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Voir la version complète : Le gel des tarifs de l’énergie étrangle le groupe:Sonelgaz enregistre un déficit de 40 milliards DZD


RoboCop
09/10/2011, 19h17
Sonelgaz souffre de problèmes de rétrocession et de difficultés pour le recouvrement des créances exigibles auprès d’institutions publiques. Le document de Sonelgaz fait état de 37,2 milliards de dinars de créances non recouvrées en 2010.

La situation financière de l’entreprise publique reste critique malgré les programmes d’assainissement entrepris par le gouvernement. Le groupe Sonelgaz, devenu holding depuis juin dernier, vient de publier son rapport financier qui fait état d’un déficit de trésorerie de 40 milliards de dinars. Les arguments expliquant la persistance de cette situation sont nombreux. Les responsables du groupe insistent sur le gel des tarifs de l’électricité comme principale cause des déséquilibres financiers.
L’entreprise de service public, qui s’est récemment lancée dans l’industrie, a lancé un vaste programme d’investissement. Toutefois, elle ne génère pas assez de revenus pour couvrir l’ensemble de ses charges. C’est ainsi que le rapport note que «la persistance des difficultés de mobilisation des ressources financières dont le groupe a besoin en permanence l’a très rapidement fait retomber dans sa situation initiale de déstructuration financière qui a généré la même situation de déficit que celle existant à fin 2009».

Dans ce sens, les responsables du groupe ont lancé un appel aux pouvoirs publics afin de lever «la contrainte financière qui agit comme un goulot d’étranglement». Sonelgaz souffre également de problèmes de rétrocession et de difficultés pour le recouvrement des créances exigibles auprès d’institutions publiques. Le document de la Sonelgaz parle de pas moins de 37,2 milliards de dinars de créances non recouvrées en 2010. Des créances qui représentent 93 jours de chiffre d’affaires.

Des conditions de crédit défavorables

Ce faible niveau de revenus a pour corollaire un programme d’investissement qui demeure important : les différentes sociétés de la holding ont investi 240 milliards de dinars en 2010. Un programme financé essentiellement sur fonds propres et par endettement puisque la contribution du Trésor public n’a représenté que 4%, tandis que la participation des clients a été d’à peine 2%.
Le programme a été autofinancé à hauteur de 55%. Sonelgaz a réussi à mobiliser des fonds grâce aux mesures d’assainissement prises par les pouvoirs publics. Il reste que le groupe a dû recourir aux crédits bancaires, notamment à court terme. Sur les 94 milliards de dinars d’endettement mobilisé en 2010, 64,6 milliards de dinars représentent un découvert bancaire. Cela ne manquera pas d’aggraver les déséquilibres financiers de Sonelgaz : le coût des crédits à court terme représentent plus du double de ceux des crédits à long terme.

C’est justement cette situation qui a généré un déficit de trésorerie de 40 milliards de dinars. C’est aussi ce qui pousse les responsables du groupe à demander aux pouvoirs publics d’initier non seulement de nouvelles mesures d’assainissement financier comme «l’établissement d’un statut fiscal spécifique au groupe Sonelgaz, le remboursement du précompte TVA», mais aussi «un élargissement des possibilités d’accès à l’endettement à long terme». Notons enfin que l’exercice 2010 se caractérise par un résultat bénéficiaire de 11,4 milliards de dinars.

Un résultat qui ne reflète qu’un jeu d’écriture «essentiellement dû au passage au SCF en matière d’amortissement et non pas à une amélioration notable des revenus des sociétés du groupe», note enfin le rapport.

Melissa Roumadi - El Watan.

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