant à hauteur de 15 euros, l’action du groupe pétrolier espagnol a brusquement chuté jeudi à 12,46 euros, provoquant ainsi un vent de panique à Alger.

A la clôture de cette journée, on était en dessous de la barre des 12,48 euros, prix d’achat par Sonatrach des actions de Gas Natural. Autrement dit, la compagnie algérienne avait enregistré des pertes en valeur qui se chiffraient par millions d’euros. Vendredi matin, on redoutait encore la poursuite de la chute des bourses européennes survenues dans le sillage des ventes massives de titres américains. Certains responsables algériens penchaient plutôt pour la vente immédiate de ces actions afin d’éviter une éventuelle hémorragie. Finalement, on a lancé un grand soupire vendredi à la mi-journée, lorsque l’action de Gas Natural avait repris ses tendances ascendantes et clôturé à 12,96 euros, enregistrant une évolution de 4.05% par rapport à celle de la veille.

Au mois de mai dernier, Sonatrach avait conclu un accord avec Gas Natural qui permettait au groupe algérien l’acquisition de 13 millions d’actions dans les actifs du pétrolier espagnol pour la somme de 514 millions d’euros. On considérait alors que l’opération était «positive» et pouvait générer des dividendes assez conséquents. L’évolution de la bourse madrilène au cours des mois de juin et de juillet avait donné raison aux responsables qui favorisaient les placements boursiers par rapport aux dépôts presque inertes dans les institutions financières. L’action de Gas Natural s’était alors stabilisée dans la fourchette des 15 euros, générant ainsi une valeur ajoutée de 50 millions d’euros environ. Mais voilà que la déstabilisation des bourses américaines et européennes a eu des conséquences directes sur les placements algériens et on pouvait aisément assister à un crash de la bourse madrilène, très fébrile déjà en raison de la chute de l’activité immobilière en Espagne. Les événements de la semaine écoulée sont susceptibles de relancer le débat sur les placements algériens en bons de trésor américain. En fait, les fervents défenseurs de cette option ont saisi l’opportunité de la chute des places boursières pour monter au créneau et démonter la théorie des placements dans les actifs étrangers et dans les fonds souverains qui ont vécu, en l’espace de cinq jours, les pires moments. Ils estiment en ce sens que le peu de bénéfices générés par le trésor américain ne constitue pas un prétexte à ce qu’ils qualifient «d’aventurisme» sur les places boursières.

H. Mosteghanemi. - Le Soir d'Algérie.

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