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Voir la version complète : Algérie et printemps arabe : histoire d’un acte manqué


soufiane-oujda
27/08/2011, 15h03
Les deux parties de l’article Algérie et printemps arabe : histoire d’un acte manqué , sont le fruit d’une réflexion-dialogue de/entre Laure Gadrat et Omar Slami


1. Pourquoi l’Algérie ne connaît pas le printemps arabe ?


Les aspirations communes du peuple arabe à l’établissement de la démocratie et à une vie meilleure n’ont pu être partagées de tous. Pourquoi l’Algérie n’a-t-elle pas profité de l’effet domino, si tant est qu’il existe ?
Pour répondre à cette question, il faut avant toute chose remonter aux évènements d’octobre de l’année 1988 qui se sont conclus par un enlisement de vingt années de terreur, de sang et d’angoisse. Des mauvais souvenirs, dont le soulèvement du 5 octobre 88 [1] en particulier, ont refait surface en Algérie suite aux récents évènements dans le monde arabe [2]. L’Etat de guerre civile larvé dans lequel (sur)vit le pays depuis sa libération a toujours été un frein pour le peuple à se lancer dans une nouvelle aventure révolutionnaire. La crainte d’une issu radicale fait peur et le gouvernement n’a pas trop de mal à éteindre les braises.
Malgré tout, le désespoir n’a pas touché l’ensemble de la population algérienne. La contagion commençait à prendre place petit à petit, mais fut rapidement contrecarrée par le dispositif ingénieux de répression mis en place par le pouvoir algérien. Certes, les événements tunisiens suite à la mort de Mohammed Bouazizi avaient pris de court les dirigeants arabes, mais suite à l’amplification du mouvement, le gouvernement algérien a rapidement pensé une stratégie nouvelle




Deux éléments importants ont permis en amont d’éviter une éventuelle contagion :

Un accès (très) limité à Internet
La fermeture du bureau d’Al Jazeera il y a plus de 10 ans.
Contrairement à l’analyse répandue en Occident, on peut attribuer un grand mérite à Facebook dans l’émancipation des peuples, mais Al-Jazeera fut un prisme important de diffusion des messages de révoltes et de pression sur les régimes arabes.
1. Le premier volet de ce plan anti-révolution fut la décision du président Bouteflika de prendre en charge la hausse des prix des produits alimentaires sous forme de subvention étatique – un « effet anesthésiant » efficace et propre à la structure économique algérienne du fait de l’importance des réserves budgétaires dues aux rentes pétrolière et gazière du pays.
2. Le second volet du plan anti-révolution se traduit par une stratégie de division sectorielle du mécontentement populaire. L’objectif sous-jacent visé par le gouvernement est de fragmenter la révolte, technique héritée des luttes contre-insurrectionnelles élaborée par l’armée française et transmise au cours de l’histoire… De plus, 19 ans après son instauration, la levée historique de l’état d’urgence, a eu un effet canalisateur de la révolte, rien de mieux pour contenter les esprits et satisfaire l’opposition.
3. Le troisième volet du plan fut la prévision de hausses de salaires se traduisant concrètement par des primes d’envergure pour les ménages algériens. Cette mesure visait aussi à dépoussiérer l’ANGEM [3] (Agence Nationale de Gestion du Microcrédit) et faciliter l’obtention de micro-crédit pour la création d’entreprises et ainsi, séduire la jeunesse.
4. Le dernier volet du plan fut le « coup du maître » : il s’agissait de délégitimer le CNCD (Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie), [4] noyau du soulèvement.


La CNCD a mal jugé l’impact de la présence de personnages politiques dans ses rangs. La présence de représentants tels que Said Saadi et Ali Ben Hadj dans la marche de protestation, ce qui a fait planer la théorie d’un complot politique dans les rues d’Alger.
Said Saadi est député de la ville d’Alger et appartient à la génération nouvelle des politiciens qui nourrissent des ambitions nationales. Il est actuellement Président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).
Ali Ben Hadj est lui le vice-président du Front Islamique du Salut (FIS), formation politique algérienne militant pour la création d’un État islamique. La formation a été dissoute en mars 1992 par le tribunal administratif d’Alger mais Ben Hadj est toujours perçu comme le premier responsable du terrorisme en Algérie.
La rumeur de la présence des deux hommes a permis au Président Bouteflika, de nuire à l’image du CNCD. Pour finir, il faut noter que la création précoce du CNCD porta préjudice à la montée en puissance de la révolte, car bien qu’un simple mouvement sans étiquette politique, l’ennemi du système était visible, donc plus facile à combattre.


2. En matière de liberté d’expression, quelle est la situation en Algérie ?


Avec la nomination du célèbre avocat Farouk Ksentini en qualité de Président de la CNCPPDH (Commission Nationale Consultative Pour la Protection et la Promotion des Droits de l’Homme), le Président Bouteflika voulait s’offrir le silence des journalistes et associations engagées politiquement. Sous la tutelle présidentielle, cet organisme a pour principale mission de veiller à la bonne application de l’arsenal juridique visant à la promotion des droits de l’homme et des libertés individuelles. Toutefois, de nombreuses voix se lèvent pour dénoncer le manque de ressources humaines et financières affectées à la structure.
De nombreux journalistes qualifient cet outil d’instrument présidentiel visant à ressortir les éléments douteux concernant des personnalités militaires influentes, dans le but de conforter leurs positions, sans avoir recours à l’intervention de l’armée. D’autre part, Bouteflika peut aussi acquérir une légitimité internationale par le biais de la création du CNCPPDH.
Concernant le traitement donné à la presse algérienne, le Ministre de la communication algérien s’est exprimé en rappelant : « L’Etat empêchera la parution des journaux qui incitent à la violence entre Algériens” Cette phrase résume à elle seule la situation de la presse en Algérie, sous les bannières des intérêts suprêmes de l’Etat et de l’ordre public. Les journalistes défilent aux postes de police suite à des analyses potentiellement critiques et pertinentes. Ils s’offrent une liberté surveillée mais aussi, une mort prématurée à leurs carrières de journalistes, sans parler des harcèlements dont ils sont quotidiennement victimes


Au lendemain du discours du Président Bouteflika le 15 avril dernier, la presse titrait entres autres « Un coup d’épée dans l’eau » et « Un grand désaveu pour Abdelaziz Bouteflika ». Malgré les pressions, la presse s’est ainsi permis de dénoncer ce qu’elle à appeler un discours « d’autosatisfaction et d’effets d’annonce » en rien à la hauteur des promesses et des enjeux. La presse algérienne a ainsi pu saisir le vent du changement dans le monde arabe pour prendre certaines libertés. L’avenir et les prises de positions futures du gouvernement nous diront si on doit croire à un véritable changement ou non.

3. L’élite algérienne est-elle leader du changement ?


Comme dans toutes les dictatures arabes, l’élite est accaparée par le système de gouvernance, jusqu’au point d’être annihilée par ce dernier.
L’enjeu pour les élites algériennes demeure encore mineur pour les décideurs politiques car elles sont aujourd’hui incapables de s’organiser afin de réaliser des plans et des programmes adéquats apportant des solutions pragmatiques aux besoins de changements exprimés par le peuple.
Afin de mieux comprendre cette inertie collective, on peut analyser la situation à travers la problématique de l’élite scientifique.
Un article de Younes Djama paru le 21 mai 2011 dans le quotidien La Tribune titrait « La fuite des cerveaux a fait perdre 40 milliards de dollars au pays ».
Il expliquait alors que près de 40 000 chercheurs, cadres et ingénieurs ont quitté le pays ces dix dernières années. 90% de cette élite expatriée a été formée au sein des universités algériennes ; une élite délaissée par les laboratoires de recherches nationaux et les grands investisseurs, réunissant ainsi toutes les conditions à un légitime exode. Ceux qui restent au pays ne sont pas pour autant à l’abri, leurs idées et convictions pouvant porter atteinte à la survie du pouvoir.
Ce fut le cas du défunt professeur Djilali El Yabes [6] ou plus récemment celui du professeur Ahmed Keroumi, professeur d’université et militant de la CNCD, assassiné après la visite à Oran du rapporteur de l’ONU au Conseil des droits de l’Homme, Frank la Rue. Les deux hommes avaient eu à cette occasion un entretien sur la situation des droits de l’homme en Algérie [7].


4. La diaspora algérienne peut-elle se positionner comme une force de soulèvement ?


Contrairement à sa voisine marocaine, la diaspora algérienne en Europe n’a pas réussi à s’unir à des fins politiques malgré le rôle actif des associations essayant de valoriser les relations avec leur terre natale.
La diaspora algérienne comme force de soulèvement demeure irréalisable, dans la mesure où elle est incapable de s’organiser. D’autre part, l’handicap primordial réside dans l’apport de cette diaspora au PNB algérien. Elle est tellement infime par rapport aux ressources budgétaires de la production d’hydrocarbures qui permettent au gouvernement de subsister luxueusement. Ainsi, seul un cinquième des revenus des algériens résidant en France durant l’année 2007 on été renvoyés dans leur pays natal, un faible pourcentage comparé au voisin marocain.
La diaspora algérienne résidant en France aurait-elle fait un voyage sans retour ? Le fatalisme et l’absence d’espoir de voir la situation sociale et économique de l’Algérie s’améliorer sont pour les Algériens de France un « frein » au retour et un rêve échappatoire pour la jeunesse algérienne.

intelligence strategique

Bachi
27/08/2011, 15h54
Au vu de ce que ça a donné en Lybie et ce que ça n'a pas donné en Egypte et en Tunisie, il est heureux que l'acte soit manqué.

L'article explique bien le pourquoi mais le plus important est qu'on n'a pas une opposition avec un programme rassembleur. Sans ça, il n'y a rien qui puisse arriver d'intéressant.

absent
27/08/2011, 15h57
l'Algérie a déjà fait sa révolution en 88 et maintenant ils vvent dans la démocratie à ce qu'ils disent:mrgreen:


Nass daret révolution bekri:lol:

saaid
27/08/2011, 16h07
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Deux éléments importants ont permis en amont d’éviter une éventuelle contagion :

Un accès (très) limité à Internet
La fermeture du bureau d’Al Jazeera il y a plus de 10 ans.
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je ne crois pas que vous trouverez encore un peuple qui s inspirerait de ce qui se passe en Libye! ce pays aurait mis fin sur le femaux printemps arabe,
la chaîne était interdite en Tunisie aussi, ce qui n a pas empêché de faire des reporatge crédible, moins crédible sur Bahraien oú elle était présente!

Les algériens, je ne crois pas qu il prennent ce qui se passe en Libye comme exemple, leur guerre civile est encore dans les esprits!gl

chacalette
27/08/2011, 16h09
le printemps arabe est une vraie blague destinée aux bouseux et crédules de tout poils. :rolleyes:

vivalgerie2002
27/08/2011, 16h22
l'Algérie a déjà fait sa révolution en 88 et maintenant ils vvent dans la démocratie à ce qu'ils disent


c'est une démokhratie, viens visiter l'algerie et tu verras avec tes propres yeux la *****, l'anarchie, le piston, l'injustice, les pauvres, les malades, les orpholins, les infrastructures merdiques, des routes qui mènent au cimitière, des ordures à ciel ouvert,les chômeurs, les hittistes, les diplômés désespérés ,le manque des médicament, du lait, .....j'en passe. c'est un enfer sur terre l'Algerie démokhratique

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