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Voir la version complète : Le Qatar tire son épingle du jeu libyen


gdesmon
02/09/2011, 15h42
LEMONDE.FR | 02.09.11 par Hélène Sallon

Petite pétromonarchie du Golfe, coincée entre les deux géants saoudien et iranien, le Qatar a su tirer son épingle du jeu dans la crise libyenne pour s'imposer comme un acteur incontournable sur la scène régionale et internationale. Outre son implication diplomatique, le Qatar a été le seul Etat arabe, avec les Emirats arabes unis, à participer à l'intervention militaire au sein de la coalition internationale coordonnée par l'OTAN. Un investissement moindre au regard des capacités déployées par les membres de l'OTAN, mais qui, sur le plan symbolique, s'est avéré au moins aussi déterminant.

Le pari semble réussi pour ce petit Etat de quelque 12 000 m2, abritant 1,5 million d'habitants dont seulement 200 000 nationaux, surtout connu pour ses réserves gazières -les troisièmes plus importantes au monde-, ses fonds d'investissements, sa chaîne Al-Jazira ou encore l'organisation de la Coupe du monde de football en 2022. La réunion de Paris du 1er septembre sera l'occasion d'entériner le succès du positionnement qatari en Libye et de conforter son statut de puissance arabe émergente.

L'EXCEPTION LIBYENNE

"L'engagement du Qatar en Libye est cohérent avec sa politique étrangère qui consiste à promouvoir le pays hors de ses frontières géographiques pour être plus actif sur la scène internationale et y occuper une place de choix", analyse Ibrahim Sharqieh, directeur adjoint du Centre Brookings basé à Doha, la capitale qatarie. Depuis son arrivée au pouvoir en 1995, l'émir du Qatar, le cheikh Hamed Ben Khalifa Al-Thani, a eu à cœur de développer une diplomatie active dans la région pour compenser les faiblesses structurelles du pays.

Toutefois, poursuit M. Sharqieh, "par le passé, le Qatar s'est davantage illustré par un rôle de médiation, comme au Liban, en Palestine, au Darfour ou au Yémen". Une implication qui s'est doublée d'une politique d'équilibre parfois taxée d'ambivalence, notamment dans le cas palestinien où il a, à la fois, maintenu des liens avec les mouvements palestiniens les plus radicaux et accueilli une représentation diplomatique israélienne.

Au cours du printemps arabe, le Qatar a semblé maintenir ce jeu d'équilibriste. "Dans les autres révoltes, il a conservé une certaine neutralité si l'on s'en tient aux déclarations officielles, notamment celles du ministre des affaires étrangères, discrètes dans les cas égyptien et tunisien", explique Barah Mikaïl, directeur de recherche Afrique du Nord et Moyen-Orient à la FRIDE, un think tank européen basé à Madrid. Et même si "le Qatar n'en pensait pas moins, au niveau diplomatique, il a souvent fait le choix de la médiation en invitant l'ensemble des protagonistes à venir négocier, sur son territoire, une sortie de crise", poursuit-il. Comme dans le cas du Yémen notamment, où le royaume a participé à la médiation initiée par le Conseil de coopération du Golfe, dont il est membre depuis sa création en 1981. Dans d'autres cas, comme en Syrie, il a choisi la prudence, à l'instar du reste de la communauté internationale.

UN TOURNANT DIPLOMATIQUE

"Depuis ce soulèvement, cela a changé : il est ici question de soutenir une partie contre une autre". Et, le Qatar a rapidement choisi son camp en se faisant le promoteur auprès des pays de la Ligue arabe de la résolution 1973 des Nations unies autorisant l'intervention étrangère, votée le 17 mars, et en reconnaissant, le 28 mars, le Conseil national de transition, organe politique de la rébellion libyenne. "L'implication du Qatar a permis l'intervention, en lui donnant une légitimité qui avait fait défaut, par exemple, dans l'intervention en Irak", commente M. Sharqieh.

"Le Qatar a, cette fois, pris un risque, mais c'est un risque calculé", renchérit Ibrahim Sharqieh. Selon lui, le calcul était simple au regard des chances élevées de voir réussir la révolution et du risque humanitaire, considérant que Kadhafi était "prêt à raser Benghazi". Pour Barah Mikaïl, "les événements tunisien et égyptien ont indiqué la voie du changement engagé au sein du monde arabe, ce que le Qatar a très bien compris et a voulu montrer sa participation à ces changements positifs".

Il demeure que "le Qatar a finalement accentué ou fait valoir un tournant dans son positionnement diplomatique, au travers de sa participation à des opérations militaires et en optant pour une telle démarche dans un pays arabe", poursuit M. Mikaïl. Le Qatar a mis à disposition cinq des douze avions militaires, de type Mirage 2000, dont il dispose. Outre sa participation active à des opérations humanitaires, "il y a de fortes chances que le Qatar soit allé jusqu'à participer aux bombardements", estime le chercheur. Et, ajoute-t-il, "sans parler d'intervention militaire directe, il a formé des rebelles pour garantir leur avancée sur le terrain", leur fournissant notamment des missiles antichar et du carburant.

Une stratégie militaire qui s'est doublée d'un soutien économique, mais également d'un appui médiatique, par le biais de la chaîne Al-Jazira, fondée à Doha en novembre 1996 grâce à des fonds du royaume qatari. "La chaîne Al-Jazira a pris le parti de se focaliser sur les manifestations libyennes pour montrer le fort malaise. Elle a exprimé une posture que le gouvernement ne voyait pas d'un mauvais œil", commente Barah Mikaïl, qui estime que "l'agenda d'Al-Jazira est greffé sur l'orientation du gouvernement". C'est également au Qatar que s'est installée la chaîne de télévision Libya Al-Ahrar, fondée par les rebelles libyens et financée en partie par le royaume.

UNE STRATÉGIE PAYANTE

L'affaire libyenne lui a permis de consolider ses liens diplomatiques et militaires avec les puissances occidentales dont il est un allié proche. Le royaume accueille, en effet, le centre des opérations aériennes américain ainsi que l'Etat-major avancé du Centcom et dispose d'armements à 80 % français. Et, sur le plan régional, "le Qatar a réussi le pari de s'afficher comme l'accompagnateur des changements dans le monde arabe, en défendant des principes nobles tout en doublant son action d'une consécration diplomatique et du renforcement de ses propres intérêts", résume Barah Mikaïl.

Car ses intérêts sont avant tout diplomatiques. "L'objectif du Qatar est de promouvoir le pays et de prendre un rôle plus actif dans le système international, notamment en Afrique du Nord car avec la chute du regime de Hosni Moubarak en Egypte, le pays ne peut plus jouer son rôle de leadership dans le monde arabe et le Qatar entend jouer ce rôle", analyse Ibrahim Sharqieh.

Une ambition diplomatique qui doit beaucoup à son positionnement géographique, entre les deux ennemis traditionnels que sont l'Arabie saoudite et l'Iran. "Le Qatar a besoin de se protéger car leurs relations peuvent connaître à tout moment une escalade et affecter le Qatar", analyse Ibrahim Sharqieh. Jusqu'à présent, la petite pétromonarchie a réussi à maintenir de bonnes relations avec les deux géants et à jouer le rôle de médiateur, non sans quelques tensions. Notamment avec l'Arabie saoudite. Selon Barah Mikaïl, "depuis 15 ans, le Qatar a l'ambition a minima de compter au rang de l'Arabie saoudite sur la plan diplomatique". Or, "en se promouvant sur le plan régional, le Qatar exerce une compétition de facto avec l'Arabie saoudite", estime Ibrahim Sharqieh.

Mais, la dynastie des Al-Thani a également quelques ambitions économiques, notamment dans le secteur pétrolier où la Libye est un producteur majeur. "En fournissant du carburant aux rebelles, les Qataris ont fait savoir qu'ils détenaient un savoir-faire pétrolier à mettre à disposition des Libyens. Peu de pétrole est exploité en Libye : le Qatar s'est donc mis en posture de médiateur pour écouler le pétrole libyen", analyse Barah Mikaïl. Le Qatar se positionne ainsi pour la période de reconstruction, faisant valoir ses atouts et boostant ses perspectives. En offrant 400 millions de dollars aux Libyens lors de la réunion du groupe de contact sur la Libye, le 5 mai, le Qatar attend certainement un retour sur investissement, estime M. Mikaïl. Il pourrait en effet bénéficier de la reconstruction du pays pour s'imposer dans l'exploitation du pétrole et du gaz libyens, mais aussi renforcer ses positions en Afrique.

Neutrino
02/09/2011, 16h16
Outre son implication diplomatique, le Qatar a été le seul Etat arabe, avec les Emirats arabes unis, à participer à l'intervention militaire au sein de la coalition internationale coordonnée par l'OTAN.

La "bombonne de gaz" "pet de méthane" fait une entrée remarquable sur la scène internationale.

djamal 2008
02/09/2011, 16h36
Les Banu HIllal des temps modernes s'annoncent et à haute voix, c'est pour contrebalncer les occidendentaux et heureusement.

AARROU
02/09/2011, 22h38
Outre son implication diplomatique, le Qatar a été le seul Etat arabe, avec les Emirats arabes unis, à participer à l'intervention militaire au sein de la coalition internationale coordonnée par l'OTAN.

Officiellement oui,mais officieusement: c'est l'EGYPTE,en infiltrant a l'interieur de la Libye, les Agents des Forces Spéciales de l'OTAN,et les terroristes d'EL QAIDA.

houari16
02/09/2011, 22h50
Outre son implication diplomatique, le Qatar a été le seul Etat arabe, avec les Emirats arabes unis, à participer à l'intervention militaire au sein de la coalition internationale coordonnée par l'OTAN. Et pourquoi pas le Qatar / Emirats arabes unis /Egypte jouent la carte americaine
parce que y a trop de flou sur cette question d intervention en Libye

1/droit d ingerence humanitaire en Libye suggeré par la France
2/ l OTAN agit ; cafouillage , pas un EM/mixte , pas un commandement unifié
3/CNT , une nébuleuse , un ramassi héteroclite + l AQMI
4/la France avait devancé les amerloques par une reconstruction de la Libye , une chose bizarre et incompréhensible ..ou la Libye est encore en guerre ; le cnt n est pas un gouvernement pour parler au nom du peuple libyen
5/ 44 pays africains n ont pas reconnu le cnt ( dont deux maghrebind Algerie /Mauritanie )
6/ et ...et ...
7/ les amerloques sont en expactatif , les déclaration en goutte

Y a anguille sur roche ..l avenir va nous surprendre par des surprises ,
peut etre aussi ça sera le chaos en Libye ..le terrorisme trouvera la Libye pour s imposer ..

AARROU
03/09/2011, 03h11
houari16

Et pourquoi pas le Qatar / Emirats arabes unis /Egypte jouent la carte americaine
parce que y a trop de flou sur cette question d intervention en Libye

1/droit d ingerence humanitaire en Libye suggeré par la France
2/ l OTAN agit ; cafouillage , pas un EM/mixte , pas un commandement unifié
3/CNT , une nébuleuse , un ramassi héteroclite + l AQMI
4/la France avait devancé les amerloques par une reconstruction de la Libye , une chose bizarre et incompréhensible ..ou la Libye est encore en guerre ; le cnt n est pas un gouvernement pour parler au nom du peuple libyen
5/ 44 pays africains n ont pas reconnu le cnt ( dont deux maghrebind Algerie /Mauritanie )
6/ et ...et ...
7/ les amerloques sont en expactatif , les déclaration en goutte

Y a anguille sur roche ..l avenir va nous surprendre par des surprises ,
peut etre aussi ça sera le chaos en Libye ..le terrorisme trouvera la Libye pour s imposer ..

La crise Economiques qui frape les USA les obligent à repartir la tache entre leur plus fidèles allies ( de leur propre gré ou malgré eux ) ,on a l'impression qu'ils ( USA ) sont en retrait,mais en réalité c'est eux qui orchestrent le tous.

Ils ont demandé aux Européens de s'engager a leur place en Afrique et au moyen orient, d’ailleurs c'est à Tony Blaire que le rôle d’intermédiaire dans le conflit en Palestine a été attribué.

Aux Turques ,c'est le rôle de contrer l'influence de l'IRAN au Moyen Orient,qui leur a été attribue,et en voit Ordogan s'engager a fond en SYRIE, en Libye il a envoyé des avions dans une base en Sicile ,la même base que l'OTAN utilise pour bombarder les positions loyalistes.

La crise oblige les USA de faire profil bas,mais ils sont toujours présent pour défendre leur intérêt même contre leur propres alliés.

mehdi-amazigh
03/09/2011, 03h19
Aarou

Tu as parfaitement raison, dans l'ombre se cache les USA!

La Turquie est le cheval de Troye au Moyen Orient vis à vis de la Syrie, dont le but est d'isoler l'IRAN, future cible après la Syrie!

houari16
03/09/2011, 03h22
La crise oblige les USA de faire profil bas,mais ils sont toujours présent pour défendre leur intérêt même contre leur propres alliés.
@AARROU
salut
Profil bas , je suis tout à fait d accord avec toi .
les amerloques ne laisseront jamais les européens rafler tout ( je vois que la France veut s accaparer de l Afrique )
N oublie pas la guerre economique mondiale ( le dollars contre l euro )

Alors comment se fait -il que Sarko provoque une reunion avec les amis de libye en devançant les americains ;)?
le cas libyen au Maghreb arabe .( Algérie /Mauritanie ne connaissent pas le CNT .. )
*y a anguille sous roche entre la France et les USA.

AARROU
03/09/2011, 06h14
Houari

Alors comment se fait -il que Sarko provoque une reunion avec les amis de libye en devançant les americains ?

Mise en scène cher ami.

Il faut se remémorer que le système bancaire Anglais,et soutenu par les banques Américaines ( c'est pour ça que ces derniers ne sont pas dans la zone EURO) si les USA tombent, l’Angletaire tombera ,si les Rosebeefs tombent , le reste de l’Europe suivras.

Sarko ne peut intervenir nul part sans l'aval US,au minimum il a besoin de la caution morale des Ricain, au cas ou ça se passe mal;et ça, ça se paye.

Il faut pas se leurrer,en Libye le gros du travail a été fait par les RICAINS.

Un autre point que j'ai failli oublier,l'image des USA chez les Arabes n'a pas besoin d’être encore plus altéré,alors ils avancent en premier dans la scène, un bouffon .

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