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Voir la version complète : POUR COMPRENDRE LE POURQUOI DE LA LIBYE‘Peak Oil’ : rapport cinglant de l’armée allemande


nacer-eddine06
21/08/2011, 01h12
‘Peak Oil’ : rapport cinglant de l’armée allemande révélé par Der Spiegel
Une étude de la Bundeswehr évoque une menace pour la pérennité de la démocratie et de l'économique mondiale ! Mise en garde terrible, qui vient après celles du Pentagone et du département de l'énergie à Washington, de la Lloyd's et de Chatham House à Londres...
Des analystes de l'armée allemande décrivent les conséquences dévastatrices d'un choc pétrolier permanent induit par un déclin des sources principales d'or noir, déclin dont ils jugent l'imminence plausible, selon un rapport révélé par le site de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel le 31 août (version en anglais).
Le département d'analyse du futur, une division du centre pour la transformation de la Bundeswehr, avertit qu'il existe « une certaine probabilité pour que le Peak Oil se produise aux alentours de l'année 2010, et qu'il ait des conséquences sur la sécurité dans un délai de 15 à 30 ans ».


[L'expression 'peak oil', ou 'pic pétrolier' désigne le moment historique incertain (et cependant proche, dirait-on) à partir duquel les extractions de pétrole deviendraient incapables de satisfaire entièrement la demande mondiale, faute de réserves suffisantes de pétrole conventionnel encore exploitables.]
[Après les départements de la défense et de l'énergie américains, après la Lloyd's et Chatham House en Grande-Bretagne, l'armée allemande vient s'ajouter à la liste des institutions majeures qui ont manifesté en 2010 leur inquiétude à l'égard d'une possible imminence du peak oil. D'après Washington, des bouleversements radicaux pourraient intervenir très rapidement. Selon les documents du département de l'énergie et du Pentagone mis au jour sur ce blog, il est possible que dès 2015, il manque l'équivalent de la production de l'Arabie Saoudite pour faire face à la demande de l'économie mondiale.]
Le rapport de la Bundeswehr souligne à plusieurs reprises qu'une flambée du prix du brut provoquée par une insuffisance chronique des extractions mondiales aurait des conséquences gigantesques sur l'économie et la politique. « A moyen terme, le système économique global et chaque économie de marché nationale pourraient s'effondrer », écrivent les analystes. « Des pénuries de biens vitaux », notamment de nourriture, pourraient apparaître, ajoutent-ils. Le pétrole intervient directement ou indirectement dans la production « de 95 % des biens industriels », rappelle Der Spiegel.
D'après les chercheurs militaires allemands, dirigés par le lieutenant-colonel Thomas Will, une « alternative envisageable » à une telle « défaillance partielle ou complète des marchés » serait la mise en place « d'une politique de rationnement ».
Der Spiegel note que l'étude de la Bundeswehr « s'inquiète pour la survie de la démocratie elle-même ». L'hebdomadaire allemand de référence analyse, en citant le rapport :
« Des parties de la population pourraient percevoir le bouleversement déclenché par le peak oil "comme une crise systémique générale". Cela créerait "de la place pour des alternatives idéologiques et extrémistes aux formes existantes de gouvernement". Un fractionnement de la population affectée est jugé probable et pourrait conduire "dans des cas extrêmes à des conflits ouverts". »
Les auteurs du rapport estiment que « les Etats qui dépendent des importations de pétrole » seront obligés « de montrer plus de pragmatisme à l'égard des pays producteurs ». Par exemple, l'Allemagne pourrait devoir assouplir son attitude à l'égard de la Russie, et être au contraire plus exigeante vis-à-vis d'Israël, afin de ménager les pays pétroliers arabes.
Ni le ministère de la défense allemand, ni le lieutenant-colonel Will n'ont souhaité répondre aux questions du Spiegel, précise l'hebdomadaire.
[La révélation de ce rapport de la Bundeswehr pourrait marquer un tournant majeur dans l'évolution du débat sur le peak oil, qui passe toujours sous le radar de l'opinion publique.
Le problème est pourtant posé depuis 1998 par quelques hommes du sérail, tels que l'Irlandais Colin Campbell et le Français Jean Laherrère, des ingénieurs et géologues pétroliers de très haute réputation. Cependant jusqu'à aujourd'hui, aucune source institutionnelle suffisamment proéminente n'a osé en assumer ouvertement les implications vertigineuses.
L'évolution des diagnostics affichés (ou dissimulés, en l'occurrence) par l'Agence internationale de l'énergie est, hélas, éclairante.
L'enjeu, c'est la capacité de nos institutions à faire face à un problème plus grand qu'elles et plus fort que nos moyens techniques : en un mot, tellurique.]

nacer-eddine06
21/08/2011, 01h13
JE remonte a escient ce post

nacer-eddine06
21/08/2011, 01h16
WASHINGTON TABLE SUR UN CHOC PETROLIER IMMINENT
* Glen Sweetnam, ma source au département de l'Energie américain, muté sans préavis... au Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche




14 juillet 2010

Glen Sweetnam a été bombardé "Senior Director for Energy and Climate Change for the National Security Council".

La mutation de Glen Sweetnam a eu lieu en avril, quelques semaines seulement après la publication de mon enquête. Impossible (pour l'instant) d'avoir une réponse claire du Département de l'énergie (DoE) pour savoir si cette mutation était prévue, ou si elle est liée à mon article... Ce qui est clair, c'est qu'au moment de sa mutation, Sweetnam était en plein dans la finalisation du rapport annuel de l'Administration de l'information sur l'énergie, dont il chapeautait la rédaction.



10 mai 2010

* Glen Sweetnam, patron de l'analyse économique au Département de l'Energie (DoE), muté sans préavis ni explications :

[SolveClimate.com] DoE still disavows Peak Oil forecast, despite new studies

Renseignements pris, M. Sweetnam a été réaffecté pour un an au Conseil de sécurité nationale, une instance de conseil clé pour la Maison Blanche dont les membres ne donnent pas d'interview, surtout pas à des journalistes étrangers...

4 mai 2010

Cette histoire a commencé par un document du département de l'énergie américain sur lequel je suis tombé presque par hasard il y a six mois. Il s'agissait de la présentation d'une table-ronde semi-publique d'économistes du pétrole qui a eu lieu à Washington en avril 2009.

Le contenu de cette présentation passée jusque-là inaperçue m'a fait bondir.

Je m'intéresse depuis huit ans au débat sur l'épuisement des réserves pétrolières, et je n'ai jamais vu un document aussi inquiétant venant de Washington, ni d'ailleurs venant d'aucune autre source gouvernementale ou industrielle dans le monde [pdf, voir p. 8 & 9].

Pendant trois mois et demi, j'ai réclamé des éclaircissements à la personne qui a tenu la table-ronde, Glen Sweetnam, principal analyste officiel au sein du département américain de l'énergie (DoE).

Le résultat de ces entretiens est un scoop (notamment repris par le Guardian et par le site du Financial Times) :

Glen Sweetnam émet l'hypothèse d'un déclin de la production mondiale de pétrole et de ses substituts à partir de 2011, déclin qui pourrait durer jusqu'en 2015 au moins !

Washington envisage un déclin de la production de pétrole mondiale à partir de 2011 [23 mars 2010]

En lisant un peu entre les lignes, on comprend que pour Sweetnam, la production pétrolière maximale a sans doute était atteinte. Les conséquences de cette assertion sont vertigineuses :

(…), combien compte le pétrole - Is “Big Oil” also “too big to fail” us ? [30 mars]

Je me suis demandé (et je me demande encore) si je ne suis pas une sorte de ballon d'essai pour le DoE. En effet, il est évident que si ce n'était pas Glen Sweetnam mais le secrétaire à l'énergie américain en personne, Steven Chu, prix Nobel de physique, qui laissait filtrer ce genre de diagnostic, une panique financière serait quasi certaine.

Or justement, j'ai appris qu'en 2005, Steven Chu, alors patron d'un laboratoire de recherche du DoE à Berkeley, mettait en avant l'hypothèse d'un déclin de la production mondiale de brut dès le début de l'actuelle décennie. Exactement comme Glen Sweetnam...

Quand le secrétaire à l’énergie US parlait du “peak oil”... [18 avril]

Après deux semaines de harcèlement, j'ai obtenu un "no comment" de Steven Chu et du staff politique du DoE sur les déclarations de Glen Sweetnam. Deux semaines pour ne pas répondre, c'est long !

Choc pétrolier imminent : le département de l’énergie US refuse de commenter sa propre hypothèse [21 avril]

Indice d'une stratégie plus large de la part de Washington ? Fin mars, le Pentagone publiait un rapport envisageant "une crise énergétique sévère" d'ici à 2015. Si elle advient, cette crise fera des dégâts colossaux, souligne l'état-major interarmées US.

Le Pentagone s’attend lui aussi à un choc pétrolier imminent [6 avril]

Exactement comme le document de présentation de la table-ronde du DoE, le rapport du Pentagone table sur un déficit de production face à la demande qui atteindrait en 2015 l'équivalent de la production de l'Arabie Saoudite ! (J'ai été le premier journaliste à faire état de ce rapport.)

Encore plus surprenant : un rapport précédent du Pentagone publié en 2008 (!) établissait déjà strictement le même pronostic, lui aussi passé inaperçu :

Le Pentagone alerte depuis… 2008 : vers une “crise énergétique sévère” [18 avril]

A suivre...

nacer-eddine06
21/08/2011, 01h20
http://www.eia.doe.gov/conference/2009/session3/Sweetnam.pdf

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