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Voir la version complète : Le développement économique ne suit pas le niveau record des recettes pétrole


Thirga.ounevdhou
25/05/2006, 10h19
Alors que les recettes pétrolières atteignent des niveaux record. Le développement économique ne suit pas en Afrique….


Des experts l’appellent la «malédiction du pétrole» : en Afrique, les pays exportateurs, tel le Nigeria, n’utilisent qu’une infime part de cette manne pour améliorer le sort de millions de pauvres, et l’or noir devient paradoxalement un frein au développement.

Le pétrole, notamment celui du golfe de Guinée, qui suscite la convoitise des Etats-Unis, de la Chine et de l’Inde, se trouve aujourd’hui au cœur des questions de gouvernance et de développement sur le continent. D’autant que la hausse des cours se traduit par des recettes record.

En Afrique, «l’argent du pétrole s’évapore dans la savane» et «ne conduit pas au développement économique», résume Jean-Marie Chevalier, professeur à l’université Paris-Dauphine et directeur au Cambridge Energy Research Associates (CERA).

Le Tchad, un des pays les plus pauvres du monde, exportateur de brut depuis 2003 (200 000 barils par jour), illustre ces faux espoirs. «Les Tchadiens ne comprennent par pourquoi le pétrole augmente, mais pas leur niveau de vie», a expliqué le chercheur Géraud Magrin, lors d’un récent colloque à Paris de l’Agence française de développement (AFD).

Il y a sept ans, l’exploitation du pétrole tchadien par un consortium américano-malaisien via le Cameroun avait pourtant donné lieu à un accord avec la Banque mondiale salué comme un modèle. «Il s’agissait d’utiliser le pétrole pour le développement durable», explique M. Magrin.

10 % des recettes du pétrole devaient notamment être réservés aux générations futures, et 85 % des ressources restantes devaient aller au développement. Mais le régime du président Idriss Deby Itno, menacé par des rébellions armées, tente de remettre en cause ce schéma, s’opposant à la Banque mondiale et douchant pour un moment les espoirs de voir le Tchad échapper à la «malédiction du pétrole», qui a touché les autres pays exportateurs en Afrique.

«L’or noir a bouleversé la structure des économies et bloqué le développement d’autres activités d’exportation, alimenté le clientélisme, la corruption et la bureaucratie, sans profiter aux plus démunis», commentent les experts. Jean-Marie Chevalier relève, ainsi, que les indicateurs de développement des pays producteurs ne sont pas meilleurs que ceux des pays importateurs en Afrique, un continent qui représente environ 11 % de la production et 9,4 % des réserves mondiales.

En Afrique subsaharienne, certains pays exportent depuis longtemps du brut, comme le Gabon, le Nigeria, le Congo ou le Cameroun. Depuis quelques années, des nouveaux venus sont arrivés sur le marché. Outre le Tchad, il s’agit de la Guinée équatoriale, du Soudan, de Sao Tomé et de Principe, et tout récemment de la Mauritanie.

Le Nigeria fait figure de cas d’école de la «malédiction pétrolière». Il est devenu le premier exportateur d’Afrique, avec 2,5 millions de barils par jour, mais «l’évolution est catastrophique et le pays régresse en termes de développement humain», souligne Philippe Sébille-Lopez, de l’Institut français de géopolitique.

Plus de 70 % des quelque 130 millions d’habitants du pays le plus peuplé d’Afrique croupissent dans la pauvreté et survivent avec moins d’un dollar par jour. La misère alimente les frustrations et la violence dans le delta du Niger, principale zone de production.

Jean-Marie Chevalier explique que des experts de Mauritanie sont partis les voir pour leur demander : «Que faire pour échapper à la malédiction pétrolière ? » Pour Paul Collier, un économiste de l’université d’Oxford, les pays riches «doivent faire pression pour que soient établis des mécanismes de contre-pouvoir», seuls susceptibles de favoriser le contrôle de la manne pétrolière et de favoriser la croissance.

Si le tableau semble sombre, quelques lueurs d’espoir apparaissent : des ONG et la société civile, comme au Nigeria et au Tchad, demandent de plus en plus des comptes aux gouvernements et tentent de faire pression pour une meilleure utilisation de l’or noir.

- Le jeune Independant

Pihman
27/05/2006, 20h56
Les gouvernants, pour bien travailler, doivent tous le temps se sentir sous pression. Disposer de matelats de $ les poussent à plus de paresse, et c'est normal, c'est la nature humaine.

Ne peut couper dans le vif (prendre des décisions douloureuses mais salutaires) que celui qui a le dos au mur.

Conclusion :

Gouverner un pays pétrolier est bcp plus difficile qu'un pays non petrolier.

Il faut plus de sagesse, et plus de crédibilité, et plus de lutte contre la corruption, et plus ....

aniasse
27/05/2006, 22h23
C'est tous simple..car on ne sait pas faire..

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