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arayzon
24/10/2011, 11h57
"On grandit souvent celui que l’on veut avilir" (proverbe arabe)

«Il ne faut jamais se réjouir de la mort d’un homme quel qu’il soit»…«Nous ne voulions pas sa mort, il aurait pu se rendre dans de bonnes conditions». De Sarkozy à Juppé, les vainqueurs sentent bien qu’ils doivent se démarquer des images terribles du massacre d’un homme, qui provoque une sorte de révulsion. Les images ne mentent pas et sont plus fortes que toutes les explications et versions. C’est la haine hideuse de la populace, ivre de vengeance, qui a achevé un homme blessé et devenu sans défense.



Bernard-Henri Levy, qui pourtant s’y connaît en crime de guerre et crime contre l’humanité, trouve que, finalement, il s’agit d’un débordement, comme il y en a dans toute révolution. Ce philosophe humaniste-là aime la terreur. Qu’aurait-il dit, cependant, si le Hamas avait réservé au soldat Shalit le sort de Kadhafi ?

La fin des dictateurs meilleure que leur vie

Il y a, dans les démocraties ou ceux qui s’en réclament abusivement, une sorte de malédiction. Leurs libérations se terminent par une sale fin. On passera sur le martyr du peuple allemand, dont la protection des populations civiles n’a pas été une priorité des démocrates,alliés des Soviétiques. Depuis le suicide du führer ,les démocraties ne supportent pas que les dictateurs, ou qualifiés tels, lui échappent. Les forces du Bien enragent toujours des morts tranquilles de Franco et Pinochet. Mais, finalement, pour leur image de « gentil » cela vaut mieux.

Le 25 décembre 1989, le président de la République Socialiste de Roumanie, Nicolae Ceausescu, et son épouse, Elena, étaient fusillés par une unité d'élite des troupes roumaines. Aujourd'hui, cette exécution est loin d’être un sujet de fierté en Roumanie.

"Procureur: "qui vous êtes? » ; Ceausescu: "je suis président de la Roumanie et commandant en chef de l'armée roumaine. Je refuse de vous parler, car vous êtes provocateurs"… Procureur: "pourquoi avez-vous affamé le peuple?" ; Ceaucescu: "en tant que président, je ne répondrai pas à cette question. Mais en tant que citoyen, je vais vous dire ce qui suit. J'ai garanti à chaque paysan 200 kg de blé par membre de sa famille. Vous mentez en affirmant que j'ai affamé les gens. C'est un mensonge éhonté. Cela prouve que vous manquez de patriotisme » ; Procureur: "vos programmes sont excellents sur le papier. Mais pourquoi ne sont-ils pas appliqués?"

La fin du procès est connue. Après une salve tirée par les soldats, Nicolae Ceausescu gisait sur terre et son visage exprimait l'étonnement. Avant de mourir, son épouse Elena a exigé qu'on enlève les cordes qui l'entortillaient, en assurant qu'elle avait nourri et élevé les soldats qui l'entravaient.

On peut revenir, également, sur la fin de Saddam Hussein. On l’a exhibé comme un rat dans un trou, pour l’avilir après l’avoir drogué. Mais à l’issue d’un procès honteux, pendant sa pendaison en direct, il a été d’une morgue et d’un courage qui ont forcé l admiration. Il était bien plus digne et plus grand que ses juges. Qui peut dire le contraire ? Quant à Kadhafi, on a vu comment, incrédule, il est lynché par un peuple dont, dans sa folie déconnectée du réel, il a cru, jusqu’au bout, qu’il lui était dévoué en grande partie.

Une résistance inégale et malheureuse prend toujours du sens

L’Otan affirme maintenant n’y être pour rien et l’Onu demande une commission d’enquête. On croit rêver. Bien sûr que l’objectif était de le tuer pour gagner la guerre. Et maintenant, on dit qu’on ne voulait pas que cela se termine comme cela.

L'Otan ignorait que Mouammar Kadhafi se trouvait dans l'un des véhicules du convoi dont l'aviation alliée a bloqué, jeudi matin la progression, près de Syrte, précipitant la fin de l'ex-dirigeant libyen, a déclaré l'Alliance Atlantique. Le récit détaillé de l'opération aérienne suggère que le convoi, tentant de fuir la ville natale de l'ex-«Guide» de la révolution libyenne, était plus important que ne le laissaient entendre les premières informations. L'aviation de l'OtTAN, précise le communiqué, a touché 11 véhicules du convoi que formaient, au total ,quelque 75 véhicules.

Safia Kadhafi, la veuve de l'ex-dirigeant libyen, a réclamé une enquête des Nations unies sur les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi, rapporte la chaîne de télévision syrienneArraï. Safia Kadhafi, qui s'est réfugiée en Algérie, demande aussi que la vérité soit faite sur la mort de Moutassim, un des fils du colonel libyen, tué lui aussi jeudi près de Syrte. Sur un bandeau déroulant diffusé à l'antenne, Arraï précise que la veuve de Mouammar Kadhafi est fière du courage de son mari et de ses enfants qui, ajoute la chaîne, ont résisté à 40 pays et à leurs agents pendant six mois. Elle les considère comme des martyrs.

Est-ce vraiment totalement terminé ?

« Saïf al Islam Kadhafi, fils de l'ancien dirigeant libyen, fuit la région de Syrte en direction du Niger », a dit un haut responsable militaire du Conseil national de transition (CNT). «Nous sommes à sa recherche. Les combattants dans la région sont en alerte», a déclaré Abdoul Madjid Mlegta. Saïf al Islam, l'ancien dauphin présumé de Mouammar Kadhafi, se déplacerait dans un convoi de trois véhicules armés, a ajouté le coordinateur des opérations militaires du CNT. Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre l'humanité. Un responsable militaire du CNT affirmait que le convoi de Saïf al Islam était encerclé par ses hommes.

L'un des fils de Mouammar Kadhafi, Saadi, a trouvé refuge, début septembre, à Niamey, la capitale du Niger. Le gouvernement nigérien a indiqué, jeudi, que Abdallah al Senoussi, chef des services de renseignement de Mouammar Kadhafi, avait trouvé refuge dans l'extrême-nord du pays. Senoussi, beau-frère du «guide» libyen, est également recherché par la CPI.

La Libye n’existe plus. Il faut la reconstruire. « Il n’y a ni institution, ni armée», indiquait, à 20 Minutes, Riadh Sidaoui, le directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales de Genève. Selon Riadh Sidaoui, la priorité va être de «construire une armée nationale, homogène et disciplinée». Le pays regorge en effet d’armes, dont pourraient s’emparer des groupes radicaux qui pourraient nuire à la réconciliation. L’Otan a d’ailleurs déjà indiqué que l’arrêt progressif de ses missions de surveillance se ferait en fonction des capacités du CNT à maintenir la sécurité dans le pays.

Seulement, se pose la question des leaders. Le CNT a bien un chef officiel, Moustafa Abdeldjelil, mais son numéro deux, Mahmoud Jibril, est également en vue. Et le Conseil souffre déjà de divisions internes, entre laïcs et partisans d’un islam politique. Des chefs militaires, qui ont mené la bataille sur le front, pourraient également se manifester et réclamer des féodalités.

Tout commence, paraît-il; mais la fin se termine mal. Tout le monde le sait, mais personne ne veut le dire. Il y a, dans les pays arabes et musulmans, une malédiction qui pèse sur les vraies fausses victoires des hypocrites démocraties… La Libye n’y échappera pas. On en prend le pari.

Jean Bonnevey

Source : lepost.fr

oukil salah
24/10/2011, 13h48
Est-ce vraiment totalement terminé ?

en lybie :
oui , il n y'a que les nostalgiques qui croient le contraire

en syrie :
non , pas encore , on attend la capture dAl assad

arayzon
24/10/2011, 17h33
Est-ce vraiment totalement terminé ?Il y'a une inconnue et non des moindres...



Abdelhakim Belhaj, le retour d’Al-Qaeda

Portrait : Jihadiste de longue date, le nouveau gouverneur militaire de la capitale libyenne avait été capturé par la CIA.


Pour les services secrets américains, l’homme qui a pris Tripoli à la tête des rebelles libyens et en est aujourd’hui le gouverneur militaire de facto, est une vieille connaissance. La CIA l’a pisté, traqué, et, finalement capturé en Malaisie en 2003. Elle l’a ensuite transféré dans le plus grand secret dans l’une de ses «prisons secrètes», celle de Bangkok. A cette époque, Abdelhakim Belhaj, plus connu sous le nom d’Abou Abdallah al-Sadek, né le 1er mai 1966, a déjà derrière lui une belle carrière de jihadiste qui a commencé, comme pour tant d’autres militants, en Afghanistan, en 1988. Mais si la CIA le recherche, c’est d’abord parce qu’il est un des fondateurs et même l’«émir» du Groupe islamique combattant (GIC) libyen, une petite formation ultraradicale qui, dans les années précédant le 11 Septembre, possédait au moins deux camps d’entraînement secrets en Afghanistan. L’un d’eux intéressait au plus haut point la CIA, celui de Shahid Cheikh Abou Yahya, à une trentaine de kilomètres au nord de Kaboul, dans lequel le GIC accueillait des volontaires liés à Al-Qaeda.

Pakistan. L’organisation de Ben Laden a d’ailleurs compté nombre de Libyens parmi ses dirigeants, dont Abou Faraj al-Libi, qui fut son chef militaire jusqu’à son arrestation en 2005, ou Abou al-Laith al-Libi, un des chefs militaires d’Al-Qaeda, tué en Afghanistan en 2008. En 2007, le GIC sera avalisé par Al-Qaeda sur Internet par Ayman al-Zawahiri, alors son numéro 2. Le GIC appellera alors les Libyens à se révolter contre Kadhafi, les Etats-Unis et «les infidèles».

Après l’Afghanistan, la piste de Abdelhakim Belhaj mène au Pakistan, en Irak. Dans ce dernier pays, il aurait été proche d’Abou Moussab al-Zarqaoui, le chef d’Al-Qaeda dans ce pays, où les Libyens constituent le second contingent de volontaires islamiques après les Saoudiens. Après avoir été longuement interrogé à Bangkok, probablement torturé, par la CIA, il est remis en 2004 aux services secrets libyens.

En 2009, le régime libyen, sous l’impulsion de Saïf al-Islam, le fils et le dauphin de Kadhafi, entreprend une inattendue politique de réconciliation avec le GIC. Est-ce la conséquence des tortures qu’ils subissent mais les chefs du groupe publient un document de 417 pages, appelé «les études correctrices», dans lesquels ils décrètent que la guerre sainte contre Kadhafi est illégale et n’est permise que dans les pays musulmans envahis (Afghanistan, Irak, Palestine). Cela vaut à Belhaj de sortir de prison. Il ne restera pas longtemps fidèle à sa parole puisqu’il rejoindra l’insurrection et prendra la tête des insurgés de l’Ouest et de la Montagne berbère qu’il conduira à la victoire à Tripoli. Un succès permis grâce aux bombardements de l’Otan.

Belhaj s’est-il distancié d’Al-Qaeda ? Difficile à dire puisque l’homme s’est parjuré déjà à deux reprises. Il est ardu de ne pas voir sa griffe dans l’assassinat du ministre de l’Intérieur, Abdel Fattah Younès, le mois dernier. «Pour une bonne raison, souligne un observateur libyen, c’est Younès, quand il dirigeait les forces spéciales, qui a mené une lutte acharnée contre le GIC de 1990 à 95 en Cyrénaïque.»

Postes militaires. Ce n’est sans doute pas un hasard si ce sont les anciens du GIC qui occupent aujourd’hui les postes militaires de premier plan : Belhaj à Tripoli, Ismaël as-Salabi à Benghazi, Abdelhakim al-Assadi à Derna… Au sein du Conseil de transition, on trouve Ali Salabi. C’est lui qui a négocié en 2009 pour le compte de Saïf al-Islam la libération des prisonniers du GIC en échange de leur renoncement à l’action armée. La boucle est bouclée.


Par Jean-Pierre Perrin

Source : liberation.fr

Complément d'informaton:

En mai 2011, il rejoint l'insurrection contre Khadafi. Il part pour le Qatar où il prend la tête de la Brigade du 17 février, formée et armée par la France et les Émirats Arabes Unis. De retour sur le terrain des opérations grâce à un point aérien à la mi-août, il dirige avec sa brigade les « insurgés de l’Ouest et de la Montagne berbère » au Djebel Nefoussa. Principale force militaire de l'opération aube de la sirène, il s'empare de la caserne Khamis et de ses importants stocks d'armes puis devient le commandant du conseil militaire de Tripoli en charge de la capitale libyenne après sa conquête par les forces de l'opposition suite à la bataille de Tripoli de 2011.

Source : wikipedia.org

http://www.youtube.com/watch?v=7EyQZG-uNKc

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