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Voir la version complète : Les bouchers s'octroient des marges jusqu'à 45%


morjane
24/05/2006, 17h40
Le prix de la viande reste toujours aussi élevé et cela malgré la baisse des prix au niveau des abattoirs. La faute en incombe aux bouchers et aux grandes surfaces qui ne répercutent pas cette baisse des prix et qui s'accordent ainsi de joyeuses royalties les marges pouvant atteindre 45%.

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La viande ovine est cédée entre 650 et 700 dinars le kilogramme contre seulement 480 dinars aux abattoirs, soit une marge de 45 % que s’adjugent bouchers et grandes surfaces. C’est du moins l’équation résultant du constat que nous avons pu relever, hier, lors d’une virée à travers certains marchés et grandes surfaces de la capitale.

Encore une fois, le circuit de la distribution ne répercute pas l’importante baisse constatée au niveau des abattoirs du pays sur les prix de détail. A Alger, et plus précisément au marché Ali-Mellah de la place du 1er-Mai (ex-Champs de manœuvres), la clientèle se faisait rare dans la partie réservée aux vendeurs de viande rouge.

Certains bouchers ont préféré baisser rideau et le charivari quotidien de ce souk a subitement laissé place au silence… des agneaux. La raison s’explique par le fait que le citoyen ne peut rester qu’anesthésié devant les prix qui s’affichent : 650 à 700 dinars le kilogramme pour le gigot d’agneau.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, un autre boucher, cinq mètres plus loin, propose des prix «plus abordables», mais à 620 dinars le kilo ! Autant donc déserter ces lieux que rester perplexe et impassible devant ces prix faramineux ! Jadis, le vendeur était là à vous attendre mais hier, à chaque halte que nous faisions, le boucher entame la discussion pour nous appâter et nous forcer la main.

Entre le stand réservé aux bouchers et celui des marchands de fruits et légumes, nous remarquons du monde autour des vendeurs de poissons. Là, nous comprenons que le poisson est beaucoup plus prisé chez le citoyen qui, malgré lui, veut bien goûter à la viande.

Nous abordons une dame venue acheter un kilogramme de sardines et, à la question sur le maintien des prix élevés de la viande ovine, elle répond sans hésiter : «je préfère acheter du poisson qui est moins cher que la viande. Il faut six kilos de sardine pour faire un kilo de viande ; c’est ça ? Non ? Alors autant se contenter de deux kilos de sardines ou rabbi oua rahamtou…» Direction, quartier des Abattoirs, ex-La Farge, et nous voilà à la grande surface de l’enseigne Carrefour.

Là aussi, les étals sont déserts depuis l’ouverture de ce grand magasin mais les prix sont là et ne diffèrent nullement de ceux proposés par les bouchers. Qu’on en juge ! Le gigot d’agneau est fixé à 680 dinars le kg, le collier et la poitrine d’agneau à 620 dinars, les côtes d’agneau à 650 dinars, le bifteck à… 800 dinars.

Des prix qui attestent que cette grande surface, censée être plus regardante sur son image, ne verse pas vers l’accessibilité de ce produit capital pour les ménages. Pourtant, au vu du chiffre d’affaires réalisé, on suppose que Carrefour détient un pouvoir sur le marché qui devrait lui permettre de proposer des prix toujours inférieurs par rapport à ceux pratiqués par les bouchers.

Pourquoi cette boulimie de marge ? Pour réponse, nous pouvons, dans un premier temps, mettre cela sur le dos de la stagnation de la demande (ou recul du pouvoir d’achat), du changement des habitudes du consommateur qui a opté pour la viande congelée ou tout simplement (c’est la supposition la plus plausible) un profit à ciel ouvert des vendeurs qui s’en donnent à cœur joie tant que l’argent rentre dans leurs caisses.

Pourtant, comme nous l’avons souligné un peu plus haut, les abattoirs d’Alger, et l’exemple peut se généraliser, cèdent le kg de viande entre 480 et 500 dinars ! Une importante baisse qui s’explique naturellement par la hausse de l’offre due à l’abondance du cheptel au printemps, la densité des zones de pâturage en herbe émanant de la bonne récolte, la pluviométrie, le PNDA… Mais le citoyen ne comprend pas pourquoi les circuits de distribution, à savoir les bouchers et les grandes surfaces, prennent pratiquement une telle marge bénéficiaire qui frise franchement le vol, alors que les bouchers et les grandes surfaces pourraient profiter de l’abondance de l’offre pour récupérer les clients qui ne jurent que par la viande congelée, avec des prix attractifs et une marge raisonnable qui ramèneraient le prix du kg entre 530 et 550 DA le kg.

Il est vrai que la concurrence de la viande congelée par rapport à la viande fraîche est un atout primordial mais aujourd’hui le kilo de cette viande n’est plus cédé à 250 dinars comme ce fut le cas lors du ramadhan 2002, année où elle avait fait une apparition tonitruante dans notre pays.

Aujourd’hui, le kilogramme de viande congelée a atteint 420 dinars, soit 60 dinars de moins que le kg de viande fraîche en gros. On se souvient que suite à l’apparition de la fièvre aphteuse au Brésil, l’Algérie a arrêté l’importation de la viande congelée et de là, ce qui explique la hausse des prix mais, depuis quelques temps, le marché entre les deux pays a repris de plus belle puisque notre pays a reçu l’assurance qu’il n’existe plus de cas suspectés de fièvre aphteuse aussi bien au Brésil qu’en Argentine.

Malheureusement, les prix, eux, n’ont pas baissé. Au contraire, ils ont grimpé !

Par Le Jeune Indépendant

3mplq
24/05/2006, 18h06
une simple question de curiosité

la viande congelée importée du Brésil est elle hallal?

la bête est elle égorgée selon le rituel musulman est y autait il un mécanisme

pour vérification du bon derroulement de l'opération?

quelqu'un le sait?

Akli
24/05/2006, 18h09
Comme si qu'il y'avait un lobby des bouchers qui deciderait des prix... que des conneries.

Akli
24/05/2006, 18h10
Halal? je ne sais pas, en tout cas plus propre que la viande vendu dans 95% des boucheries algériennes, c'est à dire moins nocive.

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