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Voir la version complète : À Washington, Nétanyahou joue des lobbies


soufiane-oujda
30/09/2011, 19h19
Fort de 100.000 membres, l'American Israel Public Affairs Committee veille à maintenir intacte l'alliance «stratégique» qui lie les États-Unis à Israël.

Au mois de mai dernier, quand Barack Obama se présente devant les quelque 6000 invités du lobby pro-israélien de l'Aipac pour y expliquer son plan de paix - visant à créer un État palestinien dans les frontières de 1967 avec des échanges de territoires -, les applaudissements sont à peine polis. «S'il vous plaît, ne huez pas le président !», a demandé, dans une note diffusée avant la séance, un responsable de l'événement.

Cet accueil glacial est en contraste saisissant avec le triomphe fait par la même assemblée au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Entre «Bibi» et Obama, le cœur de l'Aipac - plutôt conservateur - ne balance pas. Un paramètre qui explique en partie pourquoi Obama a dû battre en retraite sur ses rêves de paix.

Créé en 1951, trois ans après la naissance de l'État d'Israël, l'American Israel Public Affairs Committee veille à maintenir intacte l'alliance «stratégique» qui lie les États-Unis à Israël. Avec ses 100.000 membres, ses 165 permanents, ses 45 millions de dollars de budget, l'Aipac, qui a pignon sur rue et agit en toute transparence, s'autoproclame «le lobby le plus influent en politique étrangère». Aussi influent côté démocrate que républicain, il plaide la cause d'Israël à tous les niveaux du Congrès. Les politiciens de haut rang se pressent à son gala annuel. Obama, depuis sa campagne de 2008, n'y a pas fait exception.


Les relations se sont gâtées, pourtant, dès le début de son mandat, quand le président a entrepris de rééquilibrer la position américaine au profit des Palestiniens. Décidé à faire bouger les lignes de la négociation, Obama a immédiatement appelé les Israéliens à geler la colonisation dans les Territoires occupés, en parallèle d'une vaste offensive de charme à destination du monde arabe. Son idée, largement partagée par les dirigeants européens, était que l'Administration précédente était trop biaisée en faveur de l'allié israélien.

Conscient que le bras de fer allait être rude, Obama a mobilisé plusieurs poids lourds, comme le chef de son Administration d'alors, Rahm Emanuel, un Juif de Chicago, ami d'Israël, qui y a fait son service militaire. Avec Hillary Clinton, Joseph Biden et David Axelrod, le bouillonnant Rahm a été chargé de tenir un discours de fermeté à ses amis israéliens, qui lui en ont beaucoup voulu, l'accusant de devenir un «Juif qui se déteste».

«Traître» à la cause

Dans le même temps, la Maison-Blanche a tenté de créer un rapport de force plus favorable au Congrès, en s'appuyant sur le lobby de la sécurité nationale, qui estimait indispensable de régler la question israélo-palestinienne. «J Street», un lobby libéral concurrent de l'Aipac, a tenté de pousser cette même stratégie au Capitole, soulignant qu'elle reflétait l'opinion de la majorité des Juifs américains et que la droite israélienne n'avait pas le monopole de la définition des intérêts d'Israël.


Mais Benyamin Nétanyahou a habilement contre-attaqué, prenant Obama de front en public, en mai à la Maison-Blanche, et allant défendre ses intérêts en personne au Congrès. «Nétanyahou a un instinct incroyablement précis de la politique américaine, et une grande expérience de sa presse, cela l'a beaucoup aidé à résister aux pressions de l'équipe Obama», note John Heilemann dans le magazine New York. Le journaliste souligne aussi l'«absence d'unité de l'équipe Obama», où les partisans de «l'amour vache» ( Rahm, Clinton, Axelrod, Mitchell) ont été circonvenus par Nétanyahou grâce à l'oreille compréhensive d'autres conseillers comme Thomas Donilon ou Dennis Ross. «Bibi allait voir maman quand papa lui disait non», résume un responsable de la présidence.

Le résultat est connu depuis la semaine dernière. Nétanyahou a triomphé de son bras de fer avec Obama, qui a dû embrasser la position d'Israël à l'ONU pour battre en brèche les accusations des républicains, qui cherchent à le présenter comme un «traître» à la cause israélienne.

figaro

bledard_for_ever
30/09/2011, 19h33
c'est devenu après coup le 51 état d’Amérique.

C'est plus le fruit de positionnement américain dans la région que de puissance d'Israel.

l'Arabie saoudite a aussi son lobby aux US. C'est l'état le plus rétrograde de la terre et il n'est nullement inquiété.

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