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Voir la version complète : Algérie : Alimentaire, une facture salée


zek
25/10/2011, 08h53
Les importations algériennes n’en finissent plus d’augmenter, avec un bond de plus de 16 % en 2011. Et le budget qui leur est alloué a suivi le mouvement, en hausse de quelque 3 milliards de dollars cette année.


Selon les informations du Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS) des Douanes, publiées par l’agence Algérie Presse Service (APS), les importations algériennes de produits alimentaires ont explosé, comme en atteste l’augmentation de 59 % qui a été enregistrée durant le premier semestre de l’année 2011.

Sur cette seule période, les produits alimentaires importés ont représenté 20,76 % du volume global des importations pour un coût de 4,8 milliards de dollars, contre plus de 3 milliards pour la même période en 2010.

Cette hausse s’explique d’abord par la montée du cours des matières premières sur les marchés internationaux. Le prix des céréales, par exemple, oscille aujourd’hui entre 350 et 400 dollars la tonne.

Selon un quotidien algérien, ce sont les céréales (93 %) et les produits laitiers (42,3 %) qui ont enregistré les plus importantes fluctuations. Ainsi, l’enveloppe dédiée à l’achat de farine, de blé dur et d’orge est évaluée à quelque 2 milliards de dollars pour les six premiers mois de cette année…

Quant aux autres produits alimentaires d’importation qui sont de première nécessité pour les familles algériennes (sucres et sucreries, café, thé, fruits secs), ils ont coûté à l’état 907 millions de dollars sur le premier semestre de l’année en cours (470 millions en 2010). Le prix des sucres et sucreries a notamment accusé une hausse de 48,6 % pour un coût global supérieur à 490 millions de dollars. Ces achats massifs de céréales, lait et sucres sont toutefois nécessaires pour répondre aux besoins croissants des familles.

N’oublions pas qu’une crise sociale a secoué tout le pays durant les premiers mois de 2011. Des émeutes et des mouvements sociaux ont en effet éclaté, ici et là, pour revendiquer une meilleure prise en charge des problèmes récurrents : cherté des produits de consommation de base, chômage et augmentation de la pauvreté.

C’est d’ailleurs bien le coût élevé des produits de première nécessité (huile et sucre) qui a été le facteur déclencheur de ces émeutes qui ont ébranlé l’Algérie durant plusieurs semaines.

Mesures d’urgence. Pour apaiser la tension sociale et éviter un scénario à la tunisienne, le gouvernement algérien a pris certaines mesures d’urgence concernant l’approvisionnement des produits de première nécessité. Cette action visait surtout à soutenir les prix de vente en octroyant des subventions supplémentaires à des produits comme l’huile et le sucre.

Ainsi, la loi de finances complémentaire 2011 a prévu une augmentation de 21 % des dépenses publiques (soit 23 milliards de dollars) pour prendre en charge ces mesures d’urgence qui devraient permettre de soutenir le pouvoir d’achat et la hausse des salaires.

D’autres mesures provisoires – qui devaient être suspendues à la fin du mois d’août dernier –, notamment fiscales, ont également été prises pour faire face à cette tension sociale. La TVA a ainsi été supprimée momentanément, tout comme les droits de douane liés aux produits alimentaires importés. Quant aux producteurs et à l’industrie de transformation, ils ont été dispensés de l’impôt sur les bénéfices. Mais ces mesures ont un coût, estimé à 300 millions d’euros par le ministère du Commerce…

Pour le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, ce recours à des importations massives doit permettre la constitution d’un important stock de réserve, à l’image de ce que font de nombreux pays à travers le monde.

En réponse aux instructions du gouvernement, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a donc passé de grosses commandes de céréales entre janvier et mars 2011. La presse évoque un volume d’environ 1 million de tonnes livré en plusieurs lots entre les mois de mars et de mai derniers.

Malgré une production d’orge qui sera très insuffisante cette année, l’OAIC affiche un certain optimisme concernant les prévisions pour la récolte céréalière 2010/2011, au vu de l’importante pluviométrie constatée cette année. Ce qu’a confirmé le directeur général de l’Office, Nordine Kehal, en déclarant à la presse : « La production de céréales 2010/2011 devrait donner quelque 45 millions de quintaux. C’est un excellent rendement pour le blé dur et le blé tendre. »

Cet optimisme est partagé par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, pour Food and Agriculture Organisation), qui affiche sa satisfaction dans son rapport annuel par pays, publié en février dernier. Il souligne ainsi l’amélioration des conditions de rendement dans la culture céréalière en Algérie.

Afin de contrer la flambée des prix des produits importés, la centrale syndicale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a proposé de réactiver l’Office national d’importation et d’exportation des produits alimentaires (ex: Onaco, pour Office national de la commercialisation).

Cela pour assurer la régulation des prix et des marges bénéficiaires des produits alimentaires d’importation tels que sucre, thé, café et légumes secs.
Par ailleurs, le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, a annoncé que – outre le lait, le pain, le sucre et l’huile – les légumes secs figurent désormais sur la liste des produits subventionnés par l’état.

PDG de la Semoulerie industrielle de la Mitidja (SIM) – groupe industriel privé qui assure le tiers des besoins algériens en farine et semoule –, Abdelkader Taïeb Ezzraimi a déclaré dans la presse : « Il faudrait mettre en place un dispositif juridique qui favorise la production nationale. »
Il estime par ailleurs que l’état devrait plutôt taxer les importateurs de produits finis, en particulier ceux qui sont fabriqués en Algérie.

Futur alimentaire incertain. Les résultats d’une enquête publiée par le Centre national d’études et d’analyses pour la population et le développement (Ceneap) sont toutefois inquiétants : « à l’échéance 2030-2040, les recettes pétrolières et gazières de l’Algérie assureront, comme aujourd’hui, le paiement de la facture alimentaire. Au delà, le futur alimentaire est incertain… »

Lors d’une conférence de presse portant sur la sécurité alimentaire et sur les politiques agricoles et rurales au Maghreb, le professeur Omar Bessaoud, expert consultant en agronomie, ne s’est pas montré plus rassurant en faisant remarquer que « les pays du Maghreb comptent 2 % de la population mondiale, mais importent 15 % de la production mondiale de blé »…

Des économistes algériens ne cessent de mettre en garde les autorités contre les répercussions négatives de cette hausse des importations sur l’économie. D’autant plus que la facture alimentaire pourrait devenir trop lourde pour les finances publiques si les cours du pétrole venaient à chuter.

Cette situation est préoccupante pour un pays dont l’excédent commercial est fragile (environ 13 milliards de dollars). Car le risque de récession économique dans les pays occidentaux pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les revenus et, donc, sur l’importation des produits alimentaires de première nécessité.

Akima bedouani
Arabies

inisi
25/10/2011, 09h43
Un pouvoir qui n'arrive plus à nourrir son peuple par ce qu'il produit alors que l'Algérie pendant la colonisation nourrissait l'Europe. En 50 de mal gestion les anciens moudjahidine (la majorité du pouvoir est issu des moudjahidine) ont ruiné l'Algérie après l'avoir libéré

absent
25/10/2011, 09h47
Un pouvoir qui n'arrive plus à nourrir son peuple par ce qu'il produit alors que l'Algérie pendant la colonisation nourrissait l'Europe. En 50 de mal gestion les anciens moudjahidine (la majorité du pouvoir est issu des moudjahidine) ont ruiné l'Algérie après l'avoir libéré

Peux tu nous donner plus de détails ? Un tableau comparatif par exemple ....

En attendant que tu daignes défendre ton commentaire, je te propose de lire l'article suivant: http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/medit_0025-8296_1961_num_2_3_1011.

J’espère que tu auras au moins l’honnêteté de revenir t'excuser pour ton ignorance du sujet.

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