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Voir la version complète : Abdelkader Djemaï: Le nez sur la vitre


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morjane
21/09/2004, 10h55
Bonjour,
Entre les lignes est une émission radiophonique littéraire sur RFI. Elle est diffusé le dimanche matin à 9 heures T.U. (donc pour la France 11h)

Dimanche 26 septembre, on parlera avec un écrivain algérien que je ne connaissais pas Abdelkader Djemaï , qui présentera son livre, entres autres.

Alors si cela vous intéresse :
Abdelkader Djemaï
est né en Algérie et réside aujourd'hui en France. Journaliste, poète, romancier et auteur de théâtre. Son roman Un été de cendres a remporté le Prix Albert Camus en 1995. Il a également une activité sociale très importante dans le milieu carcéral et dans le milieu éducatif où il a ouvert des classes de composition, dont les résultats ont été publiés dans une quinzaine de volumes. Il est l'invité de nombreux festivals littéraires, et participe régulièrement à des rencontres sur le thème de la Francophonie.

Le nez sur la vitre
Un émigré algérien de 58 ans quitte Avignon, où il vit, pour retrouver à Nancy un de ses fils, âgé de 25 ans.
C'est durant le trajet en car que se déroule le roman. Aux choses vues par le vieil homme sur la route se mêlent le souvenir d'un voyage en autocar qu'il a fait, enfant, avec son propre père, en Algérie, et l'évocation de ce que fut sa vie depuis. Se mêle aussi l'histoire de ce fils avec lequel il n'a jamais communiqué.

Avec la simplicité des grands, Djemaï donne une nouvelle dimension au thème qui lui tient à coeur et que, livre après livre, il explore : les émigrés algériens en France. Il ne « sociologise » pas, il ne politise pas, il ne polémique pas. A travers l'histoire banale de personnages ordinaires, il donne à voir et à sentir et nous touche au coeur. Il y a dans ce nouveau roman une âpreté plus forte que dans les précédents. Certes, il ne s'appesantit pas sur la tragédie de ce vieil homme courageux et digne qui n'a rien compris à l'éloignement de son fils, immigré de la deuxième génération. Mais la réserve avec laquelle il la traite, la rend encore plus poignante. Ce livre court, à la fois doux et abrupt, laisse un souvenir prégnant.

Entre les lignes (http://www.rfi.fr/Fichiers/Magazines/emissions/arts_culture/entre_lignes_tv.asp)

Cordialement

sentenza
22/09/2004, 20h55
Et bien moi qui cherchait dans les rayons des librairies ce que j'allais lire prochainement, c'est tout vu

East_in_West
22/09/2004, 22h51
Pareil pour moi, merci pour cette référence!

morjane
24/09/2004, 19h50
Azul Sentenza et East_in_West,

Merci , moi aussi je compte me l'acheter.

Bon week

sentenza
24/09/2004, 20h37
Et ça sera une bonne occasion d'en discuter

sentenza
18/10/2004, 23h23
J'ai enfin lu ce roman il y a qq jours, et je vous le recommande.
Je ne vais surtout pas vous raconter l'histoire, mais j'ai beaucoup apprécié le style littéraire (attention à bien rester concentré sur la lecture :wink: fais ) l'auteur alterne entre la description du trajet (le présent), l'histoire du fils et le passé des parents en Algérie.
A lire !

liams
19/10/2004, 05h21
j'ai pas lu depuis des années ( sans mentir ) je me laisserai bien tenter la du coup !!!

sentenza
19/10/2004, 13h09
Vas y ! En plus il est pas gros :wink:

liams
19/10/2004, 14h40
wouahhhh !!!

terrible l'argument !!! j'avoue la grosseur du livre demotive pas mal de personnes... alors la double motivation !!! :wink:

merci a bientot

sentenza
19/10/2004, 19h54
Disons que pour une reprise ça sera plus facile :wink:
Et puis il se bien, je te rassure.
Mais autrement la longueur n'est pas un frein à la lecture, sauf si c'est du Proust !!!

morjane
14/12/2004, 13h50
Bonjour ,

Le nez sur la vitre est le récit d’un homme qui part à la recherche de son fils, dont il est sans nouvelle..

Pour le retrouver il doit aller en ville et prendre un autocar. En réalité c’est un retour sur sa vie qu’il emprunte et se retrouve des années plus tôt .Il nous fait revivre son passé qui l’a amené à émigrer ainsi que son enfance vécu avec son père. C’est un fil d’Ariane qu’emprunte sa mémoire et il retrouve ses racines qui le lient et le relient avec son père et sa famille.
C’est un message hommage à son père décédé alors qu’il n’avait que 15 ans. Un homme brave et bon plein de pudeur et pudeur est ce mot que je retrouve tout au long du récit. Notamment lorsqu’il décrit son papa, ou lorsqu’il parle de sa nuit de noce ou de l’attachement qu’il a avec son épouse qui est sa cousine choisi par sa mère sans l’avoir connu ou avoir parlé avec elle ou si peu car c’était ainsi..
Mais un certaine forme d’amour qui sans être passionnel est présent, c’est une complicité emplis de retenus, tout est gardé en sois, pas exprimer car cela ne se faisait pas. Mais cette envie de tendresse est présente et les lie, et je pense que c’est dommage de ne pas pouvoir l’exprimer car on se prive de quelque chose de doux et fort mais l’époque et la coutume exigeait cette retenue.

Extrait
"Apres 30 ans de vie commune, ils n’avaient pas osés se dire, devant les enfants ou en public, leur amour, et encore moins se toucher, s’embrasser. Son épouse ne posera pas tendrement ses lèvres sur sa joue rugueuse ou sa tête contre son épaule comme l’avaient fait tout à l’heure la vieille dame et la femme à la tunique indienne qui s’était assoupie…. Il ne lui avait pas no plus acheté des fleurs ni le l’avaient emmenés sur une île lointaine. Ils étaient liés par une sorte de complicité silencieuse qui ne les avaient pas empêchés de se sentir bien ensemble d’avoir 4 enfants ."

C’est aussi l’histoire aussi de ce fils, l’absent qui est si présent à travers chacun des mots du narrateur. Ce fils qui a grandis trop vite qui est né sur cette rive loin du douar de son père et de ses ancêtres et qui est un enfant de cette rive mais sans de réelle racine qui grandis trop vite et que le papa par toute sa pudeur et n’a pas sus retenir. Son fils a grandis hors de lui plus attaché à sa mère qu’a lui. Il a grandi et a poussé, a eu une période de révolte puis a découvert l’amour qui l’a apaisé il voulait fonder une famille, voulait un avenir.
Puis le malheur tel un corbeau noir qui rode s’est abattu sur lui de manière atroce et le récit se termine de façon brutale et irrémédiable sur cette tragédie.
Un pan se referme ne reste que le chagrin.

J’ai aimé ce livre car il est dense plein de sentiments. C’est un petit livre par sa taille 79 pages mais si dense et si riche en sentiments. La nostalgie a une telle force, les souvenirs aussi. Ce livre déborde de tendresse cachée à chacune des lignes. Il faut la découvrir et prendre le temps de la faire naître.

La fin est dramatique et tombe comme un couperet.. Moi qui aime les Happy End, je me sens toujours trahis par cela mais elle s’est pourtant incrusté entre les lignes car une tension s’introduisait de façon sournoise et impalpable et me broyait le cœur sans que je comprenne le pourquoi de cette sensation.

Le seul bémol concerne la narration qui est très détaillé. L'auteur raconte avec minutie chaque détail. Au début cela m'a lassé et puis au fil du récit, ce souci du détail m'a plut car je visualisais chacune de ces paroles et entrait encore plus dans son récit. L'air devenait son roman

Mes mots de la fin qui pour moi caractérisent ce livre seront Pudeur, Amour, Tendresse, Détresse.


Cordialement

sentenza
15/12/2004, 09h10
Bonjour Morjane,

Merci pour ce petit résumé.

J'ai eu la même impression que toi à la lecture des premières pages : un souci du détail proche de celui de Balzac :biggrin:
Mais au fil de la narration on comprend l'importance d'une description aussi minutieuse de l'environnement qui entoure le père.
J'ai prêté le roman à un de mes amis.

morjane
15/12/2004, 17h17
Bonjour Sentenza,
Certes, il ne s'appesantit pas sur la tragédie de ce vieil homme courageux et digne qui n'a rien compris à l'éloignement de son fils, immigré de la deuxième génération. ça je l'ai pris dans le résumé du début du post mais je ne partage pas cet avis.
Enfin je le nuance, je trouve qu'il n'a pas "compris" l'éloignement de son fils car il était d'une époque où on communiquait peu et la barrière invisible qui s'était tissé entre son fils et lui était dus beaucoup à cela. Il n'etait pas possible pour lui d'avoir des liens ouverts. Tout est dans la retenue et le non dit. Et je pense que si son fils avait continué à vivre et fondé à son tour une famille la relation aurait repris son cours et le fil aurait été rompu.
Et toi qu'en penses tu?

Cordialement :biggrin:

clémence-bienveillance
15/12/2004, 19h11
salut à toutes et à tous, salut MORJANE,

dire qu'il fallut de nouveaux commentaires pour que je puisse remarquer cette oeuvre que tu as décrite avec beaucoup de fidélité et une forme de détail qui donne une grande envie de sa lecture.

grace à ton analyse ainsi qu'à celle Sentenza, concise mais précise, j'imagine tous les contours de cette histoire et les étapes franchies par les acteurs concernés.

j'en déduit que plus que dans une siociété non caractérisée par les différences culturelles, la communication est trés importante dans un environnement caractérisé par des différences culturelles importantes et que l'immigration même si elle permet de régler plusieurs problèmes , elle est aussi à l'origine d'autres problèmes.

je retiens aussi cet enseignement que j'ai commencé à découvrir depuis un certain temps mais qui est conforté à chque fois. il consiste à dire que l'immigration n'est pas toujours faite que de plaisir , elle est parfois plus difficile à vivre que tout avantage que les intéressés peuvent en tirer.

C.B.

liams
15/12/2004, 20h28
mes insomnie se sont calmés... un petit peu...

j'ai acheter ce livre il y a quelques semaine deja suite au bons conseils de sentenza et je l'ai lu pensant pourvoir me fatiguer les yeux mais rien n'y a fait . il ne fait que 80 pages mais il les vaut bein je l'ai devorer en une seul fois...


le nez sur la vitre, parce que qu'il le vaut bien !!!

sentenza
16/12/2004, 22h51
Bonsoir à tous,

Morjane, pour répondre à ta question, je saisis tout à fait la relation qu'il y a pu avoir entre le père et son fils.
Cette pudeur, elle existait dans la relation que j'avais avec mon père.
Cette relation est complètement différente de celle que l'on peut avoir avec sa mère.
Le père incarne l'autorité, et une certaine forme de respect s'impose.
Ce respect envers le père, se traduit par une certaine distance en comparaison avec la relation maternelle.
On parle beaucoup plus facilement avec sa maman qu'avec son père.
Mon père s'assurait que tout allait bien pour moi, et s'il voyait que ma scolarité se déroulant sans pépin, il me faisait confiance et intervenait rarement pour superviser mes notes, mes devoirs ...
Il se contentait de voir mes bulletins trimestriels, et puis comme tout allait bien, me faisait peu de commentaires.
Après mes études, quand j'ai décroché mon premier job, il n'a jamais chercher à savoir combien je gagnais, ce que je faisais précisément.
Il savait que je faisais ce que j'avais envie de faire, que ça me plaisait, et passait son chemin :wink:
En fait voilà, cette distance avec le père (distance tout à fait relative) traduit une certaine liberté laissé au fils, une volonté de ne pas trop se mêler de la vie de son fils.
Le père sait que pour devenir un homme, il faut laisser l'enfant se forger par lui même.
Il laisse à la maman le soin de prêter attention à l'enfant pour tous les petits problèmes de la vie quotidienne.

morjane
17/12/2004, 12h08
Bonjour,

Azul liams,
J'espère que tes insomnies te laisseront tranquille. Tant mieux si tu as aimé le livre.
J'essayerai autant que le temps me le permettra de vous parler de livres que je lis et même chacun de nous pourra le faire. Il est intéressant d'élargir son choix et de connaitre la façon dont chacun ressent la lecture d'un livre.
Bon courage pour toi en tous les cas.

Azul Sentenza,
Si je te disais que lorsque je lisais ce livre et que je sentais ce lien et cette pudeur qui est sous jacente mais si forte, je pensais aussi à toi et à ton papa? Tu as cette pudeur toi même en en parlant et cet amour et toute cette tendresse envers ton père et réciproquement que même sans le dire, le silence des mots le disent.
Prends soin de toi


Azul Clémence,
Je te remercie . Je crois qu'une communication verbale est parfois nécéssaire sur certain points. Mais là aussi joue la différence des sexes. Une maman pourra plus facilement verbaliser sa tendresse et son amour et sa fierté envers son fils ou sa fille. Pour un homme, maintenant les hommes le diront peut être plus facilement mais il n'y a pas si longtemps, cela se faisait voir autrement . Exactement de la façon dont le décrit Sentenza.
C'est aussi parce qu'une femme a toujours besoin d'être rassurée et qu'on lui dise verbalement que oui je t'aime alors qu'un homme n'y pense pas forcèment car ses gestes et ses actions démontrent déja tout cela.
Enfin c'est ainsi que je le ressens.

A propos de l'immigration, il est exacte qu'elle génère d'autre maux, d'autres complications surtout quand on va dans un environnement de differentes cultures. Ce n'est pas facile d'être immigré de la seconde génération mais je pense que cela dépend aussi dont les parents ont vécus eux même cela et le vivent.
Pour moi l'intégration n'est pas une dissolution. On doit rester ce que l'on est et s'adapter comme un caméleon mais ne rien renier de ses racines, de ses valeurs , de sa culture.
Je sais aussi que c'est un véritable problème qui demande un débat bien plus que ces quelques mots.

Cordialement et belle journée

clémence-bienveillance
18/12/2004, 18h50
salut à toutes et à tous, merci pour ta réponse Morjane,

je crois bien que des oeuvres comme celles que tu viens de décordiquer toi et les autres contrinuera énormément à une meilleure compréhension des conditions de l'immigration et de toutes les péripéties qui sont vécues par eux.

je ne sais si je me trompe ou pas mais je crois bien que toutes les analyses effectuées jusqu'à l'heure émanent spécialement des gens de l'immigration (toi, Sentenza et les autres). il serait peut être intéressant que l'oeuvre soit décortiquée par l'autre rive et voir ce qu'en pensent les gens d'outre mer, comme moi en se plaçant bien sur de votre coté.

en tout cas, si j'arrive à dénicher ce bouquin, j'essaierai de vous livrer mes impressions d'un algérien vivant en algérie et qui de surcroit ne connait pas grand chose sur les grandes difficultés vécues par les immigrés.

durant la dernière foire du livre qui a eu lieu ici en algérie, j'ai discuté longuement avec les responsables d'une maison d'édition qui se propose d'aider les jeunes auteurs à livrer leurs talons. ils m'ont proposé un coktail de petites oeuvres que j'ai acquise avec plaisir, que je lirai dès que j'aurai un peu de temps et ca sera pour moi un véritable plaisir que de pouvoir partager avec vous tous les enseignements que j'aurai tiré.

au fait, il s'agit de la maison d'édition MARSA.

merci à vous tous.

morjane
21/12/2004, 17h38
Azul Clémence,

A mon tour de te remercier pour ta réponse. Ah! tu as été à la foire d'Alger, c'est génial.
Est il exact que les prix sont encore prohibitifs et qu'il y avait une forte demande de livre religieux et que les stands religieux y étaient nombreux. Je crois que pour les enfants c'était tres bien fait et intéressant , était ce vrai?

Pour la maison d'éditions Marsa, à priori je ne pense pas connaitre. Je regarderai plus attentivement lorsque je me promènerai en librairie.
Ah! Oui, ce serait avec bonheur que j'aimerai lire l'avis de lecteur de l'autre rive.
Pour parler du livre et même des deux livres, je ne me suis pas basée d'après moi, j'essaie toujours d'avoir un oeil critique et d'avoir une certaine distance mais d'un autre coté ma perception est basée en fonction de ma personalité et mon caractère.

Cordialement

clémence-bienveillance
21/12/2004, 19h29
salut à toutes et à tous, salut Morjane,

pour répondre à tes questions je dirai que la foire du livre malgré ses lacunes a été une bouffée d'oxygène pour les lecteurs de manière générale, c'est vrai que le livre religieux a marqué de sa forte présence la foire de cette année ainsi que celle des années précédentes mais il faut dire qu'il y avait pour tous les gouts et tous les ages.

les prix de livres de certaines branches telle la technologie et les sciences de manière générale ont été proposés à des prix prohibitifs spécialement pour les étudiants mais ceux qui ont su guetter les moments propices ont pu profiter de remises assez conséquentes.

les livres de littérature et des siences humaines de manière générale ont été proposés à des prix relativement abordables , avec même des remises conséquentes.

pour ma part, cette foire m'a permis de retrouver certaines anciennes oeuvres et de découvrir d'autres . j'en ai acheté pour une lecture de toute une année.

C.B.